‹ Sur la discrimination de l’intensité d’une source ponctuelleChapitre 3 sur 31 · CHAPITRE I 6) A. — Historique de la mesure de la sensibilité · texte numérisé non relu

CHAPITRE I 6) A. — Historique de la mesure de la sensibilité

différentielle de l’œil.

Décroissance du rapport AI/T lorsque T croît (2). — Bouguer, en 1760, fut le premier à s'intéresser à la sensibilité différentielle de l’œil, par suite de son interven-

FA

0,7 0,6 2 Aubert 1865.

o Koœnig 1889.

0,5 e Brodhun 1889.

À A Blanchard 1918.

5) 4 9 —?2 —1 {9 1 2 163 & log / millilamberts

F1G. 1. — Courbe de variation du rapport A//1 enjfonction de log 1.

() Inspiré principalement de « La base chimiqueet structurale de la vision » de S. Hecht [8] et des articles de A.!Magitot et de H. Piéron inclus dans le tome II du Trsité d'Ophtalmologie édité par Masson [17]. Le lecteur pourra trouver dans ces derniers articles une bibliographie très complète des travaux antérieurs à 1939.

@) Etant donné, ainsi que nous le verrons ci-dessous, que tous les travaux antérieurs ont porté sur des sources étendues, il s’agit plutôt de discrimination de brillances que de discri-

y Va

tion en photométrie. Mais aucune mesure précise ne fut effectuée pendant plus d’un siècle. Toutefois, la différence d’intensités à peine perceptible, AZ, apparut comme étant une fonction de l'intensité prévalente J.

Sur la base de mesures assez médiocres, Weber (1834) et Fechner (1860) conclurent à la constance du rapport AZ/I (loi de Fechner et Weber). Mais Aubert (1865) et Helmholtz (1866) constatèrent la fausseté de cette assertion. Aubert fut le premier à effectuer des mesures nombreuses et soignées de la sensibilité différentielle de l’œil, mesures qui montrèrent une décroissance d’abord rapide, puis lente de la fraction A//1 lorsque / augmentait. Ces résultats furent corroborés par les recherches systématiques de Kôünig et Brodhun (1888-89), et par de nombreux autres chercheurs. La figure 1 représente la variation de A//1 en fonction de /; telle qu’elle est publiée par S. Hecht.

Kôünig et Brodhun trouvèrent, en outre, ainsi qu’on le voit, que A//I augmentait à nouveau aux fortes intensités. Ceci fut corroboré par les recherches de Houston (1932), mais toutefois fort discuté depuis (Guild 1932, Wolf 1933, Hecht et Wald 1934, Steinhardt 1936, Smith 1936).

La question peut paraître sans grande importance, mais en fait, elle a joué un rôle de premier plan dans la théorie photochimique de la vision : suivant que la courbe de variation de AZ/1 en fonction de 1 passe par un minimum ou tend asymptotiquement vers une horizontale, des formulations différentes de la théorie furent nécessaires afin de rendre compte des résultats. Ainsi que nous le verrons par la suite, Hecht rejette finalement toute augmentation de A//1 aux fortes intensités (celle-ci pourrait être causée, ainsi que l’a montré Guild, par une adaptation préalable incorrecte de l'œil ; et effectivement Steinhardt a pu l’éliminer en entourant le champ d’expériences d’une large aire de brillance à peu près égale à celle du champ expérimental). D'ailleurs, même si cette augmentation existe, il faut l’attribuer à la limite imposée à la sensation par la période réfractaire des fibres du nerf optique, et non à un processus photochimique.

Intervention de la dualité du mécanisme de la vision. — Dès 1866 Schultze distingua les fonctions des cônes de celles des bâtonnets, associant les cônes à la vision sous grande intensité lumineuse et à la vision des couleurs, et les bâtonnets à la vision sous faible intensité, indépendamment des couleurs. Parinaud (1881) et Von Kries (1895) suggérèrent à leur tour une fonction rétinienne double, comme explication de divers phénomènes. Par suite d'expériences erronées, la théorie de la dualité fut toutefois critiquée jusqu’en 1922. Elle est devenue depuis un concept solidement établi. Néanmoins, la distinction entre cônes et bâtonnets ne doit pas être

mination d’intensités. Les auteurs paraissent utiliserles deux termes sans distinction, et chif-

frer par exemple en millilamberts des «intensités». Cette confusion linguistique n'ayant aucune

conséquence: théorique, nous la conserverons dans cet exposé Pr Nous reviendrons ur Ja question‘en'ce! Qui concerne nos propres meëures.

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considérée comme radicale, ainsi que l’ont montré les travaux de M. L. Verrier sur l’histologie de la rétine.

La sensibilité différentielle de l’œil an une tante confirmation de la dualité du mécanisme de la vision : lorsque la source lumineuse est de dimensions suffisantes pour impressionner les régions de la rétine où cônes et bâtonnets interviennent à la fois, une brisure apparaît dans la courbe de variation de AZ/I en fonction de Z (de même si la source, quoique peu étendue, agit en vision périphérique) ; la section à intensités faibles traduit très probablement le fonctionnement

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pt

log Z millilamberts

F1G. 2. — Intervention de la dualité du mécanisme de la vision, d’après S. Hecht.

des bâtonnets, tandis que la section à fortes intensités traduit celui des cônes. La figure 2 donne deux courbes publiées par S. Hecht : l’une (cercles pleins), traduit les mesures de Blanchard (1918) et Lowry (1931), tandis que l’autre (cercles évidés) traduit celles de Steinhardt (1936).

Si l’image de la source lumineuse se forme entièrement sur l’aire sans bâtonnets de la fovéa, ou si l’on procède en lumière rouge (ne faisant pas intervenir les bâtonnets), on n’observe plus de scission dans la courbe.

Influence de divers facteurs. — Nous laissons de côté l'influence de certains facteurs tels que l’épaisseur de la ligne de séparation entre les plages d’intensités 7 et 1 + AJ (3) et l'entrainement de l’observateur, importants du point de vue des

(5) Yves Le Grand [10].

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