SUR LA RECHERCHE MICROCHIMIQUE DE LA TRIMÉTHYLAMINE PAR SON PERIODURE
Nous avons vu combien était grande la sensibilité de la réaction du periodure de triméthylamine, puisqu'elle permet de déceler cette base dans des solutions au 00.000 Par ac tion directe du réactif iodo-ioduré à 0°.
Cette réaction, commune à la triméthylamine et à tous les corps possédant dans leur molécule un noyau triméthylamine, a été indiquée pour la première fois par Florence (1) pour la caractérisation microchimique du sperme. Elle a été étudiée depuis par Struve (2) et par Denigès (3) qui a décrit une technique spéciale pour en accentuer la sensibilité.
L’étude que nous avons faite nous-même du periodure de triméthylamine, des conditions de sa précipitation et de la mesure de ses angles, nous engage à décrire ici La technique que nous avons suivie pour ces déterminations ; elle permet de caractériser directement la triméthylamine jusque dans
k 4 des solutions au 100.000’
(1) Frorence, Du sperme el des laches de sperme en médecine légale (Storck. édit., Lyon, 1897).
(2) H. Srruve. Zeit. analyt. chem., 39.1.1900. (3) Denrcës. Bull. Soc. pharm. Bordeaux, 48,97, 1908.
roue
Si la base est libre, on la neutralise par l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique. Dans un verre à expériences très conique ou dans un tube à essais à fond étiré, on verse de 10 à 30 centimètres cubes de la solution du sel d’amine ; on y ajoute un excès du réactif iodo-iodüré de la formule indiquée page 68 et on abandonne au froid pendant vingtquatre heures s’il est nécessaire.
Les cristaux qui se sont formés au bout de ce temps étant rassemblés avec précaution dans le fond du verre ou du tube, on amène en contact avec celui-ci l'extrémité effilée d’un tube de verre (assez large cependant pour laisser passage aux cristaux), tandis que l’autre extrémité est maintenue bouchée avec l'index. On soulève alors vivement le. doigt. Le liquide, pour se mettre à égalité de niveau, pénètre brusquement à l’intérieur du tube, entraînant avec lui des cristaux de periodure. On rebouche aussitôt avec le doigt et on enlève le tube en le tenant verticalement. A l’aide de légers tapotements, on amène les cristaux dans la partie extrème de la pointe effilée ; on pose alors celle-ci sur une lame de verre et, en soulevant légèrement le doigt, fait couler à sa surface 1 ou 2 gouttes de liquide qui entraînent avec elles les cristaux de periodure. Après avoir enlevé à l’aide de papier filtre l’excès de liquide, on recouvre d’une Jlamelle et on procède à l’examen microscopique.
Il importe essentiellement pour la mesure des angles que les faces planes des cristaux soient dans un plan perpendiculaire à l’axe du microscope, ce dont on s’assure en vérifiant que toutes leurs parties, examinées à un grossissement assez fort, sont au point.
J'ai pu ainsi caractériser nettement la triméthylamine, par la mesure des angles de son periodure, dans une solution
toutefois, dans ce dernier cas, les cristaux obtenus, de dimen-
Je l’ai caractérisée également dans une solution au oo
sions très faibles et de formes peu régulières, se prêtaient mal à des mesures d’angles (1).
Lorsque l’on aura affaire à des solutions extrêmement diluées de triméthylamine, on pourra, pour déterminer la précipitation de son periodure, avoir recours à l’emploi des sels qui la favorisent et dont nous avons parlé lors de l'étude des propriétés de ces periodures (V. pages 56 et 58).
Nous aurions désiré faire une application pratique de notre méthode complète à un produit de fermentation d’origine animale ou végétale ; le manque de matière première en temps voulu nous a obligé à différer cette expérience dont nous espérons donner les résultats par la suite.
(1) [1 faut se garder de confondre les cristaux d’iode que laisse déposer à 0° le réactif iodo-ioduré dilué avec des cristaux de periodure ; à première vue leur ressemblance est très grande, mais au microscope leur aspect est tout différent.