‹ Sur la SerbieChapitre 1 sur 10 · S. A. R. LE DUC D'ORLEANS · texte numérisé non relu

S. A. R. LE DUC D'ORLEANS

Les piincps morts n'ont point (\o flatteurs; mais il serait affligeant pour l'humanité que la reconnaissance «lescendîl au caveau funèbre avec ceux qui ont su l'inspirer. Toutefois , et quelque profonde que soit celle ([ui m'attaclie à la mémoire d'un Prince dont les hdiitt's \\Q s'<'jfhr('i()n1 jamais i\o mon souvenir, un

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autre senlimonl me presse de reporter vers lui riinnimage de mon travail

La France, où le principe de la nationalité est émancipé, provoque les sympathies et soutient les espérances des peuples opprimés ; le Prince Royal de France était donc pour eux l'aurore d'un heureux avenir. Le Duc d'Orléans lui-même comprenait ainsi sa haute mission lorsqu'il disait : Longtemps la France restera isolée, et ne dei>ra s'appuyer que sur le sentiment de sa propre dignité et les nationalités opprimées.

De là ce deuil instinctif, universel, que la mort de l'auguste Prince a répandu sur l'Europe : chacun a senti que le monde avait perdu en lui un champion de la grande cause des nations qui gémissent sous le poids de la conquête.

Puisse la mémoire du Duc d'Orléans , et le souvenir de ses penchants aussi sages que généreux , guider longtemps les destinées et les efforts de sa grande Patrie, de cette noble France, dont il avait si bien compris les véritables instincts! Toutes les bonnes causes et tous les esprits généreux lé^ reconnaissent,

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et persistent, en dépit même d'impressions quelquefois douloureuses , à voir en France celui de tous les peuples et de tous les gouvernements qui cherche sa gloire dans tout ce qui ajoute aux lumières, aux libertés et au bonheur du monde.

Lotis DE SZAFRAM£C BlSTRZONOWSKI.

« Il existe un mouvement dans les nations • slaves, que nul ne sait apprécier encore, » mais que nul ne pourra ai réler. »

{ Paroles du général d'infanterie comte de Grolmann , 1841.)

Les événements qui se sont accomplis depuis quelques années , et toutrécemment encore dans la Serbie, sont dignes d'être remarqués à deux litres différents : ce serait les juger légèrement que de n'y voir que le simple fait d'une population jadis conquise, qui réagit contre la conquête et brise son joug; il y faut voir aussi, et avant tout, la manifestation d'un principe puissant qui agite secrètement aujourd'liui toutu l'Europe, et en particulier cette partie de l'Europe orientale, où le gouvernement, épuisé et incapable de résistance, lui oppose moins d'obstacles. C'est le principe (b's nationalités; c'est lui «pii travaille cl dis-

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sout l'empire ottoman plus que toutes les causes extérieures; c'est lui qui réveille les populations danubiennes de la famille slave et inspire à leur insu leurs insurrections ; c'est à lui que la Serbie doit aujourd'iiui ce qu'elle a conquis d'indépendance, ce qu'elle a de force et d'avenir. Ne serait-ce pas, dans un tel état de choses, une étude utile que de rechercher dans l'histoire les antécédents de la nationalité serbe , son élévation et sa gloire , sa chute et ses malheurs, les efforts qu'elle a faits pour s'affranchir d'une domination étrangère , les moyens qu'elle a employés , et les succès qu'elle a obtenus dans cette lutte, à peu près inconnue de l'Europe, mais pourtant glorieuse? Si l'on pouvait ainsi éclairer la Serbie sur sa propre situation , diriger ses propres méditations sur elle-même , et lui faire faire par réflexion ce que jusqu'alors elle a fait par instinct ; s'il en pouvait sortir de sages enseignements pour les nationalités qui souffrent également l'oppression, et qui seront tôt ou tard appelées à l'imiter; si en même temps les puissances qui ont des devoirs à remplir, ou des intérêts à poursuivre en Serbie, prenaient une connaissance plus exacte des nécessités du pavs , ne serait-ce pas un heureux résultat qui compenserait bien 1p labeur d'une pareille étude?

La solution de la question d'Orient se rattache à la solution de la question serbe , beaucoup plus que la diplomatie ne semble le penser. La difficulté qui recule le terme de ce grand débat n'est pas à Constantinople , n'est pas à Alexandrie ; elle est aux mains des populations danubiennes , des nationalités renaissantes. Sans leur concours la Russie ne peut rien conlre Constantinople. C'est aussi pour cela que le cabinet de Saint-Pétersbourg attache tant de prix au

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protectorat de ces contrées, et qu'il cherche aies absorber.

Aussi la question serbe , envisagée sous ce point de vue, prend-elle desproportions beaucoup plus grandes, et devient-elle d'un intérêt immense pour toutes les puissances, puisqu'elle touche à l'équilibre européen.

PoLirbien comprendre et définir la nationalité de la Serbie, c'est-à-dire sa raison d'être, il faut remonter à son berceau ; alors seulement on pourra la connaître et la distinguer de tout ce qui n'est pas elle , et particulièrement de la Russie, qui veut se prévaloir de l'identité d'origine.

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