INTRODUCTION
Michelet à dénoncé la barbarie de l'Occident dans son invective célèbre : « L’ouvrière ! mot impie, mot sordide ! » Ces paroles sont souvent invoquées par ceux qui voudraient fermer à jamais les portes de - l'usine à la femme. Sous prétexte de préserver l’enfant à naître et de protéger le nourrisson contre la maladie et la mort, on est tenté de demander que la femme reste à son foyer. Le vœu paraît justifié, mais, malheureusement, les conditions économiques de la vie obligent la mère — plus souvent qu'on pourrait le croire —, à contribuer, par son travail, au budget de la famille. La question du gagne-pain passe ainsi au premier plan, avant les principes énoncés par la puériculture.
Il peut se faire que, parfois, pour raisons desanté, l'allaitement par l’ouvrière, soit à condamner. On a, en effet, l’occasion de constater qu'un certain nombre : de femmes ne peuvent supporter les fatigues combinées du travail à l'usine et de l’allaitement. À part ces cas exceptionnels, l’ouvrière peut allaiter, si les conditions favorables nécessaires existent. Nous pensons à la chambre d'allaitement qui, de l'avis
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autorisé de MM. Nobécourt et Schreiber, est le correctif indispensable de l’usine contre la dépopulation. ; Un décret de l’ année passée met à l’ordre du jour la question des chambres d’allaitement, puisque dorénavant il peut rendre obligatoire e leur création. Len c'est une erreur de croire que, seule, - l’action législative soit capable de répandre l'institution recommandée. Il est d’une importance capitale de mettre en pratique tous les moyens de pro- pagande, afin de gagner, sans contrainte, la confiance des intéressés. Dans ce but, nous examinerons les statistiques, nous discutérons les objections avant de passer à l’étude du développement des chambres d’ allaitement en France, de la législation et de l' organisation. Pour términer, avant de tirer une con-
clusion pratique, nous passerons en revue les autres
moyens, en dehors ouen rapport avec les chambres
d’ allaitement, pour protéger l'allaitement maternel chez la femme qui tr availle.
Je tiens à remercier vivement Mme Letellier, inspectrice du Travail, et M. Tanon, professeur agrégé, qui ont bien voulu m'aider par leurs conseils, et auxquels, ainsi qu'à M. Nobécourt, professeur de clinique médicale des enfants, j'ai l'honneur de dédier ce travail. |