‹ SUR LA DIVISION NUCLÉAIRE DES LEVURESChapitre 2 sur 5 · ANNALES DE L’INSTITUT PASTEUR · texte numérisé non relu

ANNALES DE L’INSTITUT PASTEUR

les deux tétes ne tardent pas & se séparer par résorption de la partie effilée qui les unit. Au contraire, il nous a été impossible d’observer avec précision les divisions nucléaires gui s’effectuent dans l’asque avant la sporulation. Le cytoplasme renferme & ce stade une si grande abondance de produits de sécrétion qui masquent souvent le noyau, qu'il devient trés difficile d’observer les phénoménes nucléaires. Les divisions ne se manifestent que par l’existence de petits noyaux disposés par paires et tres rapprochés les uns des autres qui marquent les stades de la fin du phénoméne. Cependant, étant donné qu’en aucune circonstance, on n’observe de noyaux en forme @haltéres comme dans le bourgeonnement et en nous appuyant sur certains aspects pris par le noyau au début de la division, nous avons cru pouvoir émettre lopinion que ces divisions s’effectueraient par des mitoses analogues a celles des Ascomycttes; ces mitoses se passeraient presque tout entiéres dans l’intérieur de la membrane nucléaire, qui ne se résorberait qu’a la fin de l’anaphase, ce qui expliquerait l’impossibilité d’observer des stades de ce phénoméne.

Depuis nos premiéres recherches, la division nucléaire des levures a été lobjet d’un certain nombre de travaux. Swellengrebel (1) et Fuhrmann (2), chacun de leur cété, ont décrit dans les divisions nucléaires du bourgeonnement des stades de mitoses et ont cru pouvoir méme compter le nombre des chromosomes qui, dans les espéces 6tudiées (S. cerevisie et ellipsoideus), serait de 4. Mais les figures, représentées par ces deux auteurs, sont loin d’étre démonstratives et, en reprenant les observations de Swellengrebel et Fiihrmann, nous avons pu démontrer (3) que les prétendues figures de mitose décrites par ces auteurs résultaient dinterprétations erronées et Wapparences déterminées par la vacuole et les grains de sécrétion contenus dans cette derniére ou dans le cytoplasme. D’autre part les observations de Kohl (4), Wager et Pe-

(1) SwettencreseL, Sur la division nucléaire de la levure pressée, les Annales, t. XIX, p. 503, 1905.

(2) Franz Funrmann, Centralbl. fiir Bakter., IT, 1906.

(3) Guittiermonn, Remarques critiques sur différentes publications parues récemment sur la cytologie des levures, Centralbl. fiir Bakler., II, t. XXVI, p. 577, 1910.

(4) Kont, Die Hefepilze. Leipzig, 1908.

niston (1), Pénau (2) ont confirmé nos résultats de telle sorte qu'il semble actuellement démontré que la division nucléaire s‘effectue, pendant le bourgeonnement, par amitose.

Pour ce qui concerne les divisions nucléaires de la sporulation, nous ne possédons encore aucune donnée précise. Wager et Peniston décrivent des phénoménes de mitose rudimentaire qui tiennent aussi, comme nous l’avons démontré, & une erreur d’interprétation. Au contraire, pour Kohl, ces divisions s'effectuent par une amitose analogue & celle du bourgeonnement, mais les figures que décrit cet auteur résultent, a notre avis, de préparations fixées d'une maniére défectueuse.

I] existe cependant une leyure qui laisse observer beaucoup plus facilement les phénoménes de sporulation, c’est le Schizosaccharomyces octosporus. Cette levure ne renferme en effet, dans ses asques, que trés peu de produits de sécrétion, ce qui permet de mettre plus facilement en évidence le noyau et de suivre avec plus de précision ses divisions pendant la sporulation. C'est done a cetle levure que nous nous sommes adressé pour essayer de résoudre cette question délicate. Pour cela, nous avons employé la méthode que nous avions indiquée antérieurement comme la méthode de choix pour |’étude cytologique de cette levure. Cette méthode consiste & fixer un fragment de carotte contenant une culture commencant A sporuler et & le fixer tout entier, pendant 12 heures, dans le liquide picroformolé de Bouin. On évite ainsi la contraction des cellules qui se produit toujours par la méthode des frottis. La fixation effectuée, et aprés lavage du fragment, on dispose la levure en froltis sur des lames que l’on colore par l’hématoxyline ferrique.

L’examen minutieux de préparations trés soigneusement différenciées, & un trés fort grossissement, nous a permis de suivre avec beaucoup de précision tous les stades des divisions nucléaires, qui s’effectuent, comme nous l’ayions prévu, par des mitoses analogues & celles qu’on observe dans Vasque des Ascomycétes supérieurs.

On sait, d’aprés nos recherches, que les asques du Schizosac-

(1) Wace et Peniston, Annals of Botany, 1909. (2) Pénau, Revue générale de Botanique, 1913.

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