‹ Sur la fréquence de l'évolution maligne des kystes de l'ovaireChapitre 13 sur 28 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

M ..., 47 ans, entre dans le service du Dr Cerné le 5 juillet 1891.

Ne peut donner de renseignements sur ses antécédents héréditaires.

A été régulièrement réglée de 12 ans jusqu’à 44 ans.

Erysipèle il y a 15 ans et fièvre typhoïde il y a 4 ans. À guéri complètement.

Depuis la ménopause, fleurs blanches abondantes.

Des douleurs lancinantes sont survenues depuis trois mois, siégeant dans le côté gauche de l'abdomen.

Distension de la paroi abdominale, de plus en plus accentuée. Ces phénomènes sont accompagnés de troubles digestifs, vomissements et constipation. La malade urine peu et difficilement.

Son facies est très pâle et son amaigrissement prononcé.

La paroi abdominale est très distendue, avec dilatation des veines sous-cutanées. Il y a même à droite de l’œdème de la paroi abdominale. (Œdème des jambes.

Rien aux poumons. Prolongement du premier bruit du cœur. Pas d’hypertrophie du foie.

Une ponction exploratrice avec la seringue de Pravaz,

permet d'obtenir un liquide séro-sanguinolent,

Au toucher vaginal, on trouve un col un peu aplati, Pas de déviation utérine. On sent une tumeur qui proé-

mine dans le cul-de-sac postérieur.

Ventre uniformément distendu, non étalé; ligne de matité convexe supérieuremeni.

Tout cela paraît absolument en faveur d’un kyste ova-

rique.

Opération le 19 Juillet 1891.

Chloroform'sation facile malgré la dyspnée.

Aussitôt le péritoine incisé, il s'écoule un liquide sérosanguinolent très abondant, qu’on peut évaluer à près de dix litres, On peut voir alors que les anses intestinales sont agglutinées, retenues dans la profondeur par des végétations rouges, saignantes, partant de la partie supérieure d’un kyste.

Ces masses saignant abondamment doivent être enlevées, à savoir : masses adhérant à lépiploon, au péritoine parictal, à l’iliaque, masses énormes remplissant le cul-de-sac de Douglas.

Cela étant rapidement fait, la parie inférieure protéwée par des éponges, l'épiploon est attiré pour faire des ligatures. On y trouve d’abondantes masses indurées dont les deux principales sont enlevées : 1° dans l’épiploon, jusqu’à des noyaux d'infiltration avoisinant l'estomac : 2° dans la région splénique.

Le tout forme à peu près Le volume d’une tête de fœtus à terme. Quant au kyste, il est tellement adhérent sur les côtés qu’il est inutile de songer à l’enlever. IL est

ponctionné, puis ouvert, on y trouve des végétations sem-

LE 7 blables à celle de l'extérieur, il est alors nettoyé et 1éséqué autant que possible, Pas d’autres ligatures que celles de l’épiploon.

Sutures de la paroï au-dessus du kyste qui est compris à la partie supérieure par un fil accolant le tout. Abandon du kyste à là partie inférieure.

Drain au-dessus et au-dessous du kyste, Gaze iodoformée dans sa cavité.

Suites absolument simples. Ablation des drains après

24 heures, du tampon après 48 heures.

L'anémie est considérable, cependant le relèvement se fait vite. Disparition progressive des accidents.

L’œdème diminue d'abord à la parot, puis aux jambes, il revient, puis disparaît enfin définitivement au bout d’une quinzaine de jours.

Diarrhée d’abord, et surtout inappétence complète.

Lavements alimentaires. L'appélit est très long à revenir. Îl ne revient vraiment qu’au bout de tros semaines. Alors les joues commencent à se colorer et la malade peut se lever à la cinquième semaine.

La sécrétion du kyste a été très faible. Il reste pendant près de deux mois un petit bourgeon charnu, pausé au chlorate de potasse, puis à liodoforme.

La malade sort en très bon état.

Mais trois mois après, elle rentre avec une asc'te énorme nécessilant plusieurs ponctions.

Mort.

À l’autopsie, nombreuses masses cancéreuses dans le

péritoine,

we]

Debray

= = Le catgut des sutures épiploïques est retrouvé presque

intact.

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