‹ Sur La Méthode Statistique et Son Emploi Dans Les Sciences MédicalesChapitre 18 sur 19 · A GONE · texte numérisé non relu

A GONE

demment ; et l’on n’a pas vu que l’on rapprochait des statistiques non comparables ; d’une part on a des cas reposant sur !e diagnostic clinique, et d’autre part des cas avec diagnostic bactériologique. Or, on sait qu’il y a un grand nombre de cas, comptés actuellement comme diphtéries par suite de la constatation du bacille de Læffler, qui n'auraient été auparavant comptés que comme des cas d’angine simple. (1)

L'année dernière parurent dansles journaux scientifiques les conclusions d’un statisticien anglais, qui, rapprochant les cas de syphilis relevés dans l’armée française de ceux plus nombreux constatés dans l’armée anglaise, en déduisait que la plus grande fréquence de l'affection chez les soldats anglais devait tenir à la non réglementation de la prostitution. Sans prendre parti, nous pouvons dire cependant que l’auteur avait rapproché deux statistiques non comparables. Dans un cas le mot armée comprend sous sa définition la réunion de tous les jeunes gens d’un pays, dans l’autre le même mot ne correspond plus qu’à une catégorie d'individus engagés et réengagés, faisant de la condition de soldat un métier et ayant par suite des mœurs, des habitudes, une vie entière tout à fait spéciales.

Voici la conclusion générale d’un rapport sur la diminution générale des cas morbides dans l’armée : « La mortalité générale de l’armée qui pour les sept années comprises entre 1880 et 1886 était de 8,43 en moyenne pour 4.009, n’a plus été pendant les sept années suivantes que de 6,63 pour 1.000; on peut inférer des résultats déjà connus que la mortalité générale ne dépasse pas, pour 1894, 6,20 pour 1000, tandis que la mortalité civile, pour les âges,

(1) Voir la thèse du Dr" Léon Meyer : Essai de classification des sérums, p. 47 et 48.

Page 1