‹ Sur la genèse des ferments figurésChapitre 3 sur 18 · II. ORIGINE, ÉTAT, CONSTITUTION ET RÔLE PROBABLES · texte numérisé non relu

II. ORIGINE, ÉTAT, CONSTITUTION ET RÔLE PROBABLES

DES POUSSIÈRES AU REPOS SUR LES DIVERS ORGANES DES VÉGÉTAUX PHANÉROGAMES.

Autre chose est d’étudier la poussière errant à l’abandon dans l’atmosphère ou d’examiner celle-ci alors

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qu’elle a fait élection de domicile, pendant plus ou moins de temps, sur tel ou tel organe de plante en voie de développement. Dans ces nouvelles circonstances, ce qui n’était primordialemenl qu’un germe inerte, a pu éprouver une modification plus ou moins profonde, et c’est cette modification qu’il fraudrait précisément saisir. Malheureusement, aucune recherche, ou peu s’en faut, n’a été faite dans ce sens, ce qui explique la cause des inconnues nombreuses qui resteraient à résoudre. Je ne fais, pour ma part, que signaler en passant celte lacune regrettable, car, outre que celle question exige en cryptogamie les connaissances les plus vastes, je n’ai eu jusqu’ici ni le temps, ni les moyens de l’approfondir.

On a pu remarquer, néanmoins, que, dans l’énumération que j’ai faite précédemment des corpuscules organisés de l’atmosphère, je n’avais fait figurer aucun ferment connu. La raison en est dans ce que je n’en ai jamais pu rencontrer un seul dans l’air en mouvement, et, dans un des chapitres suivants, je ferai voir combien sont exagérées les assertions des auteurs qui, jusqu’à ce jour, ont affirmé le contraire. Non-seulement il ne voltige dans l’air aucun ferment tout fait, mais il ne peut matériellement s’en trouver aucun dans ce grand disséminâtes des infiniment petits ; c’est ce que, désormais, l’expérience en mains, je suis en mesure de prouver.

Je ne veux point dire par là que l’air ne soit point le véhicule de germes de ferments ; j’affirme simplement que ces germes ne sont point des cellules de levûres telles que celles que l’on voit se reproduire par bourgeonnement dans les liquides en fermentation. Ce que

ANATOMIE DES

je disais il y a douze ans, ce que j’ai écrit plusieurs fois depuis dans mes mémoires, je le redis donc encore, et j’insiste d’autant plus aujourd’hui sur celte partie litigieuse de la question, que toutes les recherches qui ont été faites dans ces derniers temps viennent corroborer et confirmer mes expériences premières.

Si l’on examine, particulièrement dans les saisons chaudes, le revêtement épidermique des plantes vivaces qui croissent sous nos yeux, on fera de suite la remarque qu’il est assez rare de rencontrer des organes entièrement vierges de toute dépouille organisée étrangère. Cela lient à la nature hygrométrique des tissus végétaux, ceux-ci récoltant au passage les particules que l’air charrie d’une manière incessante, et la loi du parasitisme, si elle n’était toute naturelle, pourait paraître dans ce sens une loi invincible et fatale. Il y a deux choses à différencier cependant dans la nature même de ce parasitisme : la première a trait aux parasites véritables qui, depuis une époque plus ou moins éloignée, ont créé leur habitat ordinaire sur des organes d’un développemeht ancien ; la seconde, au contraire, a trait aux proto-organismes que le hasard a fait échouer sur des organes deformation nouvelle, et qui ne doivent y séjourner que d’une manière temporaire. Les poussières que l’on recueille sur les trèsjeunes rameaux, sur les feuilles ou sur les fruits, font partie de la seconde catégorie ; ce sont celles-là seulement qui intéressent l’étude des fermentations. Quelle est donc la nature intime de ces poussières? Comme on doit forcément s’y attendre, elles ne sont autres que celles de l’air examiné en masse, avec cette seule différence,

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toutefois, que, comme elles ont subi le plus souvent, sur le substratum qu’elles ont choisi, des alternatives de sécheresse et d’humidité (si ce n’est môme des réactions d’osmose entreellesetles liquidesdes tissus sous-jacentsl, un certain nombre ont pu déjà éprouver un commencement d’accroissement, d’où il en est résulté un changement dans leurs formes, leurs allures, et certainement même dans leurs rôles respectifs.

Les spores des champignons microscopiques qui tiennent la plus large place parmi les corpuscules atmosphériques, celles des algues cellulaires et môme ces algues entières , les granulations et microzymas moléculaires enGn, qu’on retrouve partout, et auxquels on ne saurait retirer une certaine vitalité latente, tous ces organismes sont plus ou moins aptes, le cas échéant, à faire fonction de ferments ; si l’on joint d’ailleurs à cela la connaissance de plus en plus étendue des phénomènes de polymorphisme qui sont particuliers à la plupart des microphytes, la conception touchant l’élasticité physiologique de la cellule microscopique, et son passage à l’état de ferment, paraîtront choses toutes naturelles.

Il est bien vrai que les poussières que je viens d’énumérer, par cela seul qu’elles sont purement et simplement cellulaires , ne doivent pas toutes partager la double propriété d’ôlre tour à tour des organismes ferments ou des organismes non ferments. L’acception, prise dans ce sens, serait beaucoup trop vaste, et des éludes ultérieures peuvent seules apporter la lumière sur un champ qui a été à peine exploré jusqu’ici.

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