SESSION EXTRAORDINAIRE A MONTPELLIER EN JUIN
entier à l’hémisphère austral et qui porte le nom d’une bourgade du ro\ auu.e Lombard-Vénitien, située par le Zj5 c degré de l’hémisphère boréal!
M. Planchon dit :
Que V Aponogeton a été naturalisé par Delile et Farel a La Valette, sur les bords du Lez, et qu’on l’a vu fructifier à Montpellier. — M. Planchon ajoute que, dans une note insérée dans les Annales des sciences naturelles , il a déjà émis, il y a plusieurs années, les idées que M. Germain de Saint- Pierre vient d’exposer. Il y a longtemps d’ailleurs que l’ Aponogeton est regardé comme monocotylé : Adrien de Jussieu l’a signalé comme tel dans un mémoire sur les embryons monocotylés, et M. Ad. Brongniart le rapproche des Naïadées,
M. Chatin rappelle :
Qu'Adrien de Jussieu insistait beaucoup dans ses leçons sur la structure de l’ Aponogeton, qu'il considérait comme monocotylé. M. Chatin possède, à l'appui de ce qu’il avance, des dessins pris au cours de cet illustre savant.
Il a remarqué d'ailleurs, dans l’herborisation faite par la Société à La Valette, que Y Aponogeton est complètement naturalisé sur les bords du Lez, niais il ne pense pas qu’on doive en conclure que cette plante puisse être facilement acclimatée dans le nord de la France ;car, sur les bords du Lez, non-seulement elle se trouve dans la région méridionale, mais encore dans des eaux dont la source est assez voisine pour qu’elles conservent même en hiver une température relativement élevée.
M. E. Doumet, vice-président, «lit que dans le parc de Baleine (Allier), où VAponogeton a été naturalisé, il se trouve dans une
• fl ^
pièce d’eau alimentée par une source dont l’eau gèle très difficiletnent.
Bucoudray-Bourgault croit à la facile propagation de celle plante dans le nord-ouest de la France. Il l’a vue se maintenir parfaitement depuis quinze ans, aux environs de Nantes, dans des eaux fiui gèlent tous les hivers, et fructifier malgré les intempéries du
climat, dont toutefois la rigueur est adoucie par le voisinage de la mer.
M. Du rieu de Maisonneuve, en examinant les échantillons de Posidonia présentés par M. Germain de Saint-Pierre, remarque que la partie inférieure des tiges est entièrement couverte d’un Champignon, le seul qui se développe et fructifie en nleine mer : c’est le Sphmrin Posidonicr.
M. Germain de Saint-Pierre dit qu'il est heureux d’avoir provoqué ces intéressantes remarques. 11 ignorait, d’ailleurs, les observations antérieures de AI. Planchon.
AJ. J.-E. Planchon ajoute :
Qu’Gndlicher a eu tort de rapprocher, dans son Généra plant arum, l 'Aponogeton des Saururées, et que la description qu’il a donnée de l'embryon de cette plante est entièrement controuvée et copiée sur celle que M. E. Meyer a donnée de l’embryon des Saururus, qui présente un double albumen. — M. Planchon croit qu’on doit, à l’exemple d’Adr. de Jussieu, rapprocher des Aponogeton , les Ouvirandra (1) ; car, dans l’un et l’autre de ces genres, on observe un embryon pourvu d’un seul cotylédon charnu, considérable, comprimé, et d’une grosse gemmule située en dehors. Adr. de Jussieu les citait comme exemples d’embryon monocotylé à gemmule exserle.
AI. Gustave Planchon présente à la Société quelques échantillons de végétaux fossiles et fait la communication suivante :
SUR LA FLORE QUATERNAIRE DES TUFS CALCAIRES DE CASTELNAU PRÈS MONTPELLIER,
par M. GUSTAVE PLANCHON.
Ce n’est pas un travail complet que j’ai la prétention de présenter à la Société; je désire seulement attirer un instant son attention sur quelques végétaux fossiles caractérisant la flore quaternaire de notre région. Le terrain qui les renferme est vulgairement connu dans le pays sous le nom de tuf calcaire de Castelnau. MM. Marcel de Serres, Taupenot et Paul deRouville l’ont successivement étudié au point de vue géologique-, mais ils ont laissé, dans la détermination des diverses espèces de sa flore, des lacunes nombreuses, que je m’efforcerai de combler dans un travail spécial.
En attendant la réalisation de ce projet, qu’il me soit permis d exposeï
le résultat de mes premières recherches.
Les deux localités que j’ai seules explorées jusqu’à ce jour (Castelnau et le Gasconnet) m’ont offert des empreintes de fruits, de tiges et de feuilles.
Les fleurs, naturellement trop délicates, n’ont laissé aucune trace de leui présence.
Les fruits y sont en petit nombre: je n’ai rencontré jusqu ici que.
Quelques cônes de Pins, très incomplets, mais dont les écailles sont parfaitement reconnaissables-,
Deux fruits, dont la détermination est encore fort douteuse : I un d eux *
une ressemblance éloignée avec le fruit de V Aristolochia Clematitis.
(1) Plantes de Madagascar. L’espèce la plus remarquable de ce genre. P r ^ c ' e sement cultivée au jardin de Kew, est l’O. fenestralis Poir., dont les feuilles réduites aux seules nervures forment une sorte de dentelle.