‹ Sur la question des chambres d'allaitementChapitre 13 sur 23 · RES · texte numérisé non relu

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Au début de notre siècle ou plus exactement à partir de 1907, un grand mouvement fut suscité dans le Nord, en faveur de la chambre d'allaitement, sous, les auspices de MM. Calmette et Vincent, préfet du Nord. Au Congrès de l'Alliance d'hygiène sociale et de l'Association générale des ingé= nieurs architectes et hygiénistes municipaux, tenu à Lyon, en 1907, M. Calmette montra comment, par des chambres d’allaitement annexéés sans frais aux usines, on pourrait permettre aux ouvrières d'allaiter elles-mêmes leurs nourrissons tout en travaillant. L'industriel n’y perdrait guère qu'une demi-heure de travail et l’affreuse mortalité infantile en serait grandement diminuée. L'orateur signala,

de la façon la plus émouvante, le fléau des gar-

deuses, des soigneuses d'enfants, qui sontsouvent

des tueuses de nourrissons.

M. Potelet, inspecteur départemental d'hygiène et bras droit de M. Vincent, préfet du Nord, s'est dépensé avec beaucoup d’ardeur au service de l'idée des chambres d’allaitement. Dans une étude substantielle consacrée à l'essai de lutte contre quelques causes importantes de la dépopulation, parue en 1909, M. Potelet stigmatisa, en recherchant les causes de la mortalité infantile, uné catégorie de personnes parfaitement inéducables : ce sont l’amie, la voisine, la gardeuse chez qui la mère confie son enfant afin de pouvoir travailler à l'usine, À son avis, il fallait rapprocher l'enfant de la mère et demander

aux industriels de bien vouloir l’accepter dans leur

fabrique, en les établissant chez eux, ce que-M. Calmette a appelé : «les chambres d'allaitement ».

Les nécessités du travail pour la mère-nourrice et la crainte de voir souffrir son enfant. par les allées et venues créées par son transport à la chambre d'allaitement, ainsi que quelques autres objections ont été formulées à M. Potelet qui trouva le moyen de résoudre toutes les questions à l’entière satisfaction des intéressés. Il se dépensa donc pour la tâche généreuse, et le succès couronna son activité. En 1909, il écrivit dans un article intitulé : Æssai de lutte contre quelques causes importantes de dépopulation : « Le plan de l'œuvre étant ainsi nettement établi et toutes les objections étant d'avance résolues, nous nous sommes mis en campagne. Le succès est venu couronner notre effort: le département du Nord possède aujourd'hui plus de 20 chambres d'allaitement et, chaque jour, on en voit s'organiser de nouvelles; comme pour les consultations de nou-. rissons, on peut calculer le moment ou chaque usine possèdera la sienne. »

L’élan vers l’organisation des chambres d’allaitement, noté par M. Potelet, ne s'est malheureusement pas maintenu. Il à fallu la guerre pour donner plus d’ampleur à l'initiative privée. A ce moment, à la suite d’une circulaire ministérielle, les patrons de Neuilly-Levallois formèrent un groupe, le premier en France, qui avait pour objet l'étude et la réalisation de diverses institutions, susceptibles d'assurer

la protection des ouvrières pour la lutte contre la

mortalité infantile. L'association dénommée : « La Maternité ouvrière de Levallois-Perret et de Neuilly » àävait, comme nous pouvons le:lire dans l'article 2 des statuts, pour objet : | « L'organisation, par tous moyens appropriés, de

crèches et de gardeuses d'enfants, la création de | chambres d'allaitement, l'élaboration d’un règlement commun pour le travail des femmes enceintes et pour les femmes qui allaitent leurs enfants, l’étude de toutes questions concernant la protection des mères employées dans les usines ».

L'association « la Maternité ouvrière de Levallois- Perret et de Neuilly » ne se contenta pas de la chambre d'allaitement minimum qui existait avant

la guerre où tout se passait dans la même salle

(allaitement, rechange des enfants, chauffage de

l'eau, préparation des bouillies, etc.), mais elle

demanda un peu plus de confortable. De son avis, on devrait anmexer à la chambre d'allaitement qui reste le centre : ù | ( F

{° Un vestiaire où sont gardés et désinfectés les vêtements extérieurs qui recouvrent les enfants à leur arrivée ;

9 Un local où les mères allaiteront ;

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