‹ Sur la question des chambres d'allaitementChapitre 8 sur 23 · OBJECTIONS CONTRE LA CHAMBRE ! D'ALLAITEMENT · texte numérisé non relu

OBJECTIONS CONTRE LA CHAMBRE ! D'ALLAITEMENT

L’éloquence des statistiques n'est pas toujours,

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on peut le dire sans risquer d'être démenti,décisive. “| ; . ‘ , ji

Il y a lieu de tenir compte des objections qui, tout pe) Er F É va en ne s'appuyant pas sur des chiffres inattaquables, al ; È L RS

forcent à réfléchir et influencent notre opinion. Doiton affirmer qu’en ce qui concerne l’ouvrière-nour-, | Fe rice, certains arguments sont en mesure d' infirmer ‘2 ou d’ affaiblir la valeur de mesures proposées ? Pour

répondre 4 la question, il est nécessaire de passer en

À 1 La La J A revue les raisons invoquées tantôt. avec force de

j 2 A 1 , A 15 détails, tantôt avec une brièveté déconcertante. 4 t Se

M. Felhoen, qui à résumé les objections aux- 4 quelles on se heurte parfois, les classe en trois caté- ‘4

gories, soit : {° celles du côté patronal; 2 celles du côté ouvrier ; 3° celles du côté médical. Pour avoir

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une notion précise, l'auteur posa, aux patrons, la question suivante :

« Ne rencontrez-vous pas parmi votre personnel, contre-maitres, surveillantes, ouvrières, l'hostilité vis-à-vis la chambre d'allaitement ? :

Sur 70 industriels consultés, 62 ont répondu. Ils

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sont presque tous. à quelques exceptions près, partisans de l’allaitement à l’usine. Un seul industriel s’est plaint du ralentissement de la production. Plusieurs avaient attiré l'attention sur l'hostilité des « soigneuses » qui voyaient disparaitre, pour elles, une source de bénéfices.

Le prix de l'installation est une objection que l’on entend souvent. Rappelons à cette occasion que déjà M. Potelet a insisté sur le fait que le but visé était, non pas d'établir une crèche avec tout ce que comporte un pareil organisme, mais seulement de faciliter le rapprochement de l'ouvrière et de son bébé nouveau-né. Il s'agissait de mettre debout, en quelques jours, une installation bien simple en abandonnant à l’œuvre une salle quelconque suffisamment éclairée et chauffée. Dans cette pièce, ilne

fallait rien mettre que des bancs, une table et des / . berceaux confectionnés par le vannier de l’usine à ses moments perdus. | |

Le fonctionnement, de même que l'installation, ne demanderaient guère un sacrifice spécial. Dans la pensée de M. Potelet, une chambre d'allaitement

fonctionne automatiquement et ne réclame rien d'autre qu’une surveillance toute passive, les enfants ne devant recevoir des soins que de leur seule maman. La surveillance peut être confiée à une personne quelconque: une ancienne ouvrière, une cOoncierge. Pour éviter les frais, il est possible, dans certains cas, de confier la surveillance à une ouvrière dont le travail, se faisant isolément et non au

dy métier commun, peut être effectué dans la chambre d'allaitement : c'est ainsi qu'en filaiture, il est facile d’avoir recours à la papillonneuse, à la faiseuse de preuves en tissage, à la piqueuse, à l’ hat cheuse, etc... FU Si tout le problème ne se Déthait qu'au chapitre de frais, M. Potelet aurait eu rapidement et facilement gain de causé, mais il lui a fallu surmonter d'autres objections. Les industriels ont fait envisager la responsabilité qu'ils encouraient au cas où un accident viendrait à se produire aux bébés admis dans leur usine. Pour parer à fl’ argument important, M. Potelet avait fait établir, par une compagnie

d'assurances, une police spéciale prévoyant tous les.

cas possibles d'accidents ; par cette police, ' les industriels se trouvaient complètement couverts moyennant une prime annuelle insignifiante, soit 0 fr. 50 par enfant pour une garantie consentie jusqu’à concurrence de 10.000 francs, | Etant donné la situation économique diflicile de notre époque, les chiffres donnés par Potelet auront subi une forte majoration. Mme Letellier, dont la grande expérience en cetie matière est notoirement connue, envisage les objections en rapport au renchérissement et conclut de la facon suivante :

:& Sans doute, la construction et l’entretien subiront la hausse du coût detoutes choses ; mais, comme le luxe n'y est aucunêment nécessaire hi même utile, une chambre d’allaitement peut être bien aménagée et donner d'excellents résultats, sans entraîner de.

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