CHAPITRE PREMIER
De l’'Hydrogène sulfuré dans l'organisme à l’état physiologique et pathologique.
L'Hydrogène sulfuré existe normalement, à l’état physiologique, parmi les gaz du gros intestin des organismes animaux.
On doit à Ruge et à Marchand des analyses des gaz du gros intestin chez l’homme.
Le tableau suivant donne des moyennes de nombres concor-
dants :
7 LAIT Alimentation VIANDE. | LÉGUMES.
PUR. MIXTE, Acide carbonique....... ..[ 11,50 29,30 12,94 44,5 Hydrogène. ......... Bu à ARE CR Le 1,58 49,05 25,8 AOtE sr ennemie 41400, 10 20,57 314.09 14,0 Hydrogène sulfuré.. ...... 1,0 OxÿYgéne CRE Hydrogène protocarboné..…. 30,48 48,55 0,46 15,5
100,00 | 100,00 | 100,00 | 100,80 mo Ruge. Marchand.
RAT EEE
Marchand a trouvé 1 °/, d'hydrogène sulfuré avec une alimentation mixte ; Ruge au contraire n’en signale pas. On remarque que le régime lacté augmente beaucoup la proportion d'hydrogène excrété; cet hydrogène est dû aux férmentations qui se développent dans l'intestin sous l'influence du lait.
Planer a analysé les gaz du gros intestin chez le chien. L’hydrogène sulfuré y existe généralement.
Nous donnons ci-dessous trois analyses de cet auteur.
6 jours derégime 4 jours derégime 4 jours de régime
animal, animal, avec 2 b. après le repas. 5 h.aprèslerepas. légumineuses. Acide carbonique... 74,19 98,17 65,13 Hydrogène......... 1,41 » 2,87 VAR OR es 23,60 » 5,90 Hydrogène sulfuré.. 0,77 159 »
Oxygène. LME 0,63 » »
La deuxième analyse est remarquable par l'absence del’hydrosène etde l’azote ; l'hydrogène sulfuré y est en forte proportion.
D’après ces analyses, on peut admettre qu’il existe toujours une petite quantité d’acide sulfhydrique gazeux dans le gros intestin.
M. Chevillot a étudié les gaz intestinaux dans les divers états morbides ; il y a trouvé les mêmes gaz qu’à l’état physiologique, mais avec des proportions différentes. L'Hydrogène phosphoré s’y est rencontré en outre quelquefois.
Les mauvaises digestions produisent souvent l'hydrogène sulfuré et l'hydrogène phosphoré.
On a trouvé beaucoup d'hydrogène sulfuré dans les cas d’ictère grave et chaque fois que la bile ne coule pas dans l’intestin; maisce gaz n'existe quelquefois qu’en très faible proportion dans les sécrétions gazeuses intestinales, parce qu’il est résorbable dans les diverses portions de l'intestin grêle et du gros intestin. Cependant, chez les cholériques, où la sécrétion biliaire est supprimée, on a constaté l’absence d'hydrogène sulfuré et
SANT RES de tout gaz dans toute l'étendue du tube digestif ; le contenu intestinal est évacué si rapidement qu’il n’y a presque pas de fermentation, parlant peu de gaz.
Dans les cas d’occlusion intestinale, la partie supérieure de ce viscère se distend énormément sous l'influence de la grande quantité de gaz produits.
L'hydrogène sulfuré à été signalé dans la panse des ruminants méléorisés.
. Les gaz traversant la muqueuse de l'intestin dans des proportions différentes suivant leur nature et suivant l’état nerveux de l'organisme, il est aisé de comprendre que la production des gaz n’est pas en corrélation intime avec les quantités indiquées par l'analyse.
. Züntz (de Berlin) a communiqué l’année dernière les résultats d’intéressantes recherches sur cette délicate question de Pabsorption. D’après cet auteur, les”gaz produits dans l'intestin sont absorbés par le sang, entrent dans le torrent circulatoire et sont enfin excrétés par les poumons. Il ne faut donc jamais négliger d'analyser l'air expiré pour connaître la production gazeuse.
L'hydrogène sulfuré, qui subit dans l’organisme de profondes modifications, n’est éliminé que très partiellement par les poumons.
Il est certain qu’à l’état physiologique et pathologique, le gaz sulfhydrique provient de la décomposition spontanée du contenu de l'intestin.
Quand les matières albuminoïdes qui entrent dans la composition des aliments de tous les animaux subissent la décomposition putride, il y a en effet dégagement de gaz hydrogène, hydrogène sulfuré, hydrogène protocarboné, hydrogène phosphoré, etc.. Tous ces produits se trouvent effectivement dans les gaz du gros intestin, comme le montrent les analyses que nous avons rapportées.
UIVE
MM. E. Mathieu et Urbain ont prouvé que le pus renfermait de l’hydrogène et du sulfure d’ammonium ; on n'y a pas trouvé d'oxygène libre.
Dans le liquide purulent d’une ascite, recueilli à l’aide d’un aspirateur Dieulafoy, nous avons reconnu l’odeur d'hydrogène sulfuré libre. L’ascite était symptomatique d’une péritonite tuberculeuse survenue à la suite de couches chez une jeune Espagnole. Nous avons attribué cette odeur, qui a été reconnue par plusieurs assistants, à la diffusion d’une petite quantité d’hydrogène sulfuré de l'intestin dans le liquide ascitique. Nous avons examiné depuis un certain nombre de liquides extraits de la cavité abdominale, mais aucun ne répandait une pareille odeur.
Le pus qui séjourne à l'air peut subir quelques altérations, devient acide ou très alcalin, ou même se putréfie sous l’influence des vibrions ; il dégage alors de l'hydrogène, de l’ammoniaque, de l'hydrogène sulfuré et de l’hydrogène phosphoré.
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