‹ Sur la discrimination de l’intensité d’une source ponctuelleChapitre 5 sur 31 · A. — PRINCIPE, APPAREILLAGE, ÉTALONNAGE · texte numérisé non relu

A. — PRINCIPE, APPAREILLAGE, ÉTALONNAGE

Principe de la méthode. — Aïnsi que nous l’avons vu, toutes les mesures de sensibilité différentielle ont porté sur des plages lumineuses plus ou moins étendues. Mr Yves Le Grand nous proposa de faire l'étude sur des sources ponctuelles, afin d'obtenir des résultats relatifs à un point de la rétine, et non des résultats totalisant l’effet d’un grand nombre de cellules.

Pour l'étude de la discrimination des intensités de sources ponctuelles, il est impossible d'opérer par comparaison de deux sources placées côte à côte. En effet, leurs images se formeraient en deux points différents de la rétine, ce qui placerait les deux sources à comparer dans des conditions différentes. Nous avons donc, sur le conseil de Mr Yves Le Grand, utilisé la méthode du papillotement avec une fréquence assez basse. Les deux sources à comparer, d’intensités Z et 1 + AJ, se succèdent en un même point : si AZ est suffisant pour que l’œil discrimine les intenlités Z et Z + AÏ,le point observé paraît papilloter ; si AZ est trop faible, aucun papillotement n’apparaît à l’œil. La méthode permet ainsi de mesurer AZ pour une valeur donnée de 7 (Signalons que le terme A7 implique une notion'de petitesse qui peut être fausse : nous verrons que pour une source ponctuelle A7 peut en vision périphérique être 100 fois plus grand que J).

Nous déterminons donc non pas la sensibilité différentielle simultanée, mais la sensibilité différentielle successive instantanée.

Appareillage utilisé. — Un diaphragme O de petit diamètre, placé au centre d’un trou percé dans la paroi d’un coffret de bois, est éclairé par une lampe électrique L, placée à l’intérieur du coffret. La source ponctuelle O aura ainsi une intensité J dans une direction à peu près perpendiculaire à la paroi du coffret (un verre dépoli est d’ailleurs placé contre l’orifice, à 1 ou 2 millimètres de celui-ci).

Une deuxième lampe L/, placée à l’intérieur du coffret, éclaire de même la source ponctuelle après réflexion sur une lame à faces parallèles /. Un disque à secteurs D est placé sur le trajet du faisceau lumineux émis par cette deuxième lampe L', faisceau concentré à l’aide d’une lentille placée entre la lampe L’ et le disque à secteurs D (la concentration du flux lumineux grâce à la lentille permet d’une part de pallier en partie aux fortes pertes par transmission de la lame à faces parallèles, d'autre part de faire passer tout le flux par un creux du disque à secteurs).

A. Ivanoff 2

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Soit AJ l'intensité de la source ponctuelle O lorsque l’orifice est éclairé uniquement par la lampe L' (le disque à secteurs étant supposé dans une position telle qu’un creux se trouve sur le trajet du faisceau). Le disque à secteurs D tournant grâce à un moteur M placé à l'extérieur du coffret, et sur un support différent de celui du coffret afin d'éviter toute trépidation de ce dernier, l'intensité de la source ponctuelle O sera Z chaque fois que le disque tournant arrêtera le faisceau de la lampe L/ par un plein, et Z + AJ chaque fois qu’un creux du disque à secteurs se présentera sur le passage du faisceau.

L’'intensité Z, que l’on peut faire varier grâce à un rhéostat R, est repérée au moyen d’un voltmètre V placé aux bornes de la lampe L. L’intensité AZ, que l’on peut faire varier grâce à un rhéostat R’, est repérée au moyen d’un voltmètre V' placé aux bornes de la lampe L’. Il suffira une fois pour toutes de tracer pour cha-

F1G. 4. — Schéma de l’appareillage.

cune des deux lampes une courbe d’étalonnage donnant l'intensité de la source en bougies en fonction de la tension aux bornes de la lampe (voir ci-dessous). La vitesse du moteur M, que l’on peut faire varier grâce à un rhéostat r, est repérée au moyen d’un voltmètre v placé à ses bornes (on étalonne préalablement la vitesse du moteur en fonction de v).

Afin d'obtenir des valeurs très faibles de Z sans être obligé de sous-volter par trop la lampe L (ce qui rendrait la lumière jaunâtre), nous avons placé, devant la lampe L, un nombre croissant de verres dépolis, préalablement étalonnés (voir ci-dessous).

L’observateur se trouve à une distance de la source O telle que celle-ci lui apparaisse sous un angle inférieur à 1 minute (1). Il a devant lui le rhéostat R’ qui lui permettra de faire apparaître ou de faire disparaître le papillotement en agissant sur AJ, le nombre voulu de verres dépaolis étant placé devant la lampe L. Un deuxième observateur a devant lui les voltmètres V et v(dont il maintient les

(1) Au sujet de cette limite voir Y. Le Grand et E. Geblewiez [13]. Les auteurs déterminent en particulier à partir de quel diamètre apparent une source cesse d’être ponctuelle.

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