II. — ELÉMENTS ORGANIQUES
1o Acides organiques.
Ces acides sont représentés dans l'urine :
10 Par l'acide urique (°).
20 Par l'acide hipparique.
L'acide urique étant presque insoluble dans l’eau ne peut exister dans l’urine à l’état libre en quantité appréciable, mais sous forme d’urates solubles par son action sur les sels alcalins tels que les carbonates, les phosphates, les acétates et les lactates. Et c’est précisément la formation de ces urates solubles qui fait que l'acide urique peut être regardé comme une des causes, quoique cependant indirecte, de l'acidité urinaire. Possédant dans sa molécule deux radicaux acides, le premier de force moyenne et assez stable, le second déplaçable par les acides les plus faibles, 1l engendre deux sortes d’urates : les urates acides et les urates neutres. Ainsi en présence du phosphate disodique 1l donnera la réaction :
POSNa2H + C5H4AZ403 — C5HBAZIOBNa + POSNAIT?
c’est-à-dire formation d'urate de soude et de phosphate monosodique qui communiquera son acidité à la liqueur.
L'action exercée par l'acide hippurique, qui semble exister parfois à l’état libre dans certaines urines, s'explique d’une façon identique.
Si bien que l'acidité de l'urine n’est pas due comme on l’a cru longtemps à l'acide urique et à l'acide hippurique libres qui ne jouent, comme on vient de le voir, qu'un rôle tout à fait accessoire en transformant le phosphate disodique en phosphate monosodique. Et même l'acidité résultant de cette réaction ne représente qu'une faible partie de l'acidité totale. Le calcul montre en effet que si l'acide urique était la cause unique de l'acidité
(") Nous le rangeons iei bien qu'au point de vue chimique l'acide urique ne soit pas un véritable acide,
rot el
urinaire, en agissant bien entendu sur le phosphate disodique, il faudrait que l'urine en contint 3 à 4 grammes par litre ! D'après Lepierre (55), si l'acidité totale d’une urine est représentée par les 22 centimètres cubes de soude normale nécessaires pour saturer un litre d'urine, l'acidité provoquée par l'acide urique est représentée par 2 cm, celle due à l'acide hippurique libre par 3 cm° et celle des autres acides par 2 cm°, soit, au total, par 7 em, ce qui fait encore plus de 30 0/0.
20 Acides de la série grasse.
Nous citerons parmi les acides de la série grasse les plus importants qui ont été signalés soit dans l'urine normale, soit dans l'urine pathologique : l'acide formique, l’acide acétique, l'acide butyrique, l'acide lactique qui ne s’y rencontre que sous forme d'acide sarcolactique, identifié par Moers Muck (18) et Simon Wibel (19) et dosé par Moscatelli et Colasanti (20), l'acide propionique, l’acide valérianique, lacide acétyl-acétique et l'acide oxybutyrique dans le diabète, l'acide oxalique.
Mais ces différents acides, s'ils existent réellement, ne se rencontrent pas dans l’urine à l’état libre mais sous forme de combinaisons salines solubles par leurs actions sur les éléments alcalins du milieu. Quelques-uns s’y trouvent aussi à l’état de combinaisons éthérées ou conjuguées. Telles sont par exemple les dérivés glycuroniques comme : l'acide urochloralique, lacide phénolglycuronique, etc., etc.
30 Acides aromatiques, tels que :
l’acide benzoïque, l'acide paraoxyphérylacétique, Pacide homogentisique (Volkow et Baumann) (21) appelé alcaptone par Boedeker, l'acide skatolcarbonique, etc.
40 Dérivés phénoliques,
ou acides sulfoconjugués phénoliques constituant une partie du soufre acide des auteurs. Ces acides ont été étudiés dans l’urine par Baumann (22) et Brieger (23).
etc) =
59 Acides aminés,
dont les plus fréquents (24) sont :
la leucine ou acide amino-caproïque et la tyrosine ou acide paraoxyphénylaminopropionique.