I. — Méraope D'HoFMANN
Cette méthode, la plus ancienne et pendant longtemps la plus employée, est à la fois une méthode générale de production des amines méthylées et éthylées et une méthode de séparation de ces amines entre elles.
Elle consiste à faire agir l’ammoniaque sur les éthers méthyliques des alcools ou mieux sur les éthers à acides minéraux, généralement l’éther nitrique et l’éther sulfurique acide. La réaction complexe qui se forme engendre à l’état de sels correspondants : les méthylamines et même l’oxyde de tétraméthylammonium, mélangés en proportions très variables. Le produit contient en outre une quantité assez considérable d’ammoniaque qui n’a pas réagi.
On commence par distiller le mélange brut avec de l’aleali en excès : le sel d’ammonium quaternaire resteinattaqué dans ces conditions, les bases volatilisées sont condensées dans l'acide chlorhydrique. Après évaporation à siccité de la solution des chlorhydrates, on traite le résidu obtenu par l’alcool absolu bouillant qui doit dissoudre.les chlorhydrates d’amines à l’exception du chlorhydrate d’ammoniaque. (L’étude critique de ce mode opératoire a été faite dans le chapitre précédent.)
Pour séparer ensuite les amines les unes des autres, on utilise les réactions différentes qu’elles fournissent à l’état anhydre avec l’éther oxalique : la monométhylamine donne la diméthyloxamide, corps cristallisé et très peu soluble, la diméthylamine fournit le diméthyloxamate d’éthyle, corps soluble dans l’eau, la triméthylamine reste inattaquée et peut être séparée à chaud du mélange.
Pour avoir la monométhylamine et la diméthylamine, on distille séparément leurs combinaisons en présence de la potasse.
Telle est, résumée aussi brièvement que possible, la méthode indiquée par Hofmann.
D'une pratique à la fois longue et très délicate, elle n’assure pas en outre une séparation rigoureuse des bases, ainsi que l’a montré O. Wallach (1), ce qui fait qu'elle est peu employée aujourd’hui ; on lui préfère les méthodes qui donnent les amines pures d'emblée.