‹ Sur la peladeChapitre 4 sur 4 · KI,A&E · texte numérisé non relu

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croyant que toutes les pelades sont parasîtah-es et co.n l'agi eu ses, on bien tenant à mettre, en toute hypothèse, leur responsabilité à l'abri de tout événement, appliquent indistinctement la loi d'exclusion à tous les peladîques.

Ce sont ces abus ds pouvoir médical, ces rigueurs excessives à Têgard de jeunes gens exclus des écoles ou des collèges, q ui ont vivement frappé notre cher collègue, M.Ollivier, et qui l'ont porté à saisir l'Académie de cette question dans deux mémoires successifs qu'il a lus devant vous, sous le titre de La pelade et técote, dansfes séances du 8 février et du 7 décembre 1887. {Loc. sup. cit.)

Sur ce point, ainsi que je l'ai dit déjà dans la discussion qui' a suivi la lecture de M. Ollivier, je disjoins soigneusement le travail de notre collègue en deux parts, la première purement scientifique sur laquelle la discussion reste à poursuivre d'ans une autre circonstance, s'il le désire ; la seconde, philanthropique et pratique, sur laquelle je le félicite et je l'approuve hautement. Oui, M. Ollivier a eu raison de faire l'agitation sur la questio» de la pelade ; oui, il fallait s'expliquer sur le rôle du système nerveux. Oui, il y a lieu, ainsi qu'il l'a demandé, de reviser les' règlements existants, lesquels, appliqués à la lettre, dépassent le but, et il faut donner aux médecins des établissements ou des services publics une base provisoire de jugement et d'action en attendant que les progrès de la question permettent d'instituer un règlement ferme.

Voici, Messieurs, les propositions que votre Gommissron a adoptées à l'unanimité ; en les rédigeant, elle s'est à la fois inspirée des exigences de la prophylaxie générale et de la considération des intérêts privés des peladiques, et cela dans une mesure très largement libérale^ non pas seulement par espritr philanthropique, mais encore en raison des obscurités de la question des pelades et des divergences d'opinions qui existent » son égard.

Instruction provisoire sur les mesures a prendre a l'Egard des sujets atteints de pelade.

Mesures de prophylaxie générale.

Dans toua les établissements publics, asiles, écoles «ïttnici'pal'es', pensions, lycées, écoles supérieures, corps de troupe, adminis-

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tralions, et généralement dans toutes les agglomérations, aucun sujet atteint de pelade ne peut réclamer son admission ou sa conservation comme un droit. Cette admission ou cette conservation restent subordonnées aux résultats de l'enquête ouverte par les médecins particuliers à chacun de ces groupes.

Pour les cas où l'intéressé n'accepterait pas la décision de ces médecins, ou si ceux-ci déclinaient la responsabilité à encourir, la question serait portée devant une commission compétente nommée par l'autorité supérieure.

II. — Les mesures de prophylaxie générale doivent êtredirigées de manière à protéger les sujets sains contre les contacts médiats ou immédiats avec les régions atteintes de pelade.

Les contacts immédiats seront évités, en maintenant la tête des peladiques couverte, ou au moins en oblitérant exactement la surface malade ; les bonnets, les perruques partielles ou totales, les emplâtres aggliitinatifs, les enduits de coUodion ou de traumaticine, etc., peuvent être utilisés selon les diverses circonstances.

Sans parler de la thérapeutique à employer, qui doit être laissée à la direction absolument indépendante du médecin traitant, il est nécessaire de dire que l'exécution de ce traitement a une importance de premier ordre dans la prophylaxie générale de la pelade. Le sujet peladique, régulièrement soigné et soumis à des mesures de propreté convenables, représente le minimum possible de danger pour les sujets sains avec lesquels i! peut être mis en rapport.

Concourent au même but^ tous les moyens de nettoyage et de propreté qui doivent être strictement appliqués aux peladiques :

Pendant toute la durée de la maladie, ils auront les cheveux tenus courts sur toute la tète; la bai be sera rasée ou coupée rase aux ciseaux; chaque matin, les parties malades seront exactement lavées à l'eau chaude et au savon, sans préjudice des moyens thérapeutiques que le médecin traitant jugera utile d'appliquer et dont il conserve la plus libre disposition. Ces mesures ont pour seul but d'éliminer régulièrement de la surface de la tête tout élément qui y serait déposé, et qui pourrait être un agent de transmission ; elles sont absolument de rigueur.

Il sera prudent de les continuer longtemps après la guérison contirmée, non seulement pour assurer celle-ci, mais encore pour prémunir les sujets sains contre la contamination directe ou indirecte, au cas, très fréquent, de guérison imparfaite ou de récidive.

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On s'attachera avec autant de soin à mettre les sujets pains à l'abri du contact, particulièrement sur la tête ou sur la fnce^ avec les objets ayant été en rapport avec les parties malades ; on interdira et on préviendra par les mesures appropriées, soit dans les familles, soit dans les divers établissements, l'échange des coiffures, la communauté des objets de literie, particulièrement des oreillers, traversins, lits de camp, a(jpuis de tète divers, et l'on devra au moins les recouvrir, si l'on est obligé de s'en servir, de linge appartenant au sujet sain.

Tous les objets ayant été en contact avec la tète des peladiques seront désinfectés, sinon détruits. Cette mesure est nécessaire, même pour le peladique, qui peut être réinfecté par ses propres coiffures.

Les objets de toilette du sujet malade doivent lui être réservés exclusivement ; il ne serait pas inutile d'aviser les coiffeurs que cette mesure est de rigueur pour tout chent sur la tête duquel existe une plaque de pelade, maladie qu'ils connaissent très bien. Dans les agglomérations oii la tondeuse est en usage, celle-ci sera momentanément abandonnée aussitôt qu'on aura constaté l'existence d'un peladique dans le groupe auquel elle sert ; en tout temps, il serait bien de la désinfecter par immersion et mise en action dans l'huile ou dans la glycérine portées à l'ébullition ; les ciseaux ordinaires imbibés d'alcool pourront être aisément et rapidement flambés.

Enfin, on portera quelque attention, dans la recherche de l'origine des pelades, sur l'état des animaux domestiques.

Mesures de prophylaxie spéciale.

III. — Chaque sujet atteint de pelade fera l'objet d'une enquête médicale qui aura surtout pour but de rechercher par une analyse attentive du cas particulier, les conditions dans lesquelles la maladie s'est développée, ses origines probables ou certaines, et de déterminer la période à laquelle est arrivée l'affection. Son ancienneté, son état stationnaire, le bon état du cuir chevelu en dehors de la portion dénudée, sa réparation manifestement en voie d'exécution, sont au nombre des conditions qui permettront l'admission ou la conservation sous certaines réserves qui seront formulées; les circonstances opposées, le début récent, l'augment

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manifeste, la multiplicité des plaques alopéciques et le peu d'adhérence des cheveux alentour motiveront, au contraire, la non-admission, le renvoi ou l'isolement temporaires. Dans [ application, dont le détail va être indiqué, les règles pourront être modifiées par le médecin selon les différentes conditions et les cas particuliers et toutes les fois où il le jugera utile.

IV. — Pour les asiles et les écoles de la première enfance, la non admission, l'exclusion, ou l'isolement effectif seront la règle, parce que la rigueur de ces mesures n'a pas pour les enfants de cet âge la même gravité que pour ceux qui sont plus avancés, et parce qu'il est impossible de compter en rien sur leur concours,

V. — Dans les écoles primaires, il sera possible d'admettre les^ peladiques, à la condition qu'ils demeurent séparés pendant les classes, isolés pendant les récréations, soumis à un traitement a,pproprié et aux mesures de propreté ci-dessus indiquées, enfin qu'ils auront la tête couverte toutes les fois que l'étendue et le nombre des plaques alopéciées ne permettront pas d'en faire l'occlusion effective.

VL — Pour tous lea externats, les peladeux peuvent être admis aux classes et aux cours à des conditions analogues; la récréation et l'étude en commun sont souujises à une surveillance particulière sous la direction du médecin de rétablissement. Les élèves auront la tête couverte par une perruque, si les plaques peladiques sont nombreuses et étendues, ou un bonnet dans les cas moins intenses.

Yll. — Pour lesinternats, écoles supérieures, école3spéciales,etc., la surveillance pouvant être exercée encore plus utilement que dans les conditions de l'article précédent par le médecin attaché, et l'âge des sujets pouvant permettre de compter sur leur concours, on ne prononcera la non-admission ou l'exclusion temporaires que rarement et pour des cas particulièrement intenses.

— Presque toujours les jeunes peladiques pourront être conservés, à la condition que leurs parents acceptent les mesures auxquelles ils devront être soumis, la surveillance et les soins du médecin de l'établissement, qu'il soit pris, aux récréations ou au dortoir, des mesures de précautions appropriées, et qu'ils aient la tête couverte d'une perruque ou d'un bonnet.

Si ces mesures, dont le degré sera réglé par l'intensité de la maladie, ne sont pas applicables dans un établissement en particulier, on aura toujours la ressource de conserver les peladiques comme externes.

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Vill. — Dans les agglomérations mililaires, l'exécution des règlements en vigueur permet de donner satisfaction à toutes les exigences du service et de préserver les sujets sains, ainsi que cela se pratique dans l'armée de mer et dans l'armée de terre (1).

Les hommes reconnus peladiqiies sont envoyés à l'hôpital;

(1) Voici l'exposé des mesures prises par l'autorité militaire à l'égard de l'armée de Paris. On verra avec quelle sûreté et quelle précision ces mesures ont été dirigées, en même temps qu'elles établissent qu'en ce qui concerne l'armée les règlements en vigueur suffisent parfaitement à pourvoir à toutes les exigences, et qu'on sait en modifier la lettre conformément aux progrès incessants de la science médicale. Nous donnons textuellement le fragment du rapport fait par notre savant collègue et ami, M. Léon Colin, au ministre de la guerre, en ce qui concerne la prophylaxie; il n'a absolument rien à y retrancher ni à y ajouter.

Malgré les doutes émis par divers auteurs sur la réalité du rôle de la contagion, il n'est venu à l'esprit d'aucim des médecins de l'armée de Paris l'idée d'agir autrement que si ce rôle eût été certain.

La première pensée de tons les médecins chefs de service a été de rendre inoffensifs les hommes reconnus atteints et les douteux.

Les mesures ont eu pour bat principal : 'l" l'isolement des soldats; 2" l'application d'une série de moyens comprenant l'hygiène particulière du peladeux et de ceux qui l'entourent.

1* Isolement. — En ce qui concerne le régiment de sapeurs-pompiers : TU le nombre élevé des malades avérés et douteux; vu la nécessité de couper court à une expansion épidémiquc rapide; vu l'absence à l'infirmerie et dans les deux quartiers des locaux d'isolement, c'est par leur envoi à l'hôpital du Val-de-Gràce, et leur installation dans un service spécial, que la grande majorité des malades a été séparée du reste de l'effectif du corps et de la garnison.

Cette mesure, à l'égard des sapeurs-pompiers, s'imposait d'autant mietiT qu'il importait tout particulièrement de les éloigner de leur service habituel, si particulièrement propice à la propagation d'une maladie contagieuse par la circonstance suivante, qui se renouvelle quotidiennement : dissémination des hommes en de nombreux petits postes où ils se succèdent chaquejour, se transmettemt l'un à l'autre les mômes objets de literie.

Pour les autres corps de troupes, l'isolement à l'hôpital s'imposait beaucoup moins; au régiment de la garde républicaine, au 1" régiment da génie, les malades et les douteux ont été installés en des chambres spéciales de l'infirmerie.

Cet isolemejit peut se faire à la rigueur en dehors même de l'infirmerie. En réunissant, dans une chambre spéciale du quartier, les militaires atteints de pelade, on écarte pour tous les autres le principal danger, celui de leur literie, de leurs vêtements et, en particulier, de leur coiOure; et si les plaques de ces malades sont en même temps soumises à l'applicaliou de quelque topique approprié, ils ont toute chance de redevenir inoffensifs pour leurs camarades et de pouvoir satisfaire à toutes les obligations professionnelles, à l'exception du service da garde, dont j'ai demandé pour eux la dis-

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les suspects sont momentanément isolés et mis en observation en même temps que l'on prend toutes les mesures de désinfection et de prophylaxie appropriées, nettoyage de la tête, suspension de l'usage de la tondeuse, flambage des ciseaux du perruquier après chaque opération, interdiction des échanges de coiffure, objets de toilette particuliers à chaque homme, surveillance des , lits de camp, etc.

IX. — Dans tous les cas oia des sujets peladiques conservés par tolérance seront devenus le point de départ manifeste de cas nouveaux, cette tolérance cessera aussitôt la constatation d'un foyer, laquelle entraîne de plein droit l'élimination immédiate de tous les malades.

pense en raison des inconvénients de leur séjour, de nuit surtout, en des postes communs.

20 Moyens hygiéniques. — Les mesures suivantes ont été immédiatement prescrites et exécutées au régiment de sapeurs-pompiers : II fut interdit aux hommes de changer de coiffure. Chez tous, les cheveux furent coupés ras.

Chez tous également, lotions savonneuses de la tête tous les deux jours. L'usage des tondeuses fut supprimé, et ces instruments renfermés en magasin.

Les perruquiers du régiment reçurent l'ordre de se servir pour chaque homme de la serviette, de la brosse et du peigne personnels; de ne jamais se servir de cosmétique ; après chaque coupe de cheveux, de se laver les mains et de flamber les ciseaux au gaz.

Des précautions spéciales devraient être prises à l'égard du mobilier, et spécialement de la literie des postes occupés chaque soir par les sapeurspompiers.

Les différentes administrations, théâtrales ou autres, auxquelles incombent les fournitures mobilières des postes disséminés en ville furent invitées à renouveler ces fournitures et à les désinfecter périodiquement par les vapeurs de soufre. En même temps, il était prescrit aux hommes de recouvrir chaque soir le traversin avec leur serviette personnelle.

Des mesures analogues ont été prises dans les autres régiments particulièrement atteints.

Paria. —

Imprimerie G. RonaiBR et C, rue Cassette, 1.

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