DEUXIÈME MOT) F
te poids des impôts sera allégé d'un tiers en terris ordinaire.
On peut d’abord répondre qu’en thèse générale , la diminution des impôts ne soulage les contribuables que toutes autres choses égales . Si cette diminution entraîne la ruine de millions d individus , et l’anéantissement de tout crédit public , auquel le crédit particulier est intimement Lié ; si sur-tout par 1 annihilation subite d’une foule de fortunes et de capitaux circulans , elle
©père une stagnation funeste dans le commerce et l’industrie, enfin si elle sappe par les fondemens, l’amour et l'estime des Citoyens pour le gouvernement qui , dans une république , ne peut se soutenir que par leur appui , alors les contribuables , quoique payant moitié moins d’impôts , sont trois fois plus misérables , parce qu'ils ont proportionnellement beaucoup moins de quoi les payer.
En second lieu , il n’est aucunement dit qu’en rejettant le parti proposé , il faille renoncer au remboursement de la dette publique. J’indiquerai dans un travail séparé les moyens d’en opérer l’extinction , i°. par la vente sagement combinée des biens nationaux , 2°. par une caisse d'amortissement , d’après le plan détaillé que je donnerai également. Seulement l’amortissement de la dette , au lieu d’être violent , subit et forcé , sera doux , lent et volontaire.
Enfin , c’est une question qui n’est rien moins que décidée , si l’intérêt public n’exige pas dans un grand État une dette publique , mais modérée et peu onéreuse, moins pour procurer un emploi aux capitaux surabondons en quelques mains , et qui autrement iroient à l'étranger, que pour avoir toujours une classe de Citoyens attachés à la stabilité du gouvernement par un intérêt particulier. On doit se rappeller ici ce que Pitt répondit un jour en plein parlement à un orateur qui vouloit engager les créanciers de 1 État à offrir d’eux-mêmes et comme un sacrifice volontaire , une réduction de leurs créances. 33 Je serois fort fâché , s? dit-il, que les créanciers de l’État adoptassent cet 33 avis : qu'ils sachent que ce n’est pas pour eux , mais 33 pour son propre intérêt, que l’État est si exact à 33 acquitter leurs arrérages 3».
Cette question sur les avantages et les inconvéniens d'une dette nationale dans une république , fait partie de celle proposée par l’Institut national. J y avois travaillé Tannée dernière ; la difficulté de trouver une solution satisfaisante , m’y fit alors renoncer; je desire
que d’autres soient plus heureux. Mais jusqu'ici , rien n'est moins décidé que cet objet.