‹ Sur la plageChapitre 19 sur 32 · LA MAISON DE VERRE · texte numérisé non relu

LA MAISON DE VERRE

Grâce à certains journaux, les Français, aussitôt qu’ils se sont fait un nom ou une simple notoriété par un talent quelconque, par un crime, par un ridi- . cule, habitent la maison de verre dont parlait ce Romain. — Seulement, on n’y emploie pas le vulgaire verre à vitres, mais bien le verre grossissant et ces verres convexes et concaves qui allongent, élargissent, déforment et défigurent d’une façon horrible et grotesque.

SLR L\ PLAGE.

ou COMMENCE LA DÉCENCE.

Il est bizarre que l’habitude ait fait accepter ceci :

Les femmes, qui sont réputées le sexe craintif, pudique, chaste, montrent nues, au bal, leurs épaules et une partie de leur gorge, quelques-unes davantage, quelques autres moins, toutes trop.

En effet, pourquoi est-il convenable aux femmes les plus honnêtes, aux filles les plus ignorantes, de montrer le premier tiers de choses dont il serait indécent de montrer le second et affreux de laisser voir le troisième? Il n’y a aucune limite fixée; chacune produit ses échantillons comme elle l’entend :

Quelle règle à cela pose la chasteté ?

La décence commence où finit la beauté.

Que dirait-on d’un homme qui ferait en ce point l’équivalent de ce que fait sans rougir la femme la plus

honnête? Découvrir ses épaules et sa poitrine : cela s’appelle s'habiller. J’ai entendu dire :

— Madame une telle avait, l’autre soir, chez madame B..., une robe montante.

— Vraiment?

— Comme je vous le dis.

— C’est indécent I

Donc, il est accepté que découvrir son dos et une partie de sa gorge, c’est s’habiller; si l’on montre la lin du dos et la seconde moitié de la poitrine, est-ce se déshabiller ou s’habiller davantage? où l’opération commence-t-elle à s’appeler se déshabiller?

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