SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
fragments de feuilles d’un tissu coriace et peu altérable par l’action de l’eau ou de l’air libre, ne paraît pas être d’une grande efficacité.
J’avais souvent remarqué sur la même côte, et notamment sur l’isthme de Gien, des pelotes globuleuses formées de fibres brunes, feutrées, sans mélange de corps étrangers (et semblables par l’apparence à ces pelotes formées de poils feutrés que l’on trouve dons l’estomac des animaux ruminants, et qui sont formées des poils accumulés que l’animal enlève de sa peau avec sa langue). Les chasseurs du pays les recueillent et s'en servent pour bourrer leurs fusils. J’ai reconnu que ces pelotes globuleuses, la plupart du volume d’une orange, sont composées des fibres qui persistent sur les souches du Posidonia après la destruction des feuilles dont elles représentent les nervures. J’ai trouvé plusieurs de ces pelotes adhérant encore aux rhizomes du Posidonia; le frottement des souches les unes sur les autres, lorsqu’elles sont à demi rompues par les vagues, me parait être la cause du feutrage; le roulement dans le sable et les galets détermine leur forme globuleuse.
les souches du Posidonia sont du volume du doigt, ligneuses, radicantes, subdiebotomes ; chaque branche tendant à ce dichotomiser, il en résulte que le groupe produit par la ramification d’un même individu, occupe un espace indéfini. Comme chez tous les autres rhizomes, la partie la plus ancienne se détruit au bout d’un certain temps, et les rameaux radicants, devenus indépendants par la destruction de la souche-mère, constituent des plantes distinctes. Dans un rhizome d’une certaine longueur, la partie inférieure présente les cicatrices rapprochées des feuilles complètement détruites ; plus haut, se trouvent des fibres brunes, sèches et roides, derniers restes des anciennes feuilles détruites; plus haut encore, les bases coriaces des dernières feuilles détruites, et, a I extrémité supérieure, les feuilles vivantes qui terminent chaque branche du •hizome par une sorte de rosette de feuilles linéaires, distiques. Les fibres radicales adventives partent de la face inférieure du rhizome; l’écorce du rhizome, qu’elles déchirent et rejettent en dehors au point où elles sont émises, leur constitue une sorte de coléorhize.
J ai dit que le fruit, lors de sa déhiscence, laisse s’échapper l'embryon . les enveloppes propres de la graine m’ont semblé en effet réduites, à I époque
de la maturité, ù une couche pulpeuse, qui, lors de la déhiscence, ies e adhéiente en partie aux débris du péricarpe, lui même pulpeux ; et, en
pai tie seulement, à 1 embryon. L’embrvon a le. volume et la iorme esté
lieuie d une amande, ordinaire j il est de couleur verte 5 une de ses faci-
piésente une dépression longitudinale qui m’a paru être l’empreinte d nia
suite de lapbé, lequel reste souvent adhérent au péricarpe. Lors de la f-' 1 miuation, une ladicule subcoléorbizée sciait jour sur un point voisin de l’extrémité inférieure obtuse de l’embryon (d’autres fibres radicales nais-