SÉANCE DU 28 JUIN 185A
et foliacées, et que, chez le Galium linifolium, les stipules retournent a la forme subulée (théoriquement normale) par une atrophie anormale.
Je me suis assuré, par l’examen d’un grand nombre de tiges, que les organes subulés, qui me semblent pouvoir être appelés du nom de stipules, n’occupent jamais la place de l’une des deux feuilles opposées qui présentent des bourgeons ou des rameaux à leur aisselle, ces organes occupant toujours la place de l’une des feuilles supplémentaires situées dans les deux intervalles qui séparent les feuilles normales.
Or, si les feuilles supplémentaires de ce Galium retournent à l’état de stipules dans les verticilles supérieurs, les feuilles larges des autres verticilles qui présentent la même disposition sont également des stipules. La même conséquence peut et doit s’étendre aux autres espèces du même genre et aux autres genres de la même tribu, dont le système phyllotaxique présente la même disposition.
Un autre fait, que j’ai recueilli en continuant les mêmes recherches, m'a conduit au même résultat: Chez VAsperula arvensis , le verticille deuxième de la plante (celui qui suit immédiatement le premier qui n’est composé que des deux feuilles cotylédonaires) est composé généralement de quatre feuilles; deux de ces feuilles, celles qui alternent avec les feuilles cotylédonaires, présentent des bourgeons à leur aisselle et sont les véritables feuilles; des deux autres feuilles, alternes avec les précédentes (et situées au-dessus des cotylédons), l’une est souvent le siège d’un dédoublement qui fait passer les feuilles de ce verticille du nombre quatre au nombre cinq. Ce dédoublement incomplet nous donne l'explication de ce qui a lieu lorsque le verticille présente un plus ou moins grand nombre de feuilles; l’augmentation est due au retour à l’état libre des stipules, qui sont confondues deux en une seule lorsque le verticille ne présente que quatre feuilles; qui sont libres lorsque le verticille présente six feuilles; qui sont confondues par deux sur un des côtés de la tige, et libres de l’autre côte, lorsque le verticille (commedans le cas décrit) est à cinq feuilles; qui sont,
enfin, plus ou moins dédoublées lorsque le verticille est à plus de six feuilles.
Notre collègue M. le docteur Weddell, qui s’est occupe avec tant de succès de la tribu des Cinchoneœ (Quinquinas), m’a fait remarquer que, dans certaines divisions de cette tribu à feuilles opposées, il existe des genres chez lesquels laplupart des espèces sont à feui Iles verticillées : tel est, par exemple, le genre Bouvardia (qui renferme principalement des plantes du Mexique).
Ayant examiné les espèces de ce genre, qui font partie de la collection du Muséum, j’ai trouvé, chez l’une d’elles, les rameaux principaux à feuilles verticillées par quatre, et les rameaux secondaires à feuilles opposées {B. leiuntha ); chez un autre [B. Jacquini), j’ai trouvé les rameaux principaux a feuilles verticillées par trois, et les rameaux secondaires à feuilles
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