‹ Sur la determination du coefficient de self-indectionChapitre 19 sur 38 · FIG: "I FIG · texte numérisé non relu

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pourra, dans ce cas, déterminer d’abord l’action de la bobine seule, puis celle de la bobine munie du noyau de fer doux ; en retranchant de la dernière déviation, celle obtenue par l’action de la bobine seule, on aura l’action du noyau de fer. On peut encore neutraliser l’action de la bobine par celle d’une autre bobine placée symétriquement à la première et parcourue par le même courant; dans ce cas encore, on n'obtient que l’effet dû uniquement au noyau de fer doux.

Il résulte des expériences classiques, que pour de faibles intensités de courant, le moment magnétique du noyau de fer doux est proportionnel à l'extrémité du courant, mais que ce moment tend vers un maximum. Ce maximum s'obtient assez facilement avec de grandes bobines dans lesquelles on a mis un noyau de faible épaisseur ; au contraire, avec des bobines de moyennes dimensions et des noyaux d’un diamètre un peu considérable, la saturation du fer ne s’obtient pas même avec les courants les plus intenses, que peut supporter le fil de la bobine.

On peut déterminer l’état magnétique d’un système quelconque, formé de bobines et de fer, à l’aide de deux méthodes :

La première consiste à mesurer le champ magnétique produit. Ce

(1) Voir Mascarr et JougerT, Lecons d'électricité, p. 601:

champ se mesure soit à l’aide du magnétomètre de Gauss, soit par la méthode de Weber (déplacement d’une bobine dans le champ magnétique), soit enfin par la méthode proposée par M. Leduc [!}, laquelle est fondée sur le même principe que le galvanomètre à mercure de M. Lippmann;

L'autre méthode consiste à utiliser linduction mutuelle que le système exerce sur un circuit extérieur ; elle a été préconisée spécialement par M. Rowland {?) et après lui par M. Bosanquet (5).

Ces méthodes demandent toutes un agencement extérieur au système qu’on désire examiner. D'ailleurs une bobine fermée sur elle-même et enroulée régulièrement, ne fournit pas de champ magnétique extérieur; la première méthode est donc complètement en défaut dans ce cas.

M. Rowland s’est servi spécialement d’anneaux ou de tores pour la détermination de la perméabilité magnétique du fer, du nickel et du cobalt. Il est à remarquer que la détermination du coefficient de self-induction permet, tout aussi bien que l'induction mesurée par M. Rowland, d'évaluer cette perméabilité. Pour un tore on a, en effet,

L= 472 n (R—VR2—4) (1 +4k);

la mesure de L pe:met donc de déterminer k. Il faut remarquer que la va leur de k ainsi trouvée se rapporte à la masse totale de fer: elle donne, par conséquent, la valeur: moyenne de k ; tandis qu’une bobine extérieure au tore né peut donner que l’effet produit en un seul endroit, celui où se trouve la petite bobine.

I] n'existe actuellement aucun moyen pratique permettant d'étudier le magnétisme produit par les aimants inducteurs d’une machine dynamo, car la mesure directe du champ magnétique produit, offre de grandes difficultés. L'examen de la caractéristique fournit bien quelques indications, mais on sait que cette courbe ne représente pas l’intensité du champ magnétique, puisque dans toutes les machines on observe une chute de potentiel aux bornes pour de grandes intensités de courant. Si on connaissait la courbe représentant l’effet du magnétisme on pourrait déterminer la grandeur de cette chute. De plus, la caractéristique ne peut se déterminer que dans le cas où la machine est entièrement construite et fonctionne normalement; or, il peut être intéressant de connaître la variation du champ magnétique pour une machine en construction.

La connaissance du coefficient de self-induction fournit un autre moyen pour évaluer l’état magnétique d’un électro-aimant, car il existe une relation simple entre ces deux grandeurs.

On sait, en effet, que dans un système formé.de bobines renfermant du fer doux, le flux d’induction se conserve, et qu’à l'extérieur des masses de

(1) Lepuc, C. R., 24 juillet 1884.

(2) RowzanD, Phil, mag., 1873 et et 1874.

(3) Bosanquer. Phil. mag, 1884 et 1885,

fer, le flux d’induction se confond avec le flux de force magnétique. Or le flux de for:e est le produit de l’intensité du champ magnétique par la sur-

face et, d'autre part, le flux d’induction estégalau produitdu coefficient de self-induction par l'intensité de courant. Il s’ensuit que ce dernier produit est proportionnel à l'intensité du champ magnétique, tant que les lignes de force ne changent pas de position. En général, la distribution des lignes de force varie légèrement dans un système de bobines renfermant du fer, comme l’a montré M. Rowland {!}; dans un aimant en forme de barre, par exemple, les pôles se rapprochent vers les extrémités, lorsqu'on augmente l'intensité du courant dans la bobine. Cependant cet effet est assez faible, surtout pour des systèmes magnétiques fermés.

Nous avons cherché par l’expérience jusqu’à quel degré la proportionnalité en question subsiste et, à cet effet, nous avons déterminé simultanément l'intensité du champ magnétique et le coefficient de self-induction.

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