‹ Sur la formation de l'amidon dans les organes souterrains de quelques espèces herbacéesChapitre 4 sur 4 · SÉANCE DU 26 JUIN · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 26 JUIN

phérique aussi, ou centro-phériphérique dans la racine tubériforme du Navet (Brassica Napus ).

Il nous paraît toutefois probable que ces deux derniers modes de formation doivent souvent apparaître simultanément et se confondre chez beaucoup d’espèces.

J’aborde maintenant la dernière partie de cette étude par le bref exposé de mes observations sur les phénomènes qui, dans les phases moyennes et ultimes, tout au moins, de l’amylogenèse dans les organes souterrains de certaines espèces végétales, différencient nettement à ce point de vue ces mêmes espèces de celles comprises dans la première série étudiée ci-devant.

Ainsi on constate que, dans le bulbe solide du Glaïeul (Gladiolus commuais) pris comme type des végétaux compris

dans cette seconde série, les grains d’amidon sont constamment et intimement associés à une substance grisâtre, très finement granuleuse, qui remplit avec eux toute la cavité des cellules à parois très minces des tissus parenchymateux.

Que si je pratique une coupe de moyenne épaisseur dans un très jeune bulbe de Glaïeul, je vois se répandre dans l’eau de la préparation une quantité prodigieuse de fins granules qu’il est facile de répartir en deux catégories : les uns en effet se colorent à la périphérie en noir par l’emploi de l’iodo-iodure de potassium; les autres, en général plus petits encore, se montrent au contraire très sensibles, également à la périphérie, aux réactifs colorants des substances protéiques : éosine, brun Bismarck, violet de gentiane, etc., etc., avec un point ou noyau central restant incolore, comme dans les granules d’amidon eux-mêmes.

Que si la coupe est faite dans un bulbe adulte, même abondance dans la dilTusion des granules; ceux de nature proteique n ont changé ni d’aspect ni de réaction ; parmi les autres, beaucoup sont restés punctiformes, mais il en est un certain nombre qui ont au contraire plus ou moins grossi, pouvant atteindre un maximum d’environ 19 à 20 p, avec toutes grosseurs intermédiaires, présentant les différentes phases de la formation centro-périphérique.

Signalons enfin deux différences capitales dans les phéno-

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mènes de l’amylogenèse entre les végétaux de la première et ceux de la seconde série :

1° A quelque époque de l’année, à quelque degré de croissance et dans quelque partie du bulbe que les coupes soient pratiquées chez le Glaïeul, on n’y trouve jamais de noyau, lequel, toujours présent dans les végétaux de la^première série, y semble doué d’une sorte de pouvoir attractif à l’égard des plastides qu’on y rencontre, à une certaine phase de leur évolution.

2® Absence complète également de plastides ou leucoplastes dans les tissus parenchymateux du Glaïeul, les grains d’amidon y passant ainsi directement d’un chondriome — dont à la vérité je n’ai pu reconnaître la préexistence, faute, je le répète, des procédés techniques appropriés — y passant directement, dis-je, d’un chondriome primitif à la nature amylacée qui est le terme ultime de leur évolution; — à moins toutefois que les très fins granules dont nous avons reconnu la sensibilité à l’action des réactifs colorants des substances protéiques soient en réalité de véritables plastides servant ainsi de transition entre le chondriome primitif et la petite masse amylacée? Je dois avouer cependant qu’aucune observation directe i.e m’autorise à prendre une telle conclusion.

Phénomènes semblables ou très approchants — sauf certaines différences, ici négligeables, au point de vue du mode de distribution de l’amidon dans les différentes régions tissulaires — avec évolution finale centro-périphérique comme chez le Glaïeul, chez VArum maculatum et le Caladium esculentum; périphérique chè^ les Nephthytis liberica, Ariopsis peltata, Calla paluslris , et Arisæma ringens ; enfin périphérique ou excentrique chez le Remusatia vivipara et VA corus Calamus , toutes plantes appartenant à la famille des Aroïdées.

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