‹ Sur la préparation de monocristaux de fer de haute pureté et sur certaines propriétés de ce métalChapitre 28 sur 37 · IV. — COMPARAISON ENTRE LE COMPORTEMENT DU FER ET CELUI DE L'ALUMINIUM · texte numérisé non relu

IV. — COMPARAISON ENTRE LE COMPORTEMENT DU FER ET CELUI DE L'ALUMINIUM

Les propriétés caractéristiques de la structure polygonisée que nous avons mises en évidence dans les cristaux de fer pur se retrouvent dans le cas de l’aluminium. Montuelle et Chaudron [25] ont montré que la méthode du four à translation qui permet de préparer de très gros monocristaux orientés d'aluminium technique ne donnait aucun résultat quand le titre de l’aluminium atteignait 99,995 % ou plus, et que les petits cristaux formés avaient une structure polygonisée. Ils ont alors fait une contre-expérience en introduisant 0,04 % de lithium dans l’aluminium de titre 99,99 % et ils ont observé que, comme dans Île cas du fer, il n’y avait pas de structure polygonisée et que la recristallisation à gros grains pouvait se produire. En éliminant plus ou moins le lithium, la structure poygonisée réapparaît.

Comme dans le cas du fer également, la polygonisation de l'aluminium apparaît d'autant plus facilement que le métal est plus pur et la structure polygonisée est très stable. De Beaulieu [26] observe la polygonisation des monocristaux d'aluminium par trempe à l’eau depuis 630°C et recuit à la même température. Mais alors qu'avec l'aluminium de titre conventionnel 99,999. % préparé au Laboratoire de Vitry par la méthode de la zone fondue [27]j la striation des taches de Laue focalisées à grande distance commence à apparaître après 6 h de recuit et devient très nette après 12 h, il faut attendre 24 h avec l'aluminium de titre 99,95 % et 100 h avec l'aluminium commercial 99,5 %. Quel que soit l’aluminium utilisé, l'aspect de la tache de Laue n’évolue plus si l’on prolonge le recuit pendant plusieurs jours.

Il existe cependant des différences entre le comportement du fer et celui de l'aluminium. La polygonisation du fer apparaît à basse température alors que celle de l'aluminium ne prend naissance qu'après des recuits à 630°C, c'est-à-dire près de la température de fusion. La dimension des blocs polygonisés est également différente dans le fer et l'aluminium. Dans le fer, ces blocs ne sont visibles qu’au microscope ou par rayons X alors que dans le cas de l’aluminium, après polissage électrolytique et attaque au réactif des trois acides, il est souvent possible de les voir à l’œil nu. Leur surface peut atteindre plusieurs millimètres carrés. Par micrographie on observe que les joints intragranulaires sont constitués par un alignement de figures de corrosion très bien formées [28].

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