‹ Sur la Pathogenie du Diabète InsipideChapitre 13 sur 26 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(MOTZFELDT) Diurèse de 10 litres par jour ramenée à 1.500 cc. par 1 cc. de pituitrine

Il s’agit d’une femme de 39 ans ayant contracté la syphilis il y a huit ans. Depuis 4 ans ont apparu des signes cérébro-

spinaux.

Depuis six mois, apparition d’un diabète insipide avec émission de 7 à 10 litres d’urine par jour. Radiographie de la base du crâne normale.

Champ de vision normal.

Cystite, saleté, pipi au lit.

On pratique le test aux hydrates de carbone.

L'absorption de 200 gr. de lévulose est négative.

L’absorption de 300 gr. provoque des vomissements.

L’injection sous-cutanée de pituitrine fait tomber les urines à 1.500 cc.

Le pituglandol a la même action.

Les extraits de lobe antérieur restent sans effets.

nt —

J. ANDRIEU : Thèse Toulouse 1930

OBSERVATION IV (Professeur LAPORTE) Diurèse de 8 litres ramenée à 1 litre en 24 heures Madame H., 54 ans, dit que son diabète insipide aurait dé-

buté dans l’adolescence, de façon insidieuse et progressive.

Elle ne peut préciser davantage.

A 18 ans elle contracte la syphilis. Le diabète insipide

était antérieur à l’apparition de cette maladie.

De 20 à 40 ans elle urine en moyenne 12 litres par 24 heures. Elle n’a jamais eu ni sucre ni albumine dans ses urines.

Elle grossit peu à peu depuis l’âge de 20 ans.

Vue en mars 1929, cette malade se plaint de dyspnée et de malaises divers. Elle pèse 78 kilogs ; ses urines sont claires, normales. Sa tension est 20/9,5 au Vaquez. La malade pré-

sente des signes d’aortite chronique, le B.W. est négatif.

La diurèse varie de 4 à 8 litres par 24 heures. Un demi ce. d’'hypophyse la réduit à un litre et fait disparaître la soif pendant 15 heures, La malade se plaint de céphalées et d’in-

sommies fréquentes ; pas de troubles oculaires. M. le D' SENDRAIL note : Métabolisme basal: 29,3 (— 16 %). Test à l'insuline :

Glycémie initiale : 0,92 %.

Durée totale : 145 minutes.

Flèche : 0 gr. 25 %.

Aire : 18 cms2.

La malade ne veut pas se soumettre à un traitement régu-

lier et se plaint davantage de ses troubles circulatoires que de son diabète.

ANNEE OBSERVATION V (Professeur LAPORTE et Docteur RAYGASSE)

Diurèse de 6 à 10 litres par 24 heures ramenée à la normale

par 1/2 cc. d'extrait d'hypophyse

Mme N…., 46 ans (vue en mars 1919).

Cette malade fait remonter son diabète à l’année 1913. Au cours d’une grossesse gémellaire, la malade se plaint d’une soif ardente et d’une polyurie abondante. Elle affirme avoir mesuré trente litres d’urines émises en 24 heures, ceci n’a pas été contrôlé médicalement. Pendant deux ans elle s’est soumise au traitement hypophysaire mais de façon intermittente ; elle l’a ensuite abandonné. La diurèse toujours élevée varie d’une année à l’autre. De 1913 à 1916, elle oscille de 6 à 10 litres par 24 heures : les urines sont très claires, ni sucre, ni

albumine.

En 1916, la malade subit l’hytérectomie à la suite de métrorragies abondantes ; depuis cette époque elle grossit de 20 kgs, sa diurèse reste la même. Depuis, elle est sujette à des crises douloureuses abdominales, avec ballonnement du ventre et vomissements très abondants sans point douloureux précis.

M. le D' SENDRAIL note : Métabolisme basal : 34,5 (— 4%),

Test à l’insuline Glycémie initiale : 1 gr. 25 %.

Durée totale : 172 minutes.

Flèche : 0 gr. 55 %.

Aire : 47 cms2.

La malade revient au traitement par l’hypophyse en injections sous cutanées ; toujours efficaces : un 1/2 cc. d’hypophyse agit pendant 16 heures, ramenant la diurèse à la normale ; mais la malade ne suit pas régulièrement ce tra'-

tement,

OR

OBSERVATION VI (Professeur LAPORTE et Docteur LASSERRE)

Diurèse de 8 à 10 litres ramenée à un taux normal

par l'injection de 1 ce. de pituitrine par jour M. D.., jeune homme de 19 ans, charron.

Aucune maladie antérieure. En septembre 1927, le malade présente une polydyspsie très marquée et sa diurèse s’installe entre 8 et 9 litres. Ni sucre ni albumine dans les urines. L’appétit est normal, état général assez satisfaisant,

se plaint seulement de fatigue facile.

Il se soumet très irrégulièrement au traitement par l’hypophyse, sa diurèse est sensiblement normale avec 1 cc. matin et soir en injection sous-cutanée. Il essaye également les pulvérisations intra-nasales qui lui donnent un résultat favorable, mais moins net et qu’il ne continue pas. Le traitement par la bouche (comprimés) a eu une action réelle mais de durée plus courte et il abandonne ‘ce moyen facile de se traiter en raison des doses plus fortes

qu’il doit prendre, entraînant pour lui des frais plus élevés.

OBSERVATION VII (Professeur LAPORTE et Docteur LOMBEZ)

Diurèse de 10 litres par jour ramynée à la normale par 2 cc. rétropituine

Mme B... 38 ans. Aucun antécédent notable. A eu une fausse-couche. En novembre 1926 a eu des ennuis d’argent et éprouve d'autre part une émotion très vive à l’idée qu’il sera peut-être nécessaire d’amputer la jambe de son mari. Au même moment, elle constate qu’elle éprouve une soif

intense et qu’elle urine abondamment.

Elle grossit peu à peu: en 6 mois elle gagne 11 kilogs (58 à 69). Elle accuse du ballonnement du ventre, des vo-

RAA STE

missements faciles et des douleurs abdominales, plus mar. quées à droite, Dans ces conditions elle entre dans une clinique chirurgicale pour y être observée (octobre 1928).

Elle urine 10 litres d’urines par 24 heures, sans sucre ni albumine. T. A. normale, B.W. négatif. Etat général bon; légère obésité.

La malade reçoit par voie sous-cutanée un €c par jour puis deux ce de post-hypophyse ; les urines reviennent à la normale, la polydypsie disparaît ; l’état général s'améliore très vite. Elle maiïigrit de 6 kilogs en quelques mois. Elle essaie le traitement par prises nasales ; probablement parce

qu’il est mal fait, ce traitement ne donne aucun résultat.

Elle suit régulièrement son traitement par piqûres à la

dose de deux injections de 1 ec par jour.

OBSERVATION VIII (Service du Pr. RÉMOND, Bull. Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 11 octobre 1929 par SANDRAIL et R. DIENLAFÉJ Diabète d’origine traumatique

Diurèse allant jusqu'à 16 litres par jour, cédant à l’exitrait

de lobe postérieur et seulement à cet extrait

Louis.…, 56 ans. Hospitalisé dans le service du Pr. Rémond ; fut en 1917 projeté par un éclatement d’obus d’une hauteur de 7 mètres. Perte de connaissance fugace, nul signe de fracture du crâne. Peu de jours après, se déclanchaiïit une polyurie intense. Depuis lors, crises polydypsiques et polyuriques sans albuminerie, sans glycosurie, atteignant parfois 16 litres en 24 heures, cédant rapidement à l’administration de rétrohypophyse, et de ce seul extrait, ceux de lobe

antérieur et de tige pituitaire sont inefficaces. Crises comitiales rares, mais dont l’organicité a été vérifiée. Equivalents psycho-moteurs, automatisme ambulatoire,

céphalées au cours des paroxysmes polyuriques.

Selle turcique normale ; champ visuel concentriquement rétréci ; décoloration papillaire du côté temporal.

T.A. : 18/10; B. W. : négatif; urée sanguine : 0,35; azote résiduel : 0,22; cholestérinémie : 6,70; métabolisme basal : 26,2 (— 30 %).

Test d’hydrophilie tissulaire : temps de résorption : 35.

Test à l'insuline ::

Glycémie initiale : 1 gr. 30 %.

Durée totale : 212 minutes.

Flèche : 0,48 gr. %.

Aire : 51 cems2.

OBSERVATION IX (Docteur SENDRAIL)

Diurèse de 5 à 6 litres par jour peu modifiée par la rétrohypophyse

Maurice, 39 ans, admis à l'hôpital militaire en août 1928. Ancien paludéen qui contracte en 1925, au Maroc, une fièvre typhoïde grave avec enterorragies abondantes. Dès la convalescence s'installèrent les troubles qui ont persisté : chute des poils généralisée et polyurie sans albuminurie, ni

glycosurie et sans déperdition de poids.

Actuellement, face entièrement glabre, décalvation presque totale, dépilation des aisselles, touffes clairsemées de poils pubiens. Morphologie normale, activité génitale passable, pas de déficit intellectuel sensible.

Diurèse : 5 à 6 litres par jour, n’ayant jamais dépassée 10 litres, peu modifiée par la rétro-hypophyse ; polydypsie solidaire ; selle turcique normale, pas d’hémianopsie, fond d'œil : fibres à myeline.

B. W. négatif. Urée sanguine : 0,35; azote résiduel : 0,28; cholestérinémie : 155; métabolisme basal : 22,5 (— 43 %); test d’hydrophilie : 70 minutes,

Jp

Test à l'insuline :

Glycémie initiale : 1 gr. 05 %.

Durée totale : 247.

Flèche : 0 gr. 65 %.

Aire : 80 cems2.

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