NOTES
(1) n y a long-lemiis dnjè qu*oo s'esi élero contre rétadeexclo*
fllve des lances anciennes dans nos établissements dlnstrucUon publf<]ue. « Je vouidrois premièrement (disait Montaig?ib, Essais, liv. I ♦ chap. 25) bien sçavoir ma langue, c*- r^;ie de mes voisins où j'ay plus ordinaire commerce. C'est un ] < ! f i ;n-and ad^encemenl sans doute que le prrec et le latin; in;,is on l'achète trop cher. » — m Vraiment , tous m'avez donne là une plaisante éducation; IlestTfii que Je m*aorommodais fort do blond Ligurinus. Mais lorsque j'entrai dans le nionâe, je voidiis m*aftaer de parler, et on se moqua de moi i j^avais lieau citer les Odes à Ligurinns d le pédagogue chrétien ; je ne savais ni si François V avait été fait prisonnier à Pavie , ni où est Pavle; le pays même où je suis né était ignoré de moi ; je ne connaissais ni les lois principales, ni les Intérêts de ma pairie; pas un mot de mathémalitiucs ; î)as un mol de snine philosophie ; je savais du latin et dvb bulUbt;». VoLTAiap., Diciiiiiin. philosophiq. , arlicl. Éducation, v — l.c vœu de Montaigne el celui de Voltaire ont été déjà en partie exaucés. Les langues vivantes, l'hisloire nalionalc, les sciences naturelles et la saine philosophie ont pris place dans l*enseignenieni universitaire i eftié d» latin et dn grec Hais nons sommes encore loin de compte ; et le moment ri'est pas arrivé ob il foudra bien enfin mettre en première ligne ce qu*aiqoiird*hai nons laissons sur le second plan, et par la même mlson r^eter snr le second plan ce qu'aujourd'hui nous mêlions en première ligne. Puisque la philosophie est celle qui nous inslruil à vivre el que Tei^uice y a sa leçon comme les autres aages , pourquoy ne la lui communique Ion?.... La philosopliica des discours pour la naissance des hmninos, comme pour la décrépitude. Montaigne, ibid. ». — J'écrivais, il y a un an dans mes Leçons de logique , pag. 1*3 . % Dbstutt DE Thacy terminait au commencement de ce siècle , \' Extrait miioRné de son idéologie proprement dite, par ces lignes: a C'est bien là , je crois ce qui constitue ridéologic. Seulement je regrette de ne ravoir pas liée plus Intimement à la physiologie ; mais ç'aurait été sortir également des bornes de mon plan et de
celles de mes connaissances ». Plus lard, en 182C, M. JoufTroy-
{SsquisMés de philo snph. mor. pai D. Stbw. préfac. pag.cxxxv) « désire que les physiologistes soient enm^ine temps inétaphystdens et léelproquement ; c^est, «tjwiié t //, notre tcbu le plos ar* dcni et le mleax entendu qu'on puisse former dans les Intérêts de la science de l'homme — Nous nous associons complètement et au regret de Destutt de Tracy et au désir de M. JouJOn*oy. Ce n'est pis pniirf mt que nous songions à rrnvr>yer les questions psvchuloglqut s à nos $avnnts physi'>/()g/.Kf es phi/oxophef , fussent' ils (les Cnbani.t { idéolog. 1. c. )» ni à faire de nos psychologues autant de niédecius. La science du corps et la science de l'àmc , dans notre optnton» dotrent rester séparées jusqu*à rbeore où elles trouveront auprès d'eOes les conditions d*ttne association nfeoDnalAe , c'cst4rdire dits ministres capaMes de les servir à la Ibis et de conserver à chacune d'elles , tout en les mettant sans eesse en rapport, son domaine et ses droits. Cette union aujourdliul serait prématurée , et par conséquent mortelle au moins pour l'une des deux sciences , sinon pour les deux en mAme temps. Je vous dciiionde uu peu ce que deviendrait notre psychologie, si < lU" se livrait pieds et poings liés à dos liomnies que d'ailleurs nous ne saurions trop estimer quand ils se renferment dans leurs limites , aux Magendie et aux Spurzlieim ! Que la science de IMme et la science du corps consentent dune à vivre encore sous des lois différentes, â former deux royaumes disttnets j Hais peur ne pis tomber sons le même sceptre , Ikodra-t-ll qu'elles aocnmutenft entre elles les Ixirrières et les remparts ? Nullement; Ce que nous ne pouvons trop leur reprocher au contraire» cfest de rester, ainsi qu'eUes te font, étrangères et presque hostiles l*lBie à Taulre. Nous louddoos qu'un commerce sérieux s'établit entre les deux campll -qne&p^cbologie s'enqutt journellement de ce qui se passe dant îe monde physiologique et que la physiologie à son tonr , ;>vani de loucher lr«; questions que ces données intéressent, empruntât aux travaux psychologiques leurs résultats avoués — Mais nous en tiendrons-nous a un vœu pUis ou moins stérile? Et quand le mal nous travaille et ncius mine , ne nous mettrons-nous pas du moins, 5*11 nous est interdit de foire mieux, en quête du remède t Told , pour ma part, le spécifique dont je me hélerais d.*ufler ^ si j*avals le pouvoir oommef al le vouloir. D'une part Je n'admetlials en qualités d'aspirants à nos chaires de phyriologlf que ceux qui
jnslMteralentpiéilalileinent d'études philosophiques approfondies €t qui fcndcnl mmito à cet effet tVim diplôme spécial de Moencié es irtiUeBopUe. D*ane aulre yn% » nos chaires de philoioiiiiie ne aendeiit acoenlliles 4|tt*i ceux qui élabUiialeBl , en iosUflint du grade de liceucié en physiologie, qa*il8 se sont pnalabtenent flikjnUiariscs avec les sciences physiologiques. -^H'esl"!! pas hontoux pour lant de physiologistes desavoir à peine ce que c'est qu'un phénomène de conscience, et pour inni df» psychologues de n'avoir jnniais vu un cerveau? »> — Plus loin , dans le nirmo vohiiiir, a ia ij.igi: 2b », j'écrivais ciu urc : « Je voudrais voir a 1 inàlitul, dans rAcadéaiie des sciences publiques cl morales, une section expresse, chargée di'exlralreile thaque science, en premier Ueu ce qu'il csl lion que tout bonune en iiossède, à qoelle qne condition qu'il appartienne; en second lien , ce que chaque profession , sans sortir deson point de vue propre, devrait en outre lui emprunter. Ainsi, pour tirer un exemple de la sdence qu'après la mienne J'alfeclionne le plus , nous aurions un Manuel médical à l'usoge de tous. Tout hoT7imo , avant d'npprrndre à danser et à jouer de la flûlc , arts fort utiles assurément, serait tenu de reronr:n!'{re nu premier coup d'œil ces atteintes subi ti s qui, < omme rapojtlc xh-, finKlioimt la vie , et par eonhéquent ne penne tient pas toujours d'attendre les secours tardifs que les spécialités médicales peuvent seules maintenant leur porter ; et sa main exercée saurait diriger, pour «es dfconstances urgentes , nnstmment cbirurglcal qui conjure 1» danger. On ferait alDsl peur le coqpsœ que fËglise a feitpour râme : nous sommes tous, ea Fabsenced^un préCre et quand la mort menace , iiahiles i ouvrir à nos enfenis par le baptême la porte du salut. Chaque pmrftesion particulière étudierait de plus le manuel rédigé expr(^ pour ellei il y aurait un Manuel médical à l'usage des philosophes , fin ttanutl médical à l'usage d€M ju* risconsultes , etc. etc. etc. »
(2) v.o pari^Taphe nous a yalu dans la feuille radicale de notre ville les deux artlcics que voici :
« Après M. Daniel est venu M. Charma, qui, avec son éloquenec et son habileté ordinaires , a examiné la question de la Jibcrté dTensefgnement; il a recherché quel bien il pouvait en résulter politiquement et socialement pour la Fralice. Nous ne suivrons pas rorafeur dans les développements de son sulet, qui lui a fourni
roccaskm de Mre réloge des tfrtos NX. CdusId, CtalMtet Satvandy , de jeler le «aot an radicatisme , el d'appeler cooira ma dbctrioes toale la rigneiir et loote la sévérité des lois dintlmldli- 1 Ion. « Le radfcansmc , a-t-f I ajouté , eo évoquanl les leflspf tes • marche au naufrage. Jeopos élèves . ne monlfi pas sur sm bord ! » Le professeur aurait dû ajouter encore : « /"tm smis de»'
cendn, moi! »
Enfin M. Oiarnia s est ôcri»^ : et coci n'est pas le morceau le moins nirieux de son plahi* ycr en faveur de rrnlversitê :
« La France est çrrande, "Vïcssif'urs , elle est for'c rrorncnez
« vos regards sur toutes les majestés qui IrAnenl en Kuiope, el ■ dites-nous s'il en est une qu'on puisse comparer k eflle de « France. Oui, Messieurs , Louls^Phnirpe est le plus grand, le « plus loyal » le plus désintéressé , le plus habile et le plus dévoué • monarque de l'Europe^ *
Selon le conseil que nous a donné M. Charma , nous Tenons de promener nosrrgardssur les majestés qui trônent en Europe; et voîcl ce que tious avons vu :
En Angleterre, U!i(' jc îtrîp rommccourani les I n!*; r? yilnisirs; et sopfreant bcauroiijt [»iiis A ses maîtres rte chanl qu'à son peuple*
En Espagne, un enOm' presque au inailiot.
En Porlu^cal , une fenuiie encore , déjà veuve et rennarié^ à l'âge où les jeunes filles sont encore vierges , donnant chaque année le jour à un prince nouveau , et grevant plus le budget portugais avec sa sente prosénttnre qu'on ne le ferait avec la cré«> tfon d'une armée.
En lïclglque , un monarque en tutelle.
En Pr.isse , un prince étourdi , et que son père a plusleuis ibis éUî tenté <le faire irilerdire.
En Autriche, un empereur courbant la tèle sous la doaûoalion de Mettcrnich , le Tallcyrand de la Confédération.
Eu Uauôvrc , un roi tellement méprisé que les lords les plus crapuleux du Eoyaume-Vni rougissaient de ses salvis.
En Russie , un Cosaque babillé en soldat européen.
fin Sucée» un renégat de la Républiqae et de TEmpIce: un homme qui » avec une couronne de roi sur la téte, conserve bras sur lequel un tambour français tatoua ces mots : ^ii'e la JU«
^iuhliifae!
Voilà les majestés que nous avons vues sur les tràoos d'Ëur<^.
Gfla étant t nom ne penMns pas que Jl. Gliaiina «Il ftlt un grand cobhïIIiiiciiI i toula-PbiUppe.
Au reste. M* Llierminier, ex-saint-siiîionirn , ex-fourriérlslc, ex«r^iibUcalR , a proféré depuis lung-lcmpa les mènies éloges, pour Qii brevet de eooseiUerHi'êUt. j»
— « radicaltsme, en évoquant la tempête , marche au natf c fragf !... Jeunes hommes, ne montez pn» sur son bortif,., » Toilà ce que , il y a trois jours , disait un philosophe à quelques centaines déjeunes hommn rassemblés autour de lui.
Pour aboutir â cette conclusion, et Dieu sait comment il y est parvenu, ce philosophe avait pris son élan des profondeurs de ranl!(ii:ilô ; il avait fait de longs détours à travers les siècles ; il arrivait tout essoufflé dans le prrsont , et cVsl en tombant dè ftttigue et pris par le vertige, car il avait suivi des roules bien fausses , qu'il prononçait les étranges paroles que nous venons de citer.
Ce philosophe ne nous était pas Inconnu, et nous l'avions tu nagULTCs dans nos rangs , inarcliant sous noire drapeau et préçhant le môme évangile que nous ; en ftce de ces souvenirs d'hier . Tindignation nous a saisi, et nous n^avons pu en retenir la manifestalion spontanée. Il eût été plus sage , nous ]*avottons» de laisser se perdre , selon sa |plaisie nouir^le, un apôtrç ambitieux , et de ne point nous écarter pour lui ô/t notre roi^te bal)Ir tucne. Nous y rentrons aujourd'hui.
Non , îl nVjl pas vrai que le rndiralîsme évoque In tempête. Ne croyoz pas , jeunes hommes , ceux qui vous précljent ces doctrinci mensongères, lîetrnrf'pz d'où Ils viennent d'ailleurs et voyez a qu'ils sont. Leur grund-prclre, M. Guizot, n'a-t-il pas traité vos pères de brigands , eux qui» au prix de leur sang, vous gagnaient Ja Ibrtune et les illustrations dont tous brilles ? Eh bienl ,tous ont marché dans les Toles du fondateur de leur secte. Ces pl)ilosophes dont vos collèges sont Infèctés, ont présenté au monde le plus immoral spectacle qui lui ait jamais été donné. L'ambition des richesses et des dignités a salanisé leurs cœurs. Aujourd'hui ils consentiraient à ce qu'il n'y eût qu'eux en France, s]ils ne pouvaient élro les premiers qu'à ce prix.
Savcz-vous 1 ourquui l'on vous a dit l'autre jour que le radicalisme marchait au naufrage , et qu'il ne fallait pas monter sur son bord? Celui qui vous i a dit veut surUr de son obscurité. li veut.
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comme Ëniitnte, qne l'on parle de lui et que son nom velentlssp, et, pour cela, 8*11 le but, il brùkra tout ce qa'll y a de Men dans vos âmes; Il dévasieia vos croyances, vos sympathies» vos amours, tous les sentiments divins qui forment le temple merveilicax de la conscience chrétienne ; il ne reculera devant rien , car 11 veut ar« tivor. Ft, voasle verrez bientôt , cet liom me arrivera.
Il a\ail bien prévu que nous éhriiiîoiioiis ses paroles, et il a compte sur !e scandale qu'elles allaiem fa're, pour luonlcr plus haut. Apri>slui, il le sait bien. Il laissera dans \os ùuies des fcrr»en!s clévaslaleurs de lout bion ; mais qu'iinporlc?— La philosophie ne console-t-elle pas de toiil i
Quant à nous, jeunes cussi, presque aussi jeunes que vous, notlS vous le disons : « Méflez^vous du serpent qui silHe à vos oreilles ; ne mordes pas sur le fruit qa'il vous présente , c*est celui du mal et de la perdition. Vous croyez encore à Thonneur , i la vertu, à l'amour ; lasdenee que l*on vous prêche n*a que foire de tous ces sentiments. Pour elle, Targent, c^est tout.
€holsisHes ! a
Nous n'aurions assurément pas rclev6 ces doux articles , s'ils ne nous fournissaient Toccaslon non p i > îe donner aux impulatlons calomnieuses du Haro un dénienli loraiel, mais d'clabllr nettementaux yeux de tous les opinions politiques que nous n'avons on moment cessé de professer depuis 1830 ; opinions que nos ennemis ont travesties et déflgurêes avec tant d*lmpudence et de » mauvaise fol , pour les dénoncer diarttahlement, ainsi revues et corrigées, au pouvoir duquel nous dépendions.
Notre Discours de rentrée n*est pas une œuvre radicale ; cela est Wen convenu maintenant , quoiqu'en vérité , si le Haro n*eût en soin de déclarer à haute el intelligible voix que nous n'étions pas des siens , plus d'une de fins vnos sur la marche progressive des temps auraient pu, à r.iidc de quelques inleriirclalloiis bienveillantes dont avec n(*us on ne se fait pas faute , trahir le radicalisme qui se cache pour mieux arriver à ses iius !
Nos Ltçùns de logique ( février isio) portent^les un autre caractère T VavtrtitumfHt qui les ouvre remercie, & la page vi, avec efltasSon , vji mUtUtM^ dont te eorpt enseignant n'ouMiera jamniâ là sage et bUnvtiUnnie administnttinn et auquel fauteur m voué une vive reconnuissunee , U* M Salyaxdt ! Yoili bien
CD cffel le radical qui s'annonce ! Allez à la page MO du même volume; qu'y trouvet-YOUS f « Ne l'oublteB donc ()as, jeunes gens qui ni*«GottteK I Innoccnles el légitimos tant qu'elles b'âolmnent dans le inonde des Idées , vos utopl» ne se peuvent sins erfmc transporter dans le monde des faits. Avant de songer i Tapplleation d'une théorie que Tàge des illusions etdererreur aura conçue, attendons ( les années mardienl vile et la Trolde raison sera bientôt venue) , attendons que nos firontsse rident, que RQSdieveax commencent à blanchir! ».
Avant mes Leçons de loff[( jiie, nios f.crons d( philosophie sociale (octobre 1838) avouaioTit 1rs ni! mos principes, tenaient le môme langage. « C'est un cgal alLeutal à ia vie socîale que de seconder ces mouvcnicnts aventureux qui nous emporteraient avec une rapidité ftineste dans un cliamp que la réflexion n'a pas d'avance mesuré, et d'entraver ces mouvemenls rMédils qui nous conduisent douceinent à un Imt que la raison avoue par des voles qu'elle nous garantit On compromet font par une Ibugue trapaUeule ; on perd tout par une somnolente torpeur; psnr une àUnre sagement et prudemment progressive » on sauve , on assure tout. Pa^. 97. ». « Quand une société se modifie, doit-elle donc commencer par se ruiner de fond en comble pour se rmlifler sur un plan oiitirrriiicrU nouvcau? Ces intnrvalles d'anarchie que détermine ni'cessair( mont un changement complet de conslllution nntrenllls dans nos destinées? Ne ftiut-il pas au contraire qao (l;jns ces moments critiques de rénovation et de transformation, noâ mains étreigncnt énergiqucment les étais sodna que nous ont pn transmettre les siècles antérieurs T Pendant que nous sommes en quête d'une meilleure loi , la loi ancienne n'esUelle pas noire unique soutien, notre seule garantie contre les Invasions du prin» cipe ennemi, contre le génie du désordre ? Toutes ces influences désorganlsatrices que les évolutions sociales» qui trop souvent sont de véritables révolutions , éveillent et ameutent, qui les bridera, qui les encliainera , si le frein que le passé leur mettaità la bouche vient à se briser ? pag. 61 et pa.^im ».
Je n'étais donc plus radical en 1838. L'étais-jc encore en 1M5? mais je venab de livrer à 1 impression un livre (mon Essai sur Us bâtes et tês iévehpptments dê ta momiité) où j'essayais dO montrer comment Jusqu'ici tous les grands systèmes pliiiosophiques et religlenx se sont continués les uns les aulns, et
Digrtizeij Ly <jOOgIe
comment Tavenlr ne doit être à son tour que la continuation du présent et du passé. — C'était le temps où la Ra ue littéraire du Cèlvaéoê publiait mon article Sur i« légliimité de VutnpU dani Uqnd on peut lire t « Tonte proposition théorique qui demandé me prompte appUcallon deltcontf nner doucement les choses présentes et non les détruire Holemment. Ahordes vof re enivre, vons qnl révfx la perfection sociale, avec l*espritposttir qui établit, non avec Tesprit nêgatirqui renverse. Les ruines se font d*eile94n6nies. LVspril négatif, r>st la lialne; il ne voit que le mal qui legéne: fesprlt positif , c'est l'amour; il ne voit que le bien qui lui sourit. Comment ne comprend-on pns qup la rnicon ello-njcrno se compromet, quand elle prmd le luri cl l'atUlude de la.n)lère? Quel singulier cortège pour un conseil que rors"ueil ou la menace t Vous ne voulez, dites-vous , <iue le bien de l'État et du gouverne- •IneDt lui-même I Commeiweac donc , le bon sens 1» plus simple ▼c«B.le dit » par persoader le goUTernement et l'État. Kl nqjare, quand on ne va pas an-deli» serall^elle par hàsaid, reeomnkanidée, •d&ns quèlqne ihétorlqoe moderne , comme wi moyen de perstealioiif II n'y aià qœ leiuse d maiinlK goûu Mais on a poar sol Itndlgnntlon dés peuples t Oui : comptez , aux Jours du dévouement et du danger, sur ce courageque lepcrsimnge tous prépare» Comptez, après In >ictoire, au moment où il nmrlrn rétablir ce que vous aurez ruiné, sur ces passions qui n'rnl d'énergie que parce qu'elle-^ n'ont pas de frein ! Ne savons-nous pas assez , par unepreinièie expérience, ce que devient, quand son aulcl est desserti par l'esprit de fougue et de vengeance , le dfeu dont ï'huraamlé appelle le règne avec tout ce qu'elle a d'amour, la Vberté ! pag. loe. ».
' U h*étalt donc pas posstbic depuis 1835 de se m^rendre sur nos Vérilabl^ opinions politiques , est-ce qn*en t83f la méprise était plus f^dle? Les trbis journaui de Caen, /Vm/ de ia vérM» le iiémhriitt et le Pi/ote inséraient dans leurs colomies , vers les
premiers jours du mois de mars , une lettre où ma profession de
ft)i était, j'Imagine, asse^ ncUeet assez claire: «Je ne suis pas lé^ltltnfsle, rf//jv/M-7>; le caraclère du journal quim'atfaque (^c'était, comme on s'en souvient peul'élre ^ V Ami de la vérité J le prouve SufTIsamment; je ne suis pas républicain; je n'ai jamais cru qu'il ftillùt appeler an gouvernail l'enfant à côté de l'homme, le peuple eoeore mlnâur'à€ûlêHl%Reari8toeratic qui remplit les comptions
Digrtlzeij Ly <jOOgIe
de toute mainritô lé^îiiîme. le pouvernoTnonl nVçt pn<; , srîon moî , un fondé de pouvoir; c'est un tuteur. Tst n A dirr que j'approuve lout ce qui se faîl dans le monde politique auquel j'appartiens? Nullement; mais s'il est quelque point où ma désapprobation se porte , quel est mon procédé pour détruire et amender? La persuasion. Toute insurrection matérielle dans ull étrelllire est un crime.... ».
Ainsi le ladlcallsme ne me tnniTalt|)Iiis sur son bord dès 1834; cen*«st pas d*hler, comme on Toit, que />« *m àese^dm, Lefttt est que je n*y snisjamafs monte, n y a plos : Je n ai i>as pu y monter. La raison en est toute simple , et les honnêtes gens Tentenliront. J'ai jaré en 1830 obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Je l'ai juré sans restriction mentale , sans arrière - pen sée ; et dans mon opinion comme dans celles de tout homiiH' qui se respecte, « Quand on consent à échanger l'indépendance de la solitude contre les avantage de l'association , quand d'ailleurs en restant à son poste on reconnaît la Talidlté da Contrat qu'on a passé , travailler de ses^ittilns d la défUte du parti ^Nni s*e8t engagé i servir , c*est tonfouf» un grave déHt^ ionqoib ce n'est pas on crime; ci^t au moins nne lâdie perUdfe, si jtls n'est pas une honteuse trahison ( È9êai w tes ému* et les déve^
toppeinenfs de la moral ilé ^ avertissement, pag. »T, XY.)! ».
Mai^ la calomnie, Si elle n'a pas ses raisons, doit avoir au moins ses prétextes. Four ma part , je lui en Fais trois dont elle a largement usé. — En premier lieu , je n'ai pas toujours approuvé soit les actes soit les paroles de ceux qui mai ciiaîent à notre tête. Ainsi j'ai vu avec douleur, 11 y a quelques années, nos médecins condàmnés par une ordonnance qu'au reste on s'est bâté de rapporter , à mettre ranlorité sur la trace des républicains blessés auprès desquels Ils auraient été appelés. Ainsi Je ne pouvais entendre avec plaisir notre Casimir Perrfer s'écrier à la trftnine que tt sang français a'apparieaait qu*à ta France, l*égo&me naUonal ne me convenant pas plus que l'égoïsme individuel. Or» ce que jebiftmals lout bas, je n'ai jamais hésité à le blâmer tout haut ; et parce que je n'étais pas scr\ lie, on m'a dénoncé comme hostile; l'accusation, hélas { n'était que tro[> spî'cîcuse , eu égard au temps où nous vivons. — Un parti , quel qu d soit, ne vit qu'à une condition, c'est qu'il s'attache à un principe vivant, qu'il s'en pénètre, et s*en Cuit, au moins eu paroles , le représentant et l'apôtre. Le ra-
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(Ucalfsmn a inscrit sur sa bannlcrc uu principe de celle iiaUirc; il se donno coinuie le défenseur iic du progrès. Les légitimistes cependant nous sont dépeints comme rétrogrades ; et les conser« Yateors» comme s'enfm'maat dans te statu quo le plus étroit Pour ce qui regarrle les partisans aveugles de la légitimité, nous n*avons rien à eu dire ; Us ne sont pas en cause Id. Mais le parti conscr* vateur a pent-ôire, dans plus d*une circonstance, laissé trop croire à l'apparente vérité du jugement porté contre lui : trop souvent H a montré de FàcliettSCS préventions contre les doctrines géné* rcuses qui veulent que riiumanité monte de degré en dr^^rô au liîîîe auquel elle est si loin encore d'être arrivée. Ces répu^'iiances n'éUicnlpas sages. A uolrc avis, ceux qui conservent sont seuls capables de développer et d'agrandir. Le progrès leur appartient donc en lUéoi ir aussi bien qu'en pratique. Nous ne pouvions, pour ce qui nous rej^arde , séparer ces deux moitiés d'un même r'Me ; et nous professions à la tbi's , en toute rencontre , l'opinion qui défend les cboses présenles, et cdie qui aspire aui dioses ftitores. On conçoit comment on étalianiené,en nous regardant seulement aous cette dernière bce , i nous eonibndre avec les hommes ■qui» imon sens, doivent être réputes les adversaires les plus dangereux de tout progr('^, de toute amélioration sociale, quoiqu'ils inscrivent sur leur bannière les mots hypocrites ou du moins menteurs d'aniéHorntlon sociale et de progrès.— -Et enfin , s'il fau( tout dire, nous n'avons jamais pu obtenir de nous-mêmes qu'un scntinjcnt quelconque décolère ou de haine se formât dans noire ccnur contre une opinion que nous jugions déplorable , encore moins contre ceux qui s'en faisaient les éclios.Xolre nature, trop indulgente peut-être et trop sympathique , a toujours été Invincimement disposée i trouver partout des erreurs plutôt que ^ des crimes , et à plaindre comme aveugles plutAl qu*à maudire ' comme coupables ceux qui s'écartent du droit chen)in. Il nous était donc Impossible , cecaractire étant donné, de refuser notre porte à quiconque y venait frapper; et plus d'une main républicaine a été afl'ectueusemenl pressée entre nos maiîis conservatrices. Cependant quelques-uns de ces jeunes exaltés cou IracUiicnt peu à peu dans notre commerce des habitudes <lo moi!érallon et de sji gesse t et nous en pourrions nommer plus d'uu que nous avons ainsi gagné à la cause de l'ordre et de la paix. (3) « Je continue d*espérer que la paix générale ne sera point
Iroufclèe. Elle est nécessaire A rintérét commun de rEurope, sn bonheur de tous les peuples et au progris de la civilisation. DU*
cours de la Coitrtmtie ^ 5 novembre 1840. »>— « Aucune nntion rn Europe ne suit une politique plus éclairée et plus libérale envers les États étrangers que la l'rance. Le Texas se souviendra longtemps de l'assislnnce bienveillanle qui lui n cir prcHce par cette nation. Elle a élé la pretuière de rEurû()e à nous reconnaitrc comme un peuple libre et à étudier notre condition et nos lances d*avenlr; elle a été la première dont les flottes ont visité nos rivages pour cullivtr avec nous des relations amicales. Les bommes d*État qu*elle a envoyés chez nous ont reconnu avec plaisir notre hospitalité , et ont parlé de l*cnergie et des progrès de notre nation avec des paroles d*cncouragement et d'approbation. Un de nos bateaux à vapeur ayant été assez heureux pour préfor assistance à un des siens, eefaita été reconnu de la manicic la rlus obligeante, et roumniniquéà notre Ministre de la marine. Et aujourd'iiui qup îjolre conuiicrce est encore dans Fcnfance , et où nous conuiH iiçons à jouir tlt l'existence d'une nation , la France va ouvrir avec nous une t unmiunicalion au moyen des navires à vapeur, pour nous apporter le produit de ses marchés comme si nous étions à sa porte. Quel contraste avec ce que fidt pour nous rAngleterre! Ganette de Caiveston, S9 août 1840, cilée par te Journal 4*9 Débats , 6 novembre 1840. i» — « La grande politique , rintérét supérieur de TEurope et de toutes les puissances de l'Europe , c'est le maintien de la paix , partout , toujours ; le înainlien de !a sécurité dans Irs esprits comme de la tranquillité dans les faits. Cela importe non sculonienl au bien-être nialériel , mais au bicii politique et moral , au progrès politique et moral de tous les peuples. M. Giizot , Discours à lu Chambre des députes ^ 17 novembre 1847. ».
(4) 11 iaut tout dire cependant. Quelques Académies de province, la n6tre en particulier, contribuent bien un peu à cette déso* lante mobiltté. Plus d'un proresseur, i^irés y être entré avec lintention d'y fixer sa vl^ , s*est vu contraint , par la firoideur el le mauvais vouloir de Tautorilé locale, à chercher un meilleur dd. Ce génie inhospitalier tôt ou tard nous sera ftineste. Les nuages s*amoncellcnl de jour en jour sur nos tôtes; et peut-être le moment n'esl-il pas éloigné où l'orage éclatera. Coiijurous-le , s'il en est temps encore , en substituant à notre égoïsme presque
caonnais de plus larges sympathies. N'ouMfons dfînr pa«5 qu'il n'y a plus de iNoruiandie el que nous son aies luus Français !
(5) Il faudrait avant tout songer à lire enfin en harmonie réducaliun des Collèges avec la vie nationale qui nuuâ alLeitU à leur sorlie. « L'éducalion di'S Anciens avail un avantage sur la nôtre; elle n*claft Jamais démenUe. Ëpaminondas, la dernière année de sa vie, disait, êcoolait, voyait, faisait les mêmes choses que dans Tàge où il avait commencé à être Instruit. Àujourd'bni , nous recevons trois éducations différentes pu coBf traircs; celle de nos pères, c^clles de nos maîtres, celle du inonde. Ce qu'on nous dit datis la dernière renverse toutes les idées des premières. Cela vient en quehpK' parMe du contraste qu'il y a parmi nous entre les eiip i-niK nts dr la religion cl ceux du monde ; chose que les Anciens ne counaissiiienl pas. Mon- TKsyuux' , Esp/ii lUs ton , liv. IV , cliap. 4. » Ce ne sont pas des citoyens de la Grèce ou de Ruine que nos èlablisscincnts publics doivent rendre i la sodcléqui leur confie Tespolr de son avenir; qu'on nous prépare donc dès fenfance à être un peu plus et lin peu mieux de notre pays et de notre temps !
(6) jetons un coup-d'CBil sur cet assemldage 4d .quel qu*on appelle du nom commun de Facultés. Voici d'abord (les Écoles de droit et de médecine? Que prélendent-elles? Elles prennent la jeunesse au point où Tanirne l'éducation générale que doitavoîr reçue tout lionune destiné aux fonctions lii)érales, pour lui donner Tiiislruclion spé( iair (jue doit ^oulcr à son éducation preuui ie luul liomnie dcslinc ù telle ou telle de ces fonctions. C'est une inslructioa prolessionneile que distribuent nos École» de médecine et de droit Elles sont pour quelques professions libérales ce que sont pour les professions industrielles nos Jlcoles il*arls et métiers. À côté de ces Écoles qui versent dans la sqdété des citoyens actilà , j'aperçois une faculté de théologie. Que donne»t-elle à la cité? Ce ne sont pas des prêtres , as^irémènt %M prêtres se font loin d'elle et sans elle. Ce sont des hoippirs gavants • |4us savants qu'on ne l'est eotnmunément dans l'étude des choses saintes , sur l'essence et l'histoire de no^rc religion , en nn mol des théologiens. Les théologiens ne sont point des ciloyen^ ;i( d s. Ce que jo dis de la Faculté de théologie, il le faut dire encore de nos Facultés des sciences et des lettres. Nous pouvons bien faire des chimistes , des physiciens , des t^cUénistes,
— Ad
des philosoplios; mais rnfln il nVsl pas de profrsfiion spéciale qui Tionnr se rcrrulrr chez nous. Il y a donc ici au moins deux classes d'iiistiluliitiis profondement diffrreiilps, 1rs raciillos de droit et de médecine d'une part , les FacuRcs de théologie, fies sciences et des leCifee de rautte psrt. Mais on les nomme toàtes d*un mène nom ; on les habille à peu près de mèmc^ -on les réunit pour certaines solennités dans une même enccinle. Yollâ lenr unité I C«tle imllén*est qtfune llintion. Novs ne sommes pas les membres d*nn même corps. -^Irai-je plus loin encore ? On croindt peut-être , d'après ce que je viens (^e rrmarqïirr . qu'au moinf! les Fncullés de médecine elde droit d'une part, de l'autre les FaculU s de Ihéologrie , des sciences et des lettres, peuvent s'organiser entre elles. Qu'on se détrompe! La sympathie n'est qu'à la surface ; au tond ranUpaibio et rincumpatlbilité. Quels rapports de parenté, de flraterflité, Irouvera-t-on entre les métiiodcs et l'esprit qui président Ici à l'enseignement de la médecine , là à renseignement du droit. Le libre examen recommandé par les uns» comme la condition si»€ qud non de toute recberebe sérieuse . de toute acquisition légitime : la soumission la plus complète k fantorlté avouée , Tobélssance au texte, préchèes par les autres comme la garantie exclusive de toute vérité . comme le préservatif unique contre toute erreur, vivront-ils bien en paix dans une même enceinte? Pour moi, loin de réunir ce double enseignement dans le même champ , ou seulement sur la même terre, je jelleiais entre eux des montagnes, des mers ; je chercherais, pour les mieux, séparer, les deux extrémités de notre globe les plus distantes , les plus diamétralement opposées; (^est auxantipodes Tun de Tautre q^e je lcslnstalleials*--Alnsl en estp Il de la tbéologie positive et de laphUosopliie. Gomment concilier un enseignement qui affirme tout et ne prouve rien« avec un cnseigncment qui n'affirme rien et prouve tout ? Ge n'est pasau\ esprits du même ordre que ces deux enseignements conviennent. Ne leur donnons pas le même audilDire ; ne leur laissons pn^ les mêmes prétentions. En les séparant, en les adressant aux iKihucs spéciales sur lesquelles chacun ti eux peut réellement agir , nous en tirerons, pour la vie sociale qu'ils servent puissamment i'un etrautre, d'immenses avantages; rapprochons-les» confondons» les , donnons-leur les mêmes natures à cultiver, 1c même âge à conduire; de deux aliments sûrement utiles , le mélange fera un poison i
(7) J'cmiirunte ios iigms quisuivenl a une Icllrc prédonsc p«r les renseignements qu'elle nous donne sur Tétat acluel de dm Facultés des scfeoces en général , et en particulier sur les rap< ports de renseignement qui leur est propre avec celui que nos iooles de médecine se chargent de donner. » En réalité, la picpart des Jeunes gens qui prenneni aujourd'hui leur première InscripUOD en midecine ont besoin de seforll/m^r dans les sciences physiques et naturelles; mais est-il convenable que la Faculté de médecine soil chnrpêe de leur en Tournir les moyens , lorsqu'il existr à c()[v dViIr uno autre Faculté instituée tout exprès pour les onscigncr ? Cesi là que se trouve la principale cause de la discllo d'étudiants dans les Facultés des srienros de iiroviiu <». L'enseignement chimique , surtout, tel qu'il existe aujourd'hui dans les Facultés et les Kcoles secondaires de médecine , est un contresens et une supcrfluité destructive des Pacirités des sciences;ll est contraire è l*ordre rationnel qui devrait régner dans le système général de renseignement public. Qu'a-t^il ])esolii ( renscignemeni médical) de traiter ex-pn»f^fssù des lois générales de la dilmie et des notions qui ne se capportcnt pas directement à renseignement de la médecine , lorsque ces principes j;fên('rî>nx et ces noUons sont ailleurs éhifliês et s'y trouvent à leur vraie place? n Celle lettre du savant doyen de notre Faculté des sciences , M. Thifruy , a paru dans le nnlletln de iinstructian publique tt des Hociétés sai'unUs de t .4 codé nue d€ Caen (N*. de novembre 1840 ).
[H] L'enseignement, dans la plus vaste acception du mot, c'esr, sur tous les points et pour toutes les carrières, l'apprentissage sodal. L'enseignement livre à la sodété tontes les capacités» toutes les aptitudes que récianiiini« pour leur salisliiellon légitime, ses besoins les plus divers. Tel est Venselgnement en génénl.
Autant vous compterei dans la vie sociale de besoins partiCtt* liera, autant vous reconnatlrez d'enseignements distincts.
Trois grandes classes , selon moi , de besoins sociaux.
li faut d'abord que tous les membres d'une même cité s'unissent dans des croyances communes , aient un môme fonds d'idées , possèdent les mêmes moyens de comnuinie-ation et d'échange. A cette condition seulement , une société peut se former et oaitre. Une éducation commune à tous, imposée à tous , n'ayanl d'autre hai que de créer la matière première sans laquelle la cité ne
saurait se constituer , tel serait muu ùnseiqnemeni primaire <.u constit u tion nel.
n ne iiiflBt fws fine la nation Mit; 11 frai qu'elle tIvib. La vie nationale reçoit des organes «ttfon qu*eilé aaseiMile lesaUments qa*ensulte elle leur distribue. Instruisez ces organes à saisir et à inréiNirer la nourriture que la cité en attend, les prolMons de tout genre se pressent Id et s*ordoniienL Cest notre enseignement secondaire OU pmfessionnet.
La cité est. Non seulement elle est ; mais elle vit. Ce n'est pas tout ; Il faut encore qu'elle marche. Marcher , c'est sortir du présent, c'est tondre à l'avenir, La société se lance dans des ronfr<î Inconnues, ténohreuses. Trouvons-lui des guides qui , avant (lu'olle ne s'y cnga^'o, explorent ces réglons nouvelles , ot dissipent , aulaiil que le permettra la nature des choses, l'ombre dont elles s'enveloppent. Pour former ces hommes d'avenir, ces hommes do progrès, ces cheft qui nous conduisent , ces rois qui nous gouvernent » ibndons un enseignement noumn» rense^einent pmgressifiin gom'ermfmemtai s ce sera notre enseignement
Ce triple besoin de toute société humaine qui veut néofssaln^ ment être , durer, se mouvoir, enrante donc le triple enseignement qui assure à cef ic existence, h celfe durée, à ce mr)uven\ent leurs coiidîtions rospecllves. Mais ce triple besoin n'est pnssim])'e. L'organisation sociale , comme l'organisation Individuelle, n'Uiiit et harmonise en elle deux natures dlITcrentes; là aussi nousnvuns à servir d'une part un corps , de l'autre une amc. Notre enseignement ne perdra pas un instant de Yue , dans les trois sphères qu'H traveiso» cette doulde nèoasilé; et nous aurons à Chacun de «s degrés deui séries d*éooleB , les unes s*0Gcupant spéclalcmeut de l'élément matériel ou pkxsMnglqae* ; les autres exclusivement vouées à Télément spirituel ou p^ckologiques.
liais enseigner , ce n'est pas seulement éclairer l'intelllixence ; cVsl encore et surtout dresser ractlvllé. Tout enseignement complot se propose ce double but et l'atteint: 11 nous donne d'abord l'instruclion; il fait ensuite notre éducation. Que chacune de nos InsHIutlons soit primaires, soit secondaires, soit supérieures , unisse donc dans ses écoles physiologiques et psy( hologiqucs la théorie et la pratique » l'idée et l'action. -~ Je voudrais par exemple , que l'enÂint apfito avoir appris et que c*C8l que il
justice fût mis chez nous , comme il Tétait dans l'anclcuue Perse , en demeure d'être juste ; que le jeune homme, quand 11 aurait recueilli les préceptes généraux donlTart de gouverner se ooml-ose , les appliq^tausaitdt à telle ou tellesltuation politique dont- U demtt Je suppose , déterminer à Tatanee la marche et la dénouement.
Ne pourrait-on pas avec ces données organiser jusque dans ses moiiidros détails nofro cnsoî^nomoiil universitaire ? Toutes nos Inslittilions, toutes nos doctrines uo prontiralent-cllns pas dans ce r;i(lrc la place qui leur appartient? et ne voit-on pas en même temps d'un eoui)-d'a'iI les vides qu'elles y laissent?
Prenons pour spt'-eimen notre enseijçneaientM'coïKiiure ou jîrofcssionnel. Voici Qu;inL à te qui intéresse la vie malêrielle nos ficnlcs d'arts et métiers» nos Écoles de droit, et nos Écoles de nii dcdnc qui ne fieraient ici (nous ne sommes pas dans la sphère du progr^ ni par conséquent du doute) que proposer dogmatiquement, quelque maigre que leur enseignement dâtétre« les Térités éprouTées» ou du moins convenues; nous y ajouterions des Écoles diverses pour toutes lesbranches de cette vaste administration qui» tout élevée qu'elle est , ne voit rien cependant au-delà de ce monde et de nos besoins matériels. Quant à ce qui inlcreî^se notre existence fntelieetiielle et morale, n'avons -nous pas, pour la satisfaire , d'un cote et en première ligne nos sénïinair s dans l'enceinte desquels la théologie positive irait planter sa tente, nos ateliers pulilics de sruipture, d'architecture et de peinture , nos conservatoires de déclamation et de musique , les elasses dites d*bumanités dans nos Collèges, cl enfin nos Facultés des lettres dans ce qu^les ont de véritablement littéraire, c^està-dlre dans tout ce qui compose leur enseignement actuel, moins toutefois la plillosophieet l'histoire auxquelles on fiilt évidemment violence en les y ratlacbant. Nous aurions soin ici encore d'ajouter i quelques-unes de ces institutions le comidàiient qu'elles réclament. Nos Facultés des lettres entr*autres présideraient au moins à réJucation eslliétiqun do tous nos artistes dans ce que celte éducation comprend (le plus élevé et de plus ^^énéral , et l'Êlat n'aurait pas un peintre , un architecte, un seulj>teur , un musicien , un poète , un acteur n)ème (i>uri(ions cette prulession souillé;' en lui reiidant sa destination morale ) qui n'eût passé par leurs mains !
— sa —
TJn mol encore sur notre cnspifjnpmrrit suprême. C'est de l'avenir social que cet enseignement s'occupe. Il donne à la sodélé des hommes qui ne se contenteront pas de voir, mais qui sauront prévoir. Ces hommes, que nous pouvons réellemeot appeler, lonqulls 30&t oe quils doivent être, notre Providence terrestre» où les fbrmerons-nous t Qui exercera en eux , qui développera ce sens des choses ftttnres , le premier et le plus important de leurs sens? Td commence le rAle de flnstituteur par doellence , du suprême Initiateur. YoicI venir la science. Prenons une à une toutes les carrières dans lesquelles avec plus ou moins de bonheur nos prévisions s'établissent. Qui prédit l'avenir dans le monde des astres? n'est-ce pas l'astronome ? Dans le monde physique? n'estce pas le physicien t Dans le monde moral ? n'est-ce pas le moraliste ? Le prophète en toutes choses , ce n'est plus le poète , comme autrefois chez nos pères , c'est le savant Ce que la poésie suppose et tout au plus soupçonne, la sdenoe seule le constate et lésait Aux hommes d*£tat, aux gouverneurs des peuples Tesprit scientifique avant tout Ouvrons à cette Jennene qui un Jour ira s'asseoir au gouvernail de savants gymnases où elle étudiera dans leur course à travers les siècles l'humanité et le monde ; où sera cherchée, sinon trouvée, la loi du progrès et de la vie; où le passé et le présent ne seront que des d^r^crrés pour monter à l'avenir. Maïs n'oublions pas en même icmps que ces chefs des nations les doivent coruluire non pas seulement par un des mobiles qui les mènent , non pas seulement dans une des directions qu'elles prennent , mais par tous leurs mobiles , dans toutes leurs direction^. L'esprit véritablement scientifique , ce n^est pas l'esprit exclusif, c'est l'esprit compréhenstf. L'homme d'État fera avec cet esprit le tour entier de son Immense domaine. H comprendra de son vaste rv'gard nos desUnées industrielles comme nos destinées Intellectuélles et morales , et les choses de la terre s'uniront pour loi dans un même système avec les choses du cfelt
(9) Pour se former et s'étendre selon sa loi, cette vaste organisalion de notre enseignement national— harmonisera donc enlr'elles toutes les institutions spéciales dont elle se composera ; — elle adaptera le système et chacune des pièces dont il est l'ensemble au milieu social dans lequel il est appelé à jouer ; — elle enchaînera , après avoir prudemment cousiiiic une vocation donnée, le fonctionnaire à la fonction qui lui convient et à laquelle il convient.
— Je ne voudrais pas cependant qu'on nous aUachât eiclusivement el pour toute la vie à un seul et même genre (Texerdce. Je désirerais au contraire sur ce point une variété que notre nature réclame. L*homme étant à la Tola un esprit et un corpa , n*c8trll pas convenable quUl exerce simultanément» pour maintenir réqui- Hbrc entre les deux parties de son être , ses forces physiques et ses forces iiilcriectucllcs T qu'il possc'de on môme lemi)S et pratique un métier el un art? Seulement chez les uns le métier serait le principal, l'art l'accessoire; tandis que chez les autres le métier st^rail l'accessoire, l'art le principal? l^our mon compte, je suis à la fois comme le stoïcien Cléanlhe , jardinier et philosophe ; et coijnme lui, je m'en trouve bien. C'est une excellculc chose , el à plus d*un titre , que de pouvoir , au besoin , se sauver de son jardin dans son cabinet d'études, et de son cabinet d*étudcs dans son jardin?
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