ANNALES DE L'INSTITUT PASTEUR
charomyces octosporus résultent de la copulation de deux cellules identiques. Cette fusion s’effectue entre deux cellules réunies au moyen de petits becs émis par chacune d’elles; ces becs se soudent en un canal de copulation, la paroi qui sépare les deux gametes au milieu de ce canal se résorbe, et les deux cellules se fusionnent cytoplasme 4 cytoplasme, noyau A noyau. Celte fusion opérée, l’euf grossit et se transforme en asque. En général, la fusion est compléte et Vasque qui en résulte prend la forme d’une grosse cellule ovale. Assez souvent cependant, l’asque conserve des traces del'individualité des deux gamétes qui l‘ont formé, accusées par un léger rétrécissement médian. Enfin, il arrive parfois que, la fusion étant incomplete, Vasque conserve la forme d'un haltére. Les ascospores sont tantot au nombre de 4, tant! au nombre de 8.
C’est donc dans d’assez grosses cellules présentant une forme ovale ou ayant l’aspect de haltéres qui résultent de la copulation que nous venons de décrire, que se produisent les divisious nucléaires successives nécessaires & la sporulation. Ces divisions sont tantét au nombre de 2, tant6t au nombre de 3, selon que Vasque doit renfermer 4 ou 8 ascospores.
Apres la fusion nucléaire et lorsque l’ceuf a acquis son volume définitif, le noyau se présente comme une grosse vésicule située vers le milieu de la cellule. Sa structure est trés nettement distincte : un nucléoplasme incolore limité par une membrane colorée, a lintérieur duquel on apercoit un gros nucléole et deux ou trois grains de chromatine. Selon le degré de différenciation, les grains de chromatine apparaissent isolés au milieu du nucléoplasme ou bien insérés sur un reticulum moins coloré (Pl. IV, fig. 1 a 4).
C’est 4 ce moment que commence la premiére division. Elle s'effectue presque toujours dans le sens du grand axe de la cellule et se manifeste par la présence, dans l'intérieur du noyau dont la membrane ne semble pas se résorber, d’un fuseau achromatique offrant en son milieu une agglomération de grains trés petits et plus ou moins distincts qui représentent les chromosomes assemblés en plaque équatoriale. Lorsque la cellule n'a pas été trop différenciée, on apercoit & chacun des poles du fuseau un petit grain trds colorable qui correspond certainement au centrosome (fig. 5 et 6),
A ce slade, qui est celui de la plaque équatoriale, succedent d'autres figures nucléaires qui correspondent & l’anaphase. Ces figures sont caractérisées par un allongement du fuseau, qui arrive a dépasser sensiblement la longueur du noyau, encore représenlé & ce stade par un nucléoplasme incolore qui apparait toujours vers le milieu du fuseau avec le nucléole. A ce stade, la membrane nucléaire semble s‘étre résorbée. Les chromosomes, jusqu’alors assemblés en plaque équatoriale, apparaissent maintenant disséminés sur toute la longueur du fuseau (fig. 7 & 10) ou déja répartis entre les deux pdles (fig. 41).
Le noyau entre ensuite en télophase : le nucléoplasme disparait complétement et le fuseau, devenu extrémement mince et trés allongé, traverse la cellule de part cn part suivant sa longueur. Les deux pdles du fuseau sont occupés par une petite masse sphérique d’aspect granuleux, résultant de Pageglomération des chromosomes répartis entre les deux pdles pendant l’anaphase. Le nucléole persiste encore sur un cété du fuseau (fig. 12 & 14). Bientdt le fuseau devient moins distinct, se résorbe dans sa partie médiane (fig. 15), puis cesse d’étre visible (fig. 16) et les deux noyaux-fiis se constituent aux dépens des deux masses granuleuses qui occupaient les deux poles du fuseau (fig. 17). Par suite de l’allongement du fuseau achromatique, ces deux noyaux sont donc situés aux deux extrémités de la cellule. Le nuciéole du noyau-pére persiste quelque temps dans le cytoplasme vers le milieu de la cellule, puis disparait 4 son tour (fig. 18-19).
Les secondes divisions s’accomplissent en général simultanément par un processus tout a fait analogue, soit dans le sens de la largeur de la cellule, soit dans le sens de sa longueur (fig. 20 et 26). Les deux paires de noyaux-fils qui en résultent se trouvyent disséminés dans des régions variables de la cellule : le nucléole des noyaux-péres dont ils résultent persiste pendant quelque temps dans l’espace cytoplasmique qui les sépare (27 a 29).
Les troisiémes divisions, quand elles ont lieu, s’accomplissent aussi simultanément et ne different pas non plus des précédentes : elles s’opérent Je plus souvent dans le sens du grand axe de la cellule (fig. 32 et 33).