Sur La Germination De L' Aponogeton Distachyus
sent à la base de la gemmule). L’extrémité supérieure de l’embryon se termine en une gemmule composée de plusieurs feuilles très jeunes, courtes et membraneuses. La plus extérieure de ces feuilles, qui sont distiques, présente deux appendices membraneux latéraux, formant une gaine qui embrasse les feuilles suivantes de la gemmule (1).
Quelle est la nature de la partie charnue qui constitue la masse presque
entière de eet embryon et qui se termine par un limbe court embrassant la gemmule? Cette masse indivise me parait analogue par sa structure à l’organe qui, chez les Graminées, a été désigné sous le nom d’hypoblaste, et que je considère comme un véritable cotylédon ; mais ici, la partie du cotylédon inférieure à l’insertion de la gemmule est très volumineuse, et sa partie supérieure ou limbaire est très courte; et tandis que, chez les Graminées, la base du cotylédon ou hypoblaste ne constitue qu’une radicule rudimentaire qui ne s’allonge pas en racine (la racine coléorhizée appartenant chez les Graminées à une feuille supérieure au cotylédon), ici, la base volumineuse ou partie radiculaire du cotylédon se prolonge à sa base eu une racine
filiforme.
La gemmule proprement dite est constituée par des feuilles dis¬
tiques qui, au lieu d’être enroulées comme chez les Graminées, sont planes et appliquées face contre face comme celles de la plante adulte.
Notre honorable vice-président, IV]. Derbès, m'a dit avoir trouvé il y a quelques années, en octobre, sur la plage de Marseille, des débris de Posidouia portant des Heurs. On a rarement eu occasion d’étudier le Posidouia en fleur: je me propose de rechercher la plante florifère, en octobre, dans la localité où le fruit a mûri celte année et d’en faire l’objet d’une étude spéciale.
SL’R LA GERMINATION DE L’A POSOCETOX DISTACHYUS, |>ar M. E. LEIttl IIX
DE SAEVI’.PIEKRE (2).
Les dissidences qui existent, entre les divers auteurs, sur la place que doit occuper le genre Aponogeton dans la série végétale, dissidences telles, que les uns l’ont classé dans les Acotylées, d’autres dans les IVlonocotylées, d autres, enfin, dans les Dieotvlees, me faisaient désirer depuis longtemps d en étudier la germination. J’ai pu me procurer, cette année, des graines
(1) Cet embryon a été figuré par M. Adr. de Jussieu dans son Élude sur les embryons monocotylés (Ann. sc. nat., 2 e sér., t. XI, pl. 17, iig. 15).
(2) M. Planchon a publié en 1844, clans Annales des sc. natur 3* série, t. J f p. 107-120 et p|. 9, une excellente étude sur le même sujet. L’auteur de ce ira- Vi *il anive aux mémos conclusions (pie moi, relativement à la structure de la S* aine, et place le genre Aponogeton entre les Alismacées et les Joncaginées;
Aug. de Saint-Hilaire avait approuvé ce rapprochement.— M. Adr. de Jussieu a '«ut déjà (1839) signalé l’analogie de structure qui existe entre l’embryon de I Aponogeton et celui de VOuvirandra ( Mém . embr. munoc. in Annales sc. nat V L XI, p. 345). — M. Ad. lîionguiart (. Enum . gen. plant, cuit. Mus.
t. iv.
mûres de V Aponogeton distachyus, d’une part au jardin botanique de Saint- Mandrier près Toulon, et d’autre part dans le jardin de M. Alphonse Karr, à Nice.
Le genre Aponogeton Thunberg, Amogeton Necker, Apogeton Schrader, a été en effet placé par A.-L. de Jussieu dans les Acotylées, parmi ses Naïadées; puis dans les Monocotylées par Mirbel (fam. des Aroïdées); et dans les Dicotylées (fam. des Saururées) par Bartling, Lindley et Endlicher.
Néanmoins, dans une de ces notes si judicieuses dont A.-L. de Jussieu a enrichi son Généra plant arum, l’auteur des familles naturelles exprime ses doutes sur les affinités des genres dont il a constitué le dernier ordre de ses Acotylées. « Il serait peut être à propos, dit-il, d’éliminer de la classe des Acotylédones plusieurs genres de l’ordre des Naïadées et de les rattacher aux autres ordres’; la germination a encore besoin d’être observée dans tous ces genres. »
Endlicher considère le genre Aponogeton comme ayant un embryon franchement dicotylé. Voici la phrase de son Généra relative à l’embryon des Saururées, ordre dans lequel il place le genre Aponogeton : « Embryon situé à l’extrémité de la graine dans une cavité superficielle, placé dans un périsperme farineux ou corné, antitrope, renfermé dans le sac amniotique qui est persistant, de forme obeordée, à deux cotylédons très courts, à raradicule supère. »
Cette description se rapporte sans doute à l’embryon du genre Saururus (que je n’ai pas eu occasion d’étudier), mais, à coup sûr, elle ne se rapporte en rien à l’embryon des Aponogeton. Le savant et illustre botaniste avait, du reste, suivi l’opinion commune en rapprochant le genre Aponogeton du genre Saururus , et n’avait probablement pas eu occasion d’exaininei la structure de l’embryon dans le genre Aponogeton .
Bien que l’erreur dans laquelle est tombé Endlicher n’ait pas été partagée par tous les botanistes, j’ai pensé que les détails précis que j’ai recueillis sur la germiuation de l’ Aponogeton et les figures exactes qui complètent mon observation pourraient n’élre pas dépourvus d’intérêt.
I ar., 1843) a placé le genre Aponogeton auprès des Potamogeton, dans ia famille des Naïadées. M. Schleiden (Nov. acta Acad. nat. cuvios ., t. XIX, p. attribue la même place. — J’aurais pu, sans inconvénient, demander la suppre» sion de cet article, communiqué à la séance du 10 juin à Montpellier, puisque le résultat de mon étude (laite à la campagne et en l’absence des documents publies) dillèrc pas de celui qui avait élédéjà obtenu par plusieurs botanistes. Je ne conserve qu’en raison des quelques détails relatifs au développement de la jeune plante, et à la facilité de sa reproduction à l’air libre, dans les climats tempéré» où elle n’est cultivée qu'en serre»
(Note communiquée depuis la séance par M. Germain de Saint- Pierre.)