‹ Sur la penteChapitre 5 sur 93 · BIOGRAPHICAL NOTICE · texte numérisé non relu

BIOGRAPHICAL NOTICE

repubiîslied in England, with annotations, to be nsed in teaching French in the collèges and schools of that country.

It shoald be said, in closing, that Mme. de Witt is one of an increasingly large school of writers in France who believe that true realùm consists quite as much in describing what is true, and pure, and elevating in its tendency — and by the charms of style making thèse thèmes even the more attractive — ^as in describing, in ail of their horrors, the vices and crimes that dishonor humanity ; and claiming as an excuse that realism consists in describing the world as we find it! Who are the true realists most worthy of that name ? I leave it for the intelligent reader to décide. It is such a writer as I hâve described, one as well known in France for her literary worth and high moral excellence as for the two honored names that she bears, that I introduce to the American public and American students of French.

My sincère thanks are due to Mme. de Witt herself, who has kindly communicated to me many facte of importance in the préparation of this notice. She is now the only survivor of the children of Mr. Guizot since the récent death of her brother Guillaume, who was for many years a distinguished professorand lecturer upon literature at the Collège of France, and for some time a hîghly honored représentative of his countiy as Minister Plenipotentiaiy to Greece.

LA VIEILLE ABBAYR

Catherine de Vireleu était assise à la fenêtre de son cabinet qu'elle avait métamorphosé en un atelier de peinture, et qui naguère servait d'officine de pharmacie aux châtelaines de sa race. Combien de dames de Vireleu avaient passé dans la vieille abbaye depuis 5 qu'elle avait cessé d'être habitée par des moines ! Combien de cœurs tristes s'étaient apaisés au spectacle de la grande et pittoresque nature qui se déroulait au pied du vieux château hardiment perché sur un rocher au bord du Lot! Que de regards voilés de larmes s'étaient 10 arrêtés sur les eaux écumantes du fleuve retenues ici même par un ancient barrage, suivant ensuite, dans leur course tumultueuse, les ondes bientôt calmées par un cours régulier et paisible, de même que les esprits troublés se courbent sous la loi de la nécessité, sinon 15 sous les consolations de la raison et de la vertu ! Peu de cœurs parmi les grand'mères et grand'tantes de Catherine avaient été plus tristes que le sien ne l'avait été bien souvent. Le jour où elle rêvait accoudée à la fenêtre de son cabinet, elle n'était plus aussi décou- 20 ragée que par le passé ; elle tournait le dos aux tableaux

qu'elle avait commencés et qui restaient entassés sur ses chevalets. Elle était seule, elle avait déjà beaucoup souffert, bien qu'elle n'eût pas encore vingt-cinq ans, et l'avenir s'offrait à elle sous des couleurs confuses et 5 sombres. " Si je n'avais pas André 1" pensait-elle. En pensant, elle rougissait, car, au fond de son âme, elle savait bien que son petit André, le beau garçon de quatre ans qui jouait au cheval dans la chambre voisine et dont elle entendait les joyeux éclats de rire, n'était

10 pas seul à consoler ses douloureuses pensées. "Il est à la chasse, il devait partir hier pour les Landes, il ne viendra pas!" se répétait Catherine tout bas.

La porte de la cour s'était ouverte cependant, porte massive de vieux chêne qui grinçait sur ses gonds entre

15 les deux lourds piliers de pierre enguirlandés de vigne vierge. Un domestique en déshabillé du matin, et qui semblait aussi âgé que l'abbaye elle-même, sortait au même instant sous les arceaux du cloître à demi-coupés par des barrières à clairevoie peintes en blanc; il

20 s'avança vers le cheval haletant et baigné de sueur dont venait de sauter un homme grand, jeune, robuste. Son visage était doux et grave, hâlé par une vie passée à la campagne sous le soleil du Midi. Comme Catherine avait rougi en pensant à Roger, Roger rougit en regar-

25 dant le vieil Antoine:

— Je croyais monsieur le vicomte parti pour la chasse, murmura le serviteur.

— Demain ! Antoine, demain, repartit le jeune homme ; j'ai une commission de ma mère pour madame

30 de Vireleu.

Et il bondit sous les voûtes de pierre, courant dans l'escalier comme un écolier en vacances. Madame de Vireleu parut à l'entrée de l'étroit vestibule, troublée et secrètement radieuse :

Page 1