INFLUENCE DE CERTAINES IMPURETES
Nous avons déjà indiqué que les impuretés jouaient un grand rôle dans la recristallisation du fer pur et que pour certaines teneurs en carbone par exemple il était possible d'éviter la polygonisation du métal et par suite de permettre le développement de la recristallisation. Dans le but d'interpréter ce phénomène, nous avons été conduit à comparer l'aptitude à la polygonisation du fer pur à celle du fer contenant des traces de carbone, ou à celle d’un fer industriel.
Par cémentation gazeuse, nous avons introduit dans un gros cristal de fer pur 0,015 % de carbone. Le cristal a été ensuite déformé par pliage et recuit sous vide à différentes températures.
Alors qu'un gros cristal de fer pur déformé dans les mêmes conditions commence à se polygoniser dès 200°C, il faut que le gros cristal de fer carburé ait été recuit à 650°C pour que les taches de Laue focalisées à grande distance commencent à se modifier. La figure 23 a montre l'aspect de la tache (122) donnée par le gros cristal carburé avant tout traitement mécanique. La désorientation des plans réticulaires est de 1 à 2 minutes. Après allongement (fig. 23 b), elle est fortement élargie. Après recuit sous vide de 48 h à 850°C (fig. 23 c), la striation de la tache est nette et cet aspect s’accentue après un recuit de 12 h à 750°C dans l'hydrogène (fig. 23 d). Ce dernier recuit, bien qu'effectué à une température inférieure à celle du recuit précédent, a accentué la striation de la tache de Laue car la présence d'hydrogène à permis l'élimination du carbone et favorisé la polygonisation.
Fig. 23. — Taches de Laue focalisées à grande distance d'un gros cristal de fer pur contenant 0,015 % de carbone :
— Avant tout traitement — Après pliage — Après recuit de 48 h sous vide à 8500C
— Après recuit de 12h sous hydrogène à 750°C.
La même étude a été faite avec des gros cristaux de fer Armco. La figure 24 montre l'aspect de la tache 1e Laue, avant tout traitement (fig. 24 a) et après allongement de 1,2 % (fig. 24 b). Un recuit de 12 h à 600°C (fig. 24 ce) la modifie très peu mais après un recuit de 12 h à 850°C (fig. 24 d) la fragmentation est nette.
Le fer pur contenant des traces d’impuretés se polygonise donc à une température beaucoup plus élevée que le fer pur déformé dans les mêmes conditions.
Fig. 24. — Monocristal de fer Armco. Taches de Laue focalisées à grande distance. a — Avant déformation b — Après allongement c — Après recuit de 12h à 600°C d — Après recuit de 12h à 850cC.