‹ Sur la question des chambres d'allaitementChapitre 5 sur 23 · DONNÉES STATISTIQUES · texte numérisé non relu

DONNÉES STATISTIQUES

Pour aborder un problème quelconque, sans appor- ter aux débats de la passion troublante, on s'adresse avant tout aux documents statistiques. Le langage froid des chiffres impose la conclusion, pour ainsi ‘dire, de force. Si l’on voit que les décès des nourrissOns atteignent un pourcentage inquiétant, si l’on s'aperçoit aisément de la cause en jeu, on sait à quoi s'en tenir däns la recherche des moyens, propres à lutter efficacement contre l’antagonisme existant entre le travail de la femme et la prospé- -rité de son enfant, Les effets de la suppression de l'allaitement au sein nous intéressent,en premier lieu, afin d’élucider la gravité du danger qui menace l'enfant de l’ouvrière empêchée de remplir son devoir de mère. À ce point de vue, on a une réponse nette, qui n'admet aucun: . doute, lorsqu'on lit le rapport présenté par M. Lévy- Solal au Congrès d'Education physique et d'Hygiène

Eee

sociale. Cet auteur conclut de la façon suivante : « Toutes les statistiques du Pr Pan toutes Îies recherches qu'il fit faire et qu'on retrouve dans les thèses de MM. Peiit et Luling, permettent d'affirmer que, sur 100 enfants privés du lait de leur mère, quel que soit le mode de l'élevage, il en meurt au moins 60 avant la fin de la première année. »

D'après M. Wallich, qui présenta un rapport à la Conférence nationale de la Ligue contre la Mortalité infantile (23 mai 1920), la mortalité chez les enfants élevés au biberon est de 50%. La même proportion a été indiquée par M. Marfan qui avait également pris la parole à la Conférence mentionnée.

Si l’on examine les statistiques recueillies tout spé-

cialement dansles milieux ouvriers, on se rend aus-

sitôt compte du facteur morbide déterminant. On méditera avec fruit les calculs de M. Reid, de Stattford (Angleterre), d’où il résulte que la mortalité

. des enfants, dont les mères sont dans l'obligation

de travailler, est de 43 % plus élevée que celle des enfants dont les mères peuvent rester à la maison. La mortalité des enfants soumis à l'allaitement mixte est de 79 % plus élevée que celle des enfants nourris au sein ; celle des enfants élevés artificiellement est de 157 % plus élevée que celle des enfants allaités par leur mère.

Æn France, M. Binet, au cours d’une enquête, parmi les mères travaillant en usine, avait constaté que 34 % d'entre elles ne pouvaient nourrir, faute d’une

crèche à l'usine, au-delà du sixième mois, et que >

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