SO VUS
24 % des enfants étaient morts au moment de ce sevrage prématuré. Une autre enquête, portant sur 484 ouvrières d’usines et sur 1.377 enfants, avait | donné les chiffres suivants : 566 étaient morts de \ En St 09 ane 903. soit 65 %, n'avaient pas été nourris au sein ; sur ce nombre, 691, soit 76 %, parce que les mères travaillaient hors de chez elles. M. Felhoen dit que, dans l'arrondissement de Lille, chez les ouvrières de l’industrie textile, la mortalité infantile est de 38,46 % des naissances. Il ajoute : « Sur {0 nourrissons qui entrent dans le service d'enfants
de l'hôpital de Roubaix, alors qu’il n’y à même plus
rien à tenter pour les sauver, 9 sont des enfants de femmes travaillant à l'usine, et qui, le jour, sont confiés à une voisine quelconque ».
En Allemagne, l'industrialisation de la femme ne manque pas également d'entraîner de fâcheuses conséquences. M. Binsing, qui a étudié les rapports entre le travail de la femme et la mortalité infantile dans l’industrie du textile à Saxe, dressa un tableau instructif pour la période quinquennale 1896-1895. Ses chiffres se rapportent aux quatre districts et se
© résumentde la facon suivante :
; Sur 1.000 femmes :
A) au-dessus de 16 ans Mortalité
À sont occupées pour Ê s dans l’industrie : 100 nourrissons :
Kamenz- "2: A 330) 21,7
Bautzen:t 2.2. UOTE 21,2
; Loba es ii | 127,6 23,8
ZNiCkAR Ze, A 180,3 29,9
Von Behr-Pinnow et Winckler, après avoir
[ee dépouillé une quantité de documents officiels pour
pie f
les années 1904-1912, ont également abouti à une conclusion peu rassurante pour les œuvres de protection infantile. En ce qui concerne particulièrement les régions avéc une industrie textile très développée, on y constate une mortalité élevée parmi les nourrissons. Dans le district d'Oppeln, la
mortalité est de 19, 5 % ; de Lignitz, 22, 2; de Bres-
lau, 23, 6 : de Reichenbach, 28, 0 ; de Waldenburg,
29, 3, et, enfin, de Landeshut, 29, 7 %. é Si l'on s'adresse aux différentes industries pour
comparer les chiffres de. mortalité, la conclusion
reste la même. Qu'il s'agisse de la métallurgie, des ateliers de construction, de l’industrie chimique,de
l'alimentation, etc., partout le seul fait du travail féminin imprime à la courbe de mortalité des nourrissons un cachet caractéristique. Le facteur essentiel déterminant étant toujours le même, les conséquences fâcheuses, qui en résultent, se traduisent forcément par des chiffres grosso modo:identiques. Le genre du travail HA DOREE peu, et c’est l'absence de la mère auprès de son enfant qui entraine les
fluctuations pathologiques de la morbidité et de la.
mortalité accrues.
Les statistiques de mortalité des enfants de l'ouyrière peu rassurantes,pour ne pas dire plus, lorsque la mère ne peut s'occuper de son enfant, trahissent une tendance vers une amélioration satisfaisante, aussitôt que l'allaitement maternel s'organise. Ici on a à sa disposition des chiffres convaincants, notamment si l’on prend, comme exemple, la ville
DEN À rte
de Barentin, citée par M.E. Decherf, au Premier Con-
grès National de la Protection du Premier Age
(1913). Cet auteur nous indique, entre autres, une
mortalité infantile de 2, 6 % dans un crèche indus-
trielle où les femmes allaitent 1 leurs enfants, tandis que la mortalité parmi la population infantile de la.
ville varie,pendant les années 4907-1910, entre 15,1