ÉMANCIPATION
Non, mon vieux, ça fait pas mon blot L'émancipation d'ia femme; Ça s'ra jamais dans mon p^-ogramme, Tu comprends bien ça, dis, Julot.
Tu vois pas la femme avocat Passer son temps à la tribune, Pendant qu'faudra torcher la lune Du goss' qui viendra d'fair' caca?
T'entends nos gardeuses d'marmots En train d'hurler dans un métingue!
Crois-tu qu'a's en fraient du bastringue. Vrai! ça s'rait pus pir' qu'à Garmaux; Tu les vois pas s'crêper l'chignon, Dans un élan démocratique Et crier : Viv' la République!
En tortillant leur troufignon.
Enfin, Julot, ça t'irait-i'i'
D'avoir un' femm' toujours en course,
Qu'irait à la Chambre... à la bourse
Et qui laiss'rait brûler l'frichti?
Mais non!... Ya pas à discuter,
La femm' n'a pas besoin d'diplômes;
Elle est là pour nous fair' des mômes
Et pour leur donnera téter.
Décembre, 1896.
REPEUPLONS
REPEUPLONS
Insurgeons-nous, femmes de France,
Contre les mœurs de nos époux.
Contre leur sage indifférence
Qui fait que l'on doute de nous.
Au lieu de plaider en divorce,
Il faut poser d'autres jalons
Et prendre nos hommes de force...
Repeuplons! Repeuplons!
igS
Repeuplons! Repeuplons!
Et, sans savoir où nous allons, Bravons l'usage, la consigne, Prenons l'esprit... prenons les sens.
Forçons la bête qui rechigne, Electrisons les impuissants.
Ou faisons comme les cavales :
Gourons à d'autres étalons, Loin des alcôves conjugales...
Repeuplons ! Repeuplons !
Repeuplons! Repeuplons!
A nous les bruns... à nous les blonds. Soyons volages, adultères; Mais, dans nos ventres triomphants.
Soyons fécondes, soyons mères !
Oui, faisons toutes des enfants.
Malgré les avis salutaires Et déclarons que nous voulons, Toutes, conserver nos ovaires...
Repeuplons ! Repeuplons !
Décembre, 1896.