MARRON
correspondant -en moyenne à ceux de l’armée, est de 11 pour 1.099. Alors que la société civile ne peut trop souvent entourer la santé publique que d'une protection tardive et quelquefois illusoire, le régime militaire a. pour protiger la santé des troupes, la disciplin: qui assure l’exécution des mesures qu'une exp'rience chèrement achetée a suggérées, él'ment d’une efficacité certaine s'il est aussi bien apaliqué que compris. » Le rédacteur de la Revue scientifique qui commente ce rapport, ajoute: «... Ces médecins militaires doivent savoir mieux que personne que les conseils de révision et de réforme, par la sélection qu'ils opèrent en rejetant périodiquement dans la population civile tous les éliments mauvais, malingres et malades, — : entre autres les candidats à la tuberculose ou les tuberculeux, et notamment ceux qui ont pris la tuberculose à la caserne et qui sont légion — ces médecins militaires doivent savoir, disons-nous, que les conseils de révision et de réforme chargent la mortalité de la population civile dans une proportion considérable, et quil n’y a aucune comparaison à établir entre. celle-ci et celle de l’armée. laquelle constitue un milieu recruté avec un soin parfait et constamment maintenu au taux valide par le rejet continu de tous ses membres touchés un peu sérieusement par la maladie. » (1 Cela nous prouve la nécessité de bien définir les termes dont on se sert. I faut aussi bien détailler les faits. pour ne pas rapprocher sous le couvert des termes généaux des statistiques dissemblables. Cela peut s'appliquer
aux moyennes ; une moyenne générale cache souvent des
il} Revue scientifique du 27 avril 1895.
mé a 1 pbs
“éléments très différents dont on a besoin de tenir compte -dans une comparaison.
Prenons la comparaison de la mortalité dans différents pays ; le rapprochement peut étre utile pour se rendre compte des différences dans les conditions de la vie sociale en général et dans les conditions d'hygiène en particulier. Le rapprochement des taux de mortalité générale ne nous apprend rien du tout ; nous voyons en effet en considérant les tables de mortalité dans tous les pays, que le taux de la mortalité est influencé surtout par la mortalité considérable des enfants nouveaux-nés. Un pays peut avoir un taux de mortalité générale plus basse qu’un autre pays, sans qu’on en puisse rien conclure si l’on ne considère pas les taux de mortalité pour chaque âge dans chacuu de ces pays. Celui qui a la mortalité générale la plus basse peut avoir une mortalité plus élevée dans chaque groupe d'âge à partir de l’âge de 5 ans et ne devoir sa supériorité apparente qu’à la faible mortalité relative des enfants de 0 à 5 ans: et cette faible mortalité relative peut tenir à ce que dans ce pays le taux des naissances soit beaucoup moins élevé que dans l’autre.
DÉCÉS ANNUELS POUR 1.000 VIVANTS DE CHAQUE GROUPE Mortalité Dadan en 145 A {45 1300300 0608 100 annuelle
France (1856-1865) 156 34,657,238,62 12, 9 68,2 22,8 Angleterre (1857-1866) 170 36,7 6,7 8,22 15,68 67,9 22,8
Faudrait-il conclure de ce tableau qu’à l’époque considérée les conditions de vie étaient égales dans les deux
Pierrot 11
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pays ? Il faudrait, pour pouvoir le faire, prendre le taux des. naissances à cette même époque dans les deux nations.
La complexité des phénomènes rend très dangereux. le rapprochement des statistiques, en rendant très difficile l'énumération exacte et complète des caractères de chaque phénomène ou de chaque groupe de phénomènes et par suite en laissant prendre pour des phénomènes semblables ceux dont des caractères différentiels ont pu échapper à une Investigation incomplète.
Nous ne répelterons pas tout ce que nous avons dif dans le courant de cette thèse sur les règles qu'on doit suivre dans l'emploi de la méthode statistique. Rappelons qu'une statistique doit porter sur des observations nombreuses, que les faits recueillis doivent être exacts, précis, comparables et bien délinis.
Ce qui est le plus important, cest d'avoir des statistiques comparables. Pour cela, il faut que les statistiques
° ne relèvent que des faits suffisamment détaillés, bien délimités, de façon que l'on ail des unités simples et réelles,et que la similitude des dénominations ne cache pas des choses souvent très différentes.
En médecine, il arrive souvent que l'absence de commune mesure, la délicatesse des phénomènes observés, ou l'intervention de l’art, ne permettent le rapprochement que des statistiques recueillies par la même personne.
On ne doit accepter aucune moyenne ni pourcentage, qu’à la condition que ces moyennes et pourcentages soient accompagnés du relevé statistique complet.
Vu:
Le Président de la Thèse, Vu : Le Doven, A. PROUST BROUARDEL Vuet permis d'imprimer :
Le Vice Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.