‹ Sur la peladeChapitre 3 sur 4 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

iiafi

De 1 873 à 1 883 , les éléments de cette statistique ont été recueillis par le très regretté Auspitz, — de 1884 à i887, par l'éminent directeur actuel, Hebra.

- A Berlin, le professeur Schweninger a compté 9 cas sur 1,050 malades, c'est-à-dire presque un pour cent; et le professeur Koebner(1) 30 cas sur 3,008 affections cutanées, c'est-à-dire un pour certt. - Pour la même ville, le docteur Lassar, qui ne compte ni les syphilitiques ni les vénériens, relève pour 2,340 malades ^'affections cutanées, 48 cas d'alopecia areata, c'est-à-dire 2,05 pour cent.

A Leipzig, le D"" Lesser compte pour sa policlinique, de 1882 à 4888, 4,393 cas d'affections cutanées, et 33 cas d'alopecia areata, soit 0,7 p. 100; et pour sa pratique privée, de 1883 à 1888, 1,035 cas d'affections cutanées, comprenant 24 cas d'alopecia areata, soit un peu plus de 2 p. 100, ce qui rappelle la remarque du professeur Kaposi que nous avons rapportée tout à l'heure.

Ainsi donc, les écarts de proportion, eu égard à la fréquence comparée de la pelade, varient dans la mesure de un demi à trois pour cent, ce qu'on ne trouverait certainement pas pour une affection trophonévrotique pure, laquelle n'aurait aucune

(1) Block. Rapport sur trois mille cas de maladies de la peau observés dans leiservice du professeur Koeener, à Berlin. Analyse clinique avec re-marques thérapeutiques. Berlin, 1887.

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raison d'être plus fréquente à Paris qu'à Vienne, à Lille on à ' Berlin qu'à Hambourg, etc.

Celte même inégalité et cette variabilité se retrouvent partout, n"on pas seulement dans des pays divers, mais dans un même pays; je vais le montrer en dépouillant sommairement devant vous les rapports officiels adressés à l'Académie par ,MM. les Ministres de la marine et de la guerre.

Pour l'armée de mer, les rapports des médecins en chef, portent sur les cinq dernières années ; ils sont bien faits pour montrer que la pelade n'est pas une maladie ubiquitaire et partout égale, comme le devrait être une trophonévrose, et qu'elle forme, én outre, dans les armées, des foyers selon les mêmes conditions que pour la population civile.

A Cherbourg, le rapport du D'Dugéde Bernonville ne signale, en cinq années, que trois cas de pelade pour troupes de toute catégorie. Pour la même ville et pour cette année, un travail particulier du D' GouzER, adressé à notre collègue, M. Le Roy de MÉRicouRT, signale huit peladiques, un officier de marine, un soldat du 25° de ligne, quatre musiciens et un soldat du 136" de ligne (1).

Rochefort-sur-Mer(D''DupLODY) et Lorient (D' Lucas). — Les rapports pour les cihq dernières années sont entièrement négatifs.

Toulon. — Rapportdu D"" Bér'enger-Féraud. A peu près complètement négatif : il n'y a de pelade ni dans l'artillerie, ni dans l'infanterie de marine. Depuis 1886, quatre cas dans la division des équipages de la flotte ; là, comme dans tous les ports, aussitôt constatés, les cas de pelade sont isolés et le§ malades envoyés à l'hôpital, dès qu'ils ont été reconnus.

Brest. — Rapport du D''Barthélemy. On ne peut donner de chiffres qu'à partir de 1887, car jusque-là toutes les affections du cuir chevelu, considérées com-me contagieuses, constatées à l'arrivée au corps, ou développées après l'incorporation, étaient simplement désignées sous lè nom de teignes.

Dans l'année 1887, on a noté six peladiques adultes et dix aux pupilles de la marine..

Depuis quelque temps, la pelade paraît augmenter dans l'infan-

(1) D'après le dénombrement fait par notre distingué confrère, ces cas seraient sans liaison, plusieurs soldats paraissant avoir contracté la maladie avant l'arrivée au corps, iet un seul pouvaut être considéré comme ayant été contagionné après son arrivée au régiment.

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terie de marine et chez les pupilles, non pour les autres corps.

Pour l'armée de Paris, l'enquête poursuivie au mois de juin 1888 ne donne comme chiffre actuel que cinquante-huit cas de pelade, dont vingt appartiennent au régiment de sapeurs-pompiers, et trente-huit seulement à l'armée entière de Paris et de Versailles, c'est-à-dire à la totalité des troupes du gouvernement de Paris, le régiment de sapeurs-pompiers excepté.

Le tableau suivant réunit les éléments de cette enquête :

i" Garnison de Paris :

Garde républicaine 4 cas.

31" régiment d'infanterie 1

76» — 1 (ancien)

101° — » cas.

6° régiment de cuirassiers 1

1 4° régiment de dragons «

l" compagnie de cavalerie de remonte ..... »

Batteries d'artillerie de la division de cavalerie. . »

19» escadron du train des équipages 6

(Plus 2 anciens.)

1" régiment du génie (Panthémonl) »

20o section de secrétaires d'état-major »

22* section de commis et d'ouvriers d'administration. 4

22° section d'infirmiers (Dépôt) »

— (Val-de-Gràce) 2

— (Gros-Caillou) »

— (Saint-Marlin) »

2° Garnison de Versailles :

régiment du génie

(13 cas avaient été signalés, je les ai vus à l'infirmerie du corps, 8 au moins sont douteux.) 11° régiment d'artillerie ....

5 cas.

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3* régiment de cuirassiers

6 cas.

(Plus 3 douteux que j'ai examinés à l'infirmerie

du corps.) 20" bataillon de chasseurs 19" escadron du train. .

(Plus 1 douteux.)

24» section d'infirmiers

24» section de commis d'administration 3" compagnie d'artificiers

Quand on examine ce tableau et que l'on voit le grand nombre de corps entiers intacts, et les cas groupés dans quelques autres, on ne peut pas ne pas remarquer, ainsi que le signale M. Léon Colin dans son rapport au ministre de la guerre qu'il indique bien nettement, qu'il ne s'agit pas^pour cette affection, d'une étiologie banale et commune, mais d'une cause spécifique.

(c Bien que, dit notre savant collègue, le petit nombre des cas témoî- " gne que, dans les conditions habituelles, la contagiosité de cette affection est faible, ce qui plaide, en faveur de la spécificité de cause, c'est, malgré la similitude des conditions de recrutement, de service, d'hygiène, l'immunité de certains corps de troupe, l'existence de véritables foyers en certains autres. Comparons des régiments de mêmearmeoù les hommes se ressemblent si étroitement comme force, taille, alimentation, genre de coiffure, etc. : pas un cas au 6« régiment de cuirassiers en garnison à l'École militaire : un petit foyer (9 cas) au 3^ régiment de la même arme à Versailles. »

Je ne prolongerai pas. Messieurs, cette énumération qui pourrait devenir fastidieuse; je n'ajouterai qu'une dernière observation, c'est que, non seulement dans quelques villes et dans un grand nombre de localités, on chercherait en vain la pelade, mais da;ns une même ville, et dans des villes diverses, des agglomérations d'individus sont et demeurent indemnes.

A Paris, M. Bucquoy a signalé à la Commission, que des diverses institutions dans lesquelles il avait été à môme d'observer, la seule dans laquelle il n'ait jamais rencontn^ la pelade était au centre de Paris, le grand séminaire de Saint-Sulpice, établissement fermé dans lequel ne font cependant défaut ni le surmenage intellectuel, ni les graves préoccupations d'une décision qui enchaîne l'existence entière. J'ajouterai, pour ma part, que, parmi mes peladiques de la ville, j'ai compté et je compte quelques

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ecclésiastiques, particulièrement pour ne pas dire exclusivement de ceux qui sont attachés aux établissements d'enseignement.

Tous ces faits montrent assez, je pense, que les allures générales de la pelade n'ont riea des trophonévroses pures , mais qu'elles côtoient étroitement celles qui appartiennent aux teignes proprement dites, de même que dans le phénomène de la transmissibilité que nous allons à présent examiner.

§ II. — De la transmissibilité de la pelade.

L'espèce d'alopécie à laquelle convient le terme de pelade sans qualificatif, celle que nous visons particulièrement ici, la plus commune, la pelade vulgaire, est transmissible, mais à sa manière, et avec toutes les irrégularités, les inégalités, les contradictions, les obscurités qui se retrouvent partout dans l'histoire de cette maladie.

Aussi, en raison même de ce mode éventuel qui lui appartient, la contagiosité de la maladie est régulièrement méconnue par tous ceux qui commencent son étude, et qui sont tout d'abord frappés par la masse des faits négatifs, rendue pour eux plus apparente que réelle par cela même qu'ils ne sont pas encore complètement rompus aux difficultés de ces études toutes spéciales.

Comme la plupart de mes collègues de l'hôpital Saint-Louis j'ai commencé par être anlicontagionniste, mais, comme eux, j'ai cédé à l'évidence des faits que j'ai observés ou que les autres ont constatés.

En France, la négation de la contagiosité de la pelade a été tout d'abord, et surtout, formulée par M. Horand dans un travail très remarquable que j'ai cité plus haut, qui date de 1874, et dans lequel l'auteur range délibérément la pelade parmi les affections cutanées de cause nerveuse et non dans la classe des teignes. M. HoRAND est le véritable précurseur de M. Ollivier; son travail contient tout ce que notre savant collègue a énuméré dans le sien, et beaucoup d'autres choses encore, telles que des expériences négatives d'inoculation à de jeunes chiens, et sur un jeune enfant. Sur la négation de l'utilité des mesures de prophylaxie il est tout aussi explicite, et beaucoup plus radical que M, Ollivier :

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« Pour nous, dit-il, la pelade n'est nullement contagieuse, car nous avons eu bien souvent l'occasion de traiter dans notre service dçs ,en-, fants atteints de pelade, et quoique leur séjour au milieu d'autres enfants ait été longtemps prolongé, nous n'avons jamais vu cette maladie se communiquer àla manière du favus ou de l'herpès tonsurant»' Aussi ne nous a-t-il pas paru nécessaire de les isoler, ainsi qu'on le fait pour les enfants atteints des deux teignes précédentes mais surtout de la seconde. »

Cela est parfaitement exact, M. Lailler l'a reconnu après M. HoRAND, et M. Ollivier après M. Lailler, la pelade ne se propage pas dans les services hospitaliers, parce que, d'habitude, les enfants y sont nettoyés, lavés, traités, et que ces soins suffisent, nous le verrons, pour annihiler sa faculté contagieuse.

Mais, Messieurs, M. Hardy, et moi-même, avons déjà développé tout cela devant vous au mois de décembre dernier, et nous avons consigné au Bulletin (1) les faits irréfragables de transmission contagieuse de la pelade, les épidémies de famille, de maison, d'école, de régiment, qui lui sont propres ainsi qu'à toutes les maladies transmissibles. Je vais en produire quelques nouveaux exemples, seulement comme types.

A. Deux faits observés par moi, en juin et en juillet. Un jeune enfant, atteint d'une plaque de pelade, sort pour raison extra- •' médicale d'un collège où on l'avait accepté muni d'un certificat de médecin constatant que sa maladie n'était pas contagieuse; grâce à ce document, il est admis dans une pension particulière, où il contamine rapidement son voisin de classe et d'étude, avec qui ils échangent continuellement leur coiffure. J'ai constaté les faits, et reçu les doléances énergiques du maître de pension et des parents de l'enfant contaminé.

Un élève d'une école très connue de Paris, où il était conservé malgré une plaque de pelade, revient dans sa famille où, manquant de lits, on le couche avec un frère plus jeune sur un même traversin sans oreillers. L'arrivant portait une plaque de pelade à l'une des régions latérales du cuir chevelu; trois semaines après, le frère avait une plaque de pelade au point de contact homologue. Les enfants n'avaient couché que deux jours ensemble.

(1) Bulletin de l'Académie, séances du 7 décembre 1887, p. 725; — des 20 et 27 décembre 1887, p. 861 et 863.

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. B. Type pris dans la communication de M. Leloir {loc. cit. sup.) :

-M. X..., vingt-six ans, étudiant en pharmacie, de très belle santé apparente, est atteint, depuis trois ans, de pelade de la barbe. Il vint me consulter en 1885, parce que la pelade a envahi son cuir chevelu. Quelques mois après, il m'amène son ami intime, qui partageait le même logement que lui ; cet ami est atteint, depuis quelques semaines, d'îlots de pelade achromique du cuir chevelu. Plusieurs mois après, cet ami venait, à son tour, m' amener sa maîtresse, atteinte depuis quelques jours d'îlots de pelade achromique. Mais ce n'est pas tout. Avant de me consulter, X... avait été passer chez lui les vacances de Pâques. II n'avait pris aucune précaution, se servant des peignes, brosses, etc., de ses parents, de ses frères et de ses sœurs. Plusieurs mois après son retour de vacances, X... vient m'annoncer que sa mère, un de ses jeunes frères et sa petite sœur sont atteints de pelade, ce que je ne tardai pas à constater quand il me les amena pour les soigner.

C. A Brest, écrit M. le Barthélémy, directeur du service de santé, « dans l'infanterie de marine, les cas observés sont survenus manifestement, en 1887, à la suite de l'arrivée au corps d'un peladé venant d'Angers; la contagion a été des plus nettes pour un soldat parent d'un médecin.

Aux pupilles, les premiers cas de pelade observés ont coïncidé avec l'arrivée dans cet établissement de deux enfants venant de Sainl- Brieuc, ayant la tête aux trois quarts dénudée. Depuis cette époque, les cas se sont multipliés singulièrement, et ont eu pour cause de propagation efficace le trop grand rapprochement des lits dans des dortoirs communs à tous, et probablement l'échange fréquent des bonnets entre enfants, soit par erreur, soit dans leurs jeux, peut-être aussi par calcul, et pour contracter une maladie qui les faisait diriger sur l'hôpital, et pouvait les faire renvoyer dans leur famille. Un médecin de 2° classe de la marine, employé dans les salles de maladies cutanées, a eu la pelade; il est porté à croire qu'il l'a contractée dans les salles. »

/>. Dans l'armée de Paris, indépendamment des foyers régimentaires indiqués dans le tableau ci-dessus, nous avons à signaler les foyers peladiques constatés à partir dm mois de mai de cette année dans divers casernements du régiment de sapeurs-pompiers, et .«ignalés d'abord à M. le médecin-inspecteur, Léon Colin, par M. le médecin-major de première classe Millet. Défalcation, faite avec une extrême sévérité, de tous les faits douteux ou certainement non peladiques, le nombre des hommes vraiment atteints

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a été fixé à vingt par M. le médecin-major Millet, et par M. le médecin-major Vautrin, chargé du service spécial au Val-de-Gràce. Un rapport sommaire sur cette épidémie a été fait au conseil d'hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, le 22 juin 1888, par notre savant collègue et ami M. Léon Colin, et publié dans le Bulletin municipal officiel du 24 juin 1888, page 1421.

« Cette petite épidémie (écrit M. Léon Colin dans son Rapport officiel au ministre de la guerre) nous semble fournir l'argument le plus convaincant en faveur de la contagion de la pelade, précisément par la prédominance de l'affectioa parmi les sapeurs-pompiers, c'est-à-dire dans le régiment de Paris qui, par sa dissémination sur l'ensemble de la ville, est en rapport le plus complet et le plus intime avec la population civile; régiment où, eu outre, du fait des obligations du service, les hommes sont plus particulièrement exposés aux dangers de la contagion mutuelle, les sapeurs-pompiers étant chaque soir dispersés, soit par unités, soit par petits groupes, en des postes où la même literie, et en particulier le même traversin, leur est successivement affecté.

Le rôle intermédiaire de ce dernier objet de couchage semble d'autant mieux avoir été prédominant, que la majorité des hommes atteints, comme l'ont observé avec nous nos savants collègues de l'hôpital Saint-Louis, le sont à la partie postérieure du crâne ou à la nuque.

Ceci soit dit sans prétendre réduire à néant l'influence qu'a pu avoir, ici comme dans les autres corps de troupes, l'usage de certains objets communs, notamment de la tondeuse. »

Enfin, Messieurs, j'aurai, je pense, achevé de fixer votre conviction,en ajoutant que tous les médecins de l'hôpital Saint-Louis qui y enseignent aujourd'hui, sans exception, aussi bien que ceux qui, y ayant vieilli, en sont sortis à la limite d'âge, tous, à l'exception de notre collègue, M. Ollivier, qui nous a quittés après un séjour de quelques années, tous considèrent, du fait de l'observation clinique, que la pelade ordinaire, commune, vulgaire, celle qu'on rencontre partout dans les centres d'agglomérations, écoles primaires, asiles, ouvroirs, ateliers, couvents, pensions, collèges, écoles supérieures, casernements, etc., peut se transmettre de l'individu malade à l'individu sain, c'est-à-dire être contagieuse.

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Ce que j'ai dit plus haul de la conlagiosilé d* .la pelade est plus que suffisant pour établir que des mesures de prophylaxie s'imposent. Mais, n'ayant pas de parasite-témoin, ni d'inoculation démonstrative, je ne puis, pour essayer de donner de ■cette contagiosité une foa'mule numérique quelconque, avoir recours qu'à l'enquête clinique, et je ne puis aussi mieux faire que de choisir, pour cet objet, la publication la plus récente qui ait été produite sur cette question, celle de M. Leloir. Sur 92 cas de pelade dans lesquels il a pu « éta.blir une enquête suffisamment précise et prolongée pour que l'observation présentât une réelle valeur scientifique », notre collègue en a trouvé 21 dans lesquels la source contagieuse n'a pu être mise en doute. Sur les Ti cas restant, 35 fois il a noté une source nerveuse manifeste et 35 fois il n'a pu arriver à aucune conclusion.

En admettant même que tous les cas dans lesquels on n'a pas pu trouver la source contagieuse n'aient pas été contractés, cela ferait 22 pour 100 de pelades à origine contagieuse, c'est-àdire plus qu'il n'en faut pour montrer à quel point il est nécessaire de prémunir les sujets sains, qui ont vingt-deux chances sur cent de contracter cette maladie.

Je serais beaucoup plus embarrassé pour répondre à la question suivante : Sur tant de pelades, combien y en a-t-il qui sont la source connue de transmission contagieuse? Celte contagion, en efi'et, le plus souvent indirecte, ne s'everce que selon des conditions complexes, au prorata de la réceptivité individuelle ; ses défaillances apparentes sont très nombreuses, et, si ce n'est la lèpre, je ne vois guère de maladies dans lesquelles les partisans de la génération spontanée des affections transmissibles puissent trouver un cortège plus imposant de faits négatifs.

Dans les consultations hospitalières, surtout pour une ville immense co.mme Paris, la recherche de la paternité de la pelade est extrêmement laborieuse, et c'est là où l'on peut le plus aisément luire collection de ces faits négatifs.

En réalité, la transmission dé la pelade est infiniment inégale et irrégulière; parfois, elle s'exerce avec une extrême facilité, tandis que, dans d'autres circonstances, elle rencontre la plus extrême

dil'licullé ; Voici deux enfants âttei.ials de pelade dans une institutiol» des environs de Paris, renvoyés tous les deux dans leur famill* respective. L'un d'eux contagioTine immédiatement son frère. Mais l'autre enfant? Il a été également ireslitué à la famille, aucune précaution spéciale, sauf le traitement, n'a été prise, «4 bien qu'il ait des frères et des sœurs, jjersonne n'a été contaminé dans la maison. Voilà, le paradoxe de contagiosité. Mais affîrmerez-vous pour cela que ce second cas est vraiment resté stérile? Non, car si le perruquier chez lequel on a mené l'enfant se fair« tondre se sert pour le public des objets qu'il vient d'employer pour le peladique, et particulièrement de la brosse banale avec laquelle nos coiffeurs frictionnent si rudement le cuir chevelu de leurs clients, il pourra infecter un plus ou moins grand nombre de personnes qui n'auront eu aucun rapport direct avec le sujet peladique et qui ignoreront forcément la source où ils ont pu contracter leur maladie. Interrogez les individus qui ont exclusivement la pelade de la barbe, et si vous en trouvez qui ne soient pas rasés habituellement par le barbier, ou qui ne l'aient pas été peu avant le développement de la maladie, cherchez avec ténacité dans la famille ou dans les relations, même les plus dissimulées >da patient, et vous n'aurez pas toujours cherché en vain.

Un seul fait subsiste, c'est qu'un grand nombre de cas de pelade restent stériles, au moins directement, pour des raisons diverses, dont plusieurs nous échappent; nous ne manquerons pas d'en tenir compte dans le degré qu'il convient d'apporter aux mesures de prophylaxie publique ou privée.

Tous les individus n'ont pas la même réceptivité peladique et ne présentent pas les mêmes prédispositions nerveuses, ni les mêmes conditionsanatomiques locales. Hebra a faitcette remarcpie que l'alopécie du cuir se développait sur les sujets qui ont la chevelure la plus luxuriante ; il n'est pas très ordinaire, en effet, de voir la pelade s'associer aux autres alopécies atrophiques, et tel sujet dont la barbe vigoureuse est labourée par la pelade n'en présentera aucune trace sur son cuir chevelu dépouillé par une calvitie précoce on sénile. La succulence des poils et leur vigueur semblent loin d'être un obstacle à leur envahissement par l'élément pela-

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dique, et c'est là encore un point qui rapproche infiniment plus cette maladie des teignes que des atrophies essentielles.

Ce n'est pas le peladique directement, surtout celui qui est connu, vu, signalé (et il n'y a pas de maladie plus évidente) qui est habituellement l'agent immédiat de la transmission contagieuse, mais bien tous ses objets à usage.

M. Hardy vous en a rapporté un exemple bien topique emprunté à la relation si intéressante [infra cit.) du D"" Coustan sur l'épidémie régimentaire de pelade qu'il a observée.

Il s'agit d'un soldat atteint de pelade et obtenant son congé définitif; le 7 juin, il verse son képi dans le magasin d'habillement; le 9 juin (deux jours après), ce képi e!=t donné par erreur à un arrivant et, quinze jours plus tard, ce soldat vient montrer au médecin une plaque de pelade placée au même endroit que celle qui avait été observée sur la tète du libéré. Le D' Coustan ajoute que l'ofïîcier d'habillement, qui maniait les habits et les képis au magasin et qui avait une barbe noire, bien fournie, eut le chagrin de la voir défigurée par des plaques de pelade.

Le fait d'avoir soi-même la tête couverte, ou de couvrir celle du peladique, est un élément de protection de premier ordre; c'est pour cette raison que la maladie s'observe moins fréquemment chez la femme, et que la contamination connubiale est si rarement constatée. Je n'ai jamais observé de pelade chez les religieuses hospitalières, et j'en ai bien rarement rencontré chez des femmes qui, n ayant pas de contage direct à suspecter, n'avaient jamais recours au coifTeur. Tout cela est nécessaire à indiquer au moins sommairement, comme je le fais ici, pour interpréter exactement les mesures de prophylaxie que nous indiquerons tout à l'heure.

De même, l'observation la plus simple et la plus rapide montre que la plupart des peladiques dont la maladie reste stérile au point de vue de la transmission directe, immédiate, sont ceux dont la tête est convenablement enduite d'un corps huileux, régulièrement lavée chaque jour, et d'ailleurs soumise aux pratiques locales d'un traitement approprié.

En résumé, quelquefois directe, la contagion de la pelade semble le plus souvent être indirecte ; les objets de toilette, les ustensiles du coiffeur, les coiffures échangées, les oreillers, traversins, dossiers de meubles, appuis de tête dans les voitures publiques, chez le barbier ou chez le dentiste, etc., voilà, de l'aveu unanime, les agents de transport du contage peladique les plus habituels ; nous en conserverons note tout à l'heure quand il

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s'agira de régler la prophylaxie, et cela nous permettra d'en adoucir considérablement les exigences, puisque le danger réside plutôt dans les choses que dans les individus.

C'est par le perruquier commun, opérant sans entr' actes sur des séries de sujets, que se transmet le plus souvent la pelade, partout, mais surtout au collège ou au régiment, et cela peut prendre de grandes proportions sous l'action de la coupe mécanique moderne faite à main accélérée, à l'aide de la tondeuse. Ce fait a été mis en pleine lumière, avec preuves à l'appui, dans l'excellent mémoire que notre distingué confrère, le docteur Coustan, médecin-major au 122° d'infanterie, a adressé à l'Académie sous le titre de ; Epidémie de pelade achromateuse observée en 1886 à: Montpellier, et dont un résumé a été publié dans le numéro du 20 juillet 1887 de la Revue d'Hygiène et de Police sanitaire, p. 554.

Après avoir exposé, avec tous les détails nécessaires, le mode d'action de la tondeuse comme agent de transmission contagieuse, notre savant confrère ajoute que tous les soMs-o/'/ïciers, et presque tous les soldats-ordonnances (au nombre de près de cent), qui se font couper les cheveux, en ville, aux ciseaux, n'ont pas eu la pelade.

Bien étudiée pour la trichophytie et pour le favus, la transmission des animaux à l'homme, — voyez L. G. Neumann. Traité des maladies parasitaires non microbiennes des animaux domesliquesy Paris, in-S", 1888, — a été tout à fait négligée en ce qui concerne la pelade, et l'auteur du remarquable ouvrage que nous venons de citer, écrit, page 249 : « Nous ne dirons rien de la plique polonaise, ni de l'alopécie ou pelade, ni du pityriasis, car la nature parasitaire de ces affections est loin d'être admise..., etc. »

Cependant, chez les animaux domestiques, cheval, chien^ chat, etc., la pelade n'est pas rare ; et sa transmission à l'homme est au moins vraisemblable; plusieurs fois je crois l'avoir obser-, vée sans avoir eu le loisir d'en poursuivre la démonstration. Pour' l'alopécieen aires, commepour la trichophytie, l'animalqui a transmis la maladie est souvent guéri alors que l'on commence les recherches dans cette direction, tant ces affections sont moins tenaces et plus faciles à détruire chez les animaux que chez l'hommèi»

Dans le cas suivant, rapporté par HiLLAUtET, l'origine animale est très vraisemblable.

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« Six employés, travaillant dans uii môme brarean du eherain de fe* de l'Est, sout veous, réclamer mes soins au Pavillon Gabrielie, l'un après l'autre; tous étaient atteints de pelade. Ces employés avaient dans leur bureau un chat malade,, qui perdait tous ses poils, et qui était sans cesse blotti dans leurs casquettes. Bien que je n'aie pas étudié spécialement l'affection dont ce chat était atteint, il est bien présumable qu'il avait la pelade, et que cette pelade s'est transmise à ces emproyés parleurs coiffures (1). »

J'ai observé un fait âa même ordre, mai» qui n'est pas mieux pPÉMivé comme certitude d'origine animale. Il y a neuf ans, quatre employés d'un même bureau de chemin de fer, occupant à eux seuls un petit local dans lequel se passaient toutes leurs journées, eurent en même temps la pelade, deux légèrement'; wr troisièmedans la forme commune ; le quatrièm-e eut la pelade décalvan*e.

En tout cas, si ces faits sont discutables, au point de rue de l'origine animale, laquelle n'a pas été régulièrement prouvée, ils sont bien probants en faveur de la contagion, et je ne sais vraiment pas ce qu'on peut leur opposer. — Je rappeWe qtte cesmalades ont été observés publiquement à ï'àôpital' Saint-Louis, et que deux d'entre eux ont assez longtemps figuré à ma poJfclinique, pour que leur existence ait pû être contrôlée par de nombreux médecins.

Cela dit, je m'empresse d'ajouter que de nouvelles recherches faites dans une direction convenable sont nécessaires pour préciser les rapports qui existent entre la pelade des animaux et celle de l'homme ; mais ces rapports sont plus que probables ; je tiens de mon savant collègue, M. Goubaux, que la pelade n'est pas rare parmi les élèves de l'École vétérinaire d^Alfort, et j'ai donné mes soins à un des vétérinaires les plus distingués de l'armée, qui ne duute pas avoir contracté sa pelade du cheval.

En voilà assez pour attirer l'attention sur ce point de l'histoire des origines de la pelade, et pour montrer de quel intérêt cette question peut être sous le rapport de la prophylaxie publique ou privée.

A quelle phase de son évolutiou, sowTeût très, longae et d'aiJr leurs extrêmement inégale à.la> manière de tout ce qui luiappa*-

(t) BuUelins et mémoires dè la Sbciété médicale des hôpitaux de Paris, 2ma série, t. XI, année 1874, p. 129, Paris, 1873.

PBL.VBK:

twnt, la. pelade esk-eUe surtout iras^missible ? Sous. \e rapport la prophylaxie, la réponse' » cette qnaesliion a une péeUe iBftpo*-^ tance.

MoB observation personnelle ne concorele pas, sur ce poiat, avee l'opinico classiqa-c,. la plus généralement répamidue, à savoir : que, le pouvoir contagieux disparaît plus oiu moias kinigteiiisips avant la guérisoH) aibsolue de la maladie. Des faits iwmba'eox m'oot montré qu'il n'ea est pas ainsi; j'ai vu» le naari contracter la pelade de sa femme; le père, de sa fille; l'amant, de sa «iaîtresse, à une époque où la maladie semblait être terminée et n'était reconnaissable chez ces sujets, censés être guéris, que par ua examen attentif.

J'ai vu une petite épidémie de pelade régimentaire engendrée par Farrivée d'un soldat que l'on avait, à bon droit, considéré oonwne guéri cliniquemenl, mais chez lequel j'ai pu, par un examen direct, retrouver des cheveux encore caducs et peladiques. Ce fait n'est pas exclusif à l'a pelade, mais propre à toutes les teignes, et chaque jour on peut voir des teigneux déclarés guéris, que cette guérîson clinique n'empêche d'avoir encore sur la tête du favus ou du tricbophylon en quantité assez grande pour semer partout la maladie, et cela d'autant mieux qu'ayant obtenu la libre pratique, ces sujets cessent d'être soumis à aucune toilette spéciale, à aucune mesure d'isolement.

J'^ai vu enfin le mari et l'amant contracter, de leur femme, la peîade, à la fin d'un traitement suivi depuis longtemps et alors qoe l'a dernière plaque allait être recouverte. Je ne mets pas en doute, dans ces deux faits, que les précautions prises pendant longtemps avaient été, en dernier Heu, abandonnées. L'une de ces observations est de ma clientèle de ville, l'autre Ae ma poKcliniqne de l'hôpital Saint-Louis, où tout le monde a pu l'a constater.

Ces réserves très nécessaires étant faites, je reconnais que, si les sujets peladiques n'étaient soumis à aucune toilette spéciale, nî à aucun traitement, et s'ils avaient également la libre pratique, sî personne ne redoutait leur contact, ils seraient certainement plus dangereux alors que l'alopécie est à sa période d'activité, quand les cheveux sont sans adhérence au pourtour des plaques, cassés dans les formes de pelade à cheveux fragiles, atrophiés ei effilés en aiguille dans leur partie radiculaire, quelquefois moni- Irformes, et souvent épiés à leur extrémité libre, brisés à quelques centimètres de la peau. Au contraire, quand les cheveux repous-

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sent, que la périphérie de J'aire alopéciée est garnie de cheveux solides, présentant les caractères du poil normal de cette région, quand la plaque initiale reste unique ou quand il ne s'en produit plus de nouvelles, on peut considérer que le peladique en cet état, surtout si la tète est soigneusement lavée chaque matin, ne présente qu'un danger très atténué, à la condition qu'il reste soumis pendant longtemps à une surveillance, nécessaire en raison des récidives si fréquentes dans cette aflection, à brève ou à longue échéance.

§ III. — De quelques difficultés du diagnostic de la pelade.

J'ai dit déjà, Messieurs, assez souvent pour n'avoir plus à le redire, que nous n'avions aucun moyen certain, ferme, pratique, pouvant être facilement vulgarisé, qui nous permette de distinguer la pelade contagieuse, la plus commune, des pelades d'une autre, nature, mais j'ai donné avec tous les détails nécessaires, les caractères pratiques dont la réunion constitue de véritables éléments de probabilité, et même de certitude dans certains cas.

Je veux simplement ajouter ici que le diagnostic différentiel des pelades avec quelques autres alopécies présente quelquefois les plus grandes difficultés, à la fois parce que nous n'avons pas de parasite-témoin, et parce que les caractères presque entièrement négatifs de l'alopécie peladique peuvent être réalisés, ou, au moins simulés, par d'autres affections ou d'autres conditions pathologiques.

Pour être fait avec autorité, le diagnostic général des teignes exige quelques connaissances d'histophytologie, en réalité fort simples, mais qu'il faut encore savoir remplir. Ces conditions réalisées, on peut dire que la distinction entre le favus, le tricho-, phylon et la pelade est, dans l'immense majorité des cas, particulièrement aisée. La supposition, faite coinplaisamment par quelques auteurs opposés à la contagiosité de la pelade, que des observateurs compétents ont pu confondre la trichophytie avec la pelade est toute gratuite, et l'erreur est même impossible à peu près, aussitôt qu'il s'agit de sujets a3'ant dépassé seize ou dix-sept ans, puisque, au-dessus de cet âge, la trichophytie du cuir chevelu devient une rareté, absolument à négliger.

C'est tout accessoirement, et pour ceux-là seulement qui voient un grand nombre de ces malades, qu'il se présente quelques.

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difficultés résultant de la coïncidence sur un même sujet de teignes distinctes, ou encore de quelques alopécies peladoïdes secondaires au favus ou à la tricliophytie; ces difficultés sont classées, et familières à ceux qui suivent les policliniques spéciales.

Il en est de même de la confusion qui peut s'établir entre l'alopécie du lupus érythémateux et la pelade; les caractères des cheveux à la périphérie, la rougeur de la peau, l'altération des follicules sébacés et pilaires, etc., sans compter la coïncidence d'autres lésions lupiques sur le visage, les oreilles, etc., suffisent le plus habituellement pour éviter l'erreur. Toutefois, mon savant collègue et ami, M. Fournier, et moi, avons vu ensemble quelques cas dans lesquels les caractères du lupus du cuir chevelu étaient à ce point frustes que l'erreur eût été vraiment inévitable sur un autre terrain que le nôtre, et pour des observateurs non prévenus.

Ces observations sont également applicables àquelques cas rares de sclérodermie en plaques du visage ou du cuir chevelu, ou même de quelques autres régions pilaires, ou encore à quelques autres alopécies innominées, non moins rares et curieuses, qui ne sont pas encore classées, mais que nous avons mises à l'étude. C'est à tort que Hebra rapporte à la lèpre quelques alopécies peladoïdes; M. Leloir, pas plus que moi, n'en a ni, vu, ni trouvé de prouvées ; il y a eu confusion avec les plaques de morphée.

Mais la difficulté maîtresse, la plus commune, celle qui nous met chaque jour en échec, celle qui fait voir la pelade où elle n'est pas et qui la fait méconnaître où elle est, c'est l'extrême fréquence, sur le cuir chevelu d'un nombre considérable de sujets, de taches alopéciques d'espèces très diverses, pelades au début encore frustes, reliquat définitif de pelades anciennes et éteintes, innombrables cicalricules ou cicatrices ayant succédé à des Irauniatismes ou à des états pathologiques antérieurs, trop souvent à un traitement médical déjà en cours d'exécution ou ancien. Pour les cicatrices linéaires, ou pour celles dans lesquelles le tissu cicatriciel, saillant ou déprimé, éclate d'évidence, il n'y a pas de difficultés, mais beaucoup de lésions dépilantes n'ont pas laissé de cicatrices véritables et l'embarras reste souvent d'autant plus vif que, sur tes cicatrices douteuses, végètent des poils athrepsiés bien peu distincts du poil peladique.

Et même, certaines pelades torpides à plaque unique, persistant en l'état presque indéfiniment, son! absolument impossibles à diagnostiquer extemporanément. Il faut ajourner son jugement, observer à plusieurs reprises, tenir compte de la forme de la

plaque alopécique, faire des préparations histologiques du poil recueillir les commêmoratifs, en un mot avoir recours à toutes les ressources que peut fournir l'analyse clinique.

SECONDE PARTIE Mesures a prendre a i/égard des sujets peladiques.

J?aî élablî, Messieurs, dans la première partie de ce rapport que, raafgré tontes tes inconnues qui obscuTcispeat encore la question des alope'cies pelad'iques, la transmissibililé de la maladie soit aux individus, soit aux agglomérations, était basée sur des preuves assez certaines, et qu'elle se réalisait assez souvent pour qu'il fût impossible de ne pas chercher à prései'ver les sujet» sains que les circonstances obligent à vivre en commun avec tes malades ; votre Commission a été unanime à cet égard.

Cel'a est d'autant plus indispensable que, si ia. pelade est chez certains sujets une maladie légère, sans graves inconvénients immédiats on éloignés, el'le est, paur d'autres, longue, tenace, indéfinie ; qu'à certaines périodes de la vie et dans certaines circonslant,*es, l'alopécie peladique peut prendre une extrême gravité par }es conséquences matérielles et morales qu'elle peut efttraîner. Le médecin est toujours sûr de guérir un faviqwe, s'iî le traite convenablement ; la trichophytie guérit spontanément dans un délai quelquefois long, mais guérit toujours; la pelade défte tout pronostic de durée et même de terminaison.

J'ai eu soin également de montrer que le diagnostic de la pelatJe, babituellemunt aisé, présentait au contraire parfois des difficultés très sérieuses, que les médecins des hôpitaux spéciaux surmontent à la vérité d'ordinaire assez facilement en raison de leur expérfeoce spéciale.

Mais, en vérité, ces médecins ne peuvent avoir le monopole de la pelade, et pour beaucoup de nos confrères, même parmi le» plus universellement expérimentés, et les mieux rompus à la pratique générale de la médecine, il est souvent bien lourd de prendre une décision quand il s'agit d'admettre un sujet dans une aggloiBération, ou de l'en exclure. Il en résulte que quelques-uns,

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