Sur la production de tumeurs épithéliales dans les nerfs
Dans ce travail, nous avons omis à dessein de nous servir du mot de cancer . Il rappelle en effet à l’esprit de la plupart des lec- I teurs l’idée d’hétéromorphisme, c’est-à-dire d’un élément cellui laire distinct et toujours le même, n’existant pas à l’état normal. Or, rhétéromorphisme n’est plus défendu maintenant que par un petit nombre de ceux qui l’ont soutenu il y a quelques années ; et nous établirons, dans un autre travail, conformément aux opinions de Bennett, Virchow et de M. Ch. Robin, que non-seuiement la cellule dite cancéreuse a toujours des analogues dans l’état normal, mais aussi que son type est très-variable. D’un autre côté, nous nous trouvons en présence d’auteurs qui, conservant les dénominations anciennes de cancer (squirrhe, encéphaloïde), de cancroïde, de sarcome, etc., assignent à chacune de ces variétés des caractères histologiques bien tranchés et con-
!stanls, ce qui est loin d’être toujours vrai. Aussi, convaincus que la classification de ces produits morbides n’est pas définitivement arrêtée, et réservant notre opinion sur ce point, particulièrement en ce qui touche la distinction entre le cancer et le cancroïde, nous n’avons voulu nous servir ici que des termes exprimant Lobservation immédiate et incontestable du fait. Nous avons par consequent adopté, suivant l’exemple de M. Robin, le mot de production nouvelle d’un tissu épithélial, comme indiquant le phénomène le plus général qui soit commun à toutes les tumeurs appelées ! cancer ou cancroïde (1) .
(1) Placé comme interne pendant l’année 1863 dans le service des incurables à la Salpêtrière, où viennent mourir presaue toutes les cancéreuses reçues dans les hôpi-