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tostomie, et on lui met une sonde à débit ralenti. 36 heures
après la vessie est mise à sec.
Le 26 juillet les conditions générales du malade se sont beaucoup améliorées ; il a repris ses forces, sa langue est humide. Cependant, il souffre encore de troubles digestifs (constipation), mais l’appétit est meilleur. Le pouls est moins tendu, le teint moins pâle, les urines sont encore légèrement sanglantes.
O8s. XVIII (Dr Henri Marion. Inédite). — Le 26 janvier 1932, M. T..., âgé de 73 ans, m'est adressé par le Dr Bordet qu’il venait de consulter pour un mauvais état général, des douleurs abdominales mal définies, constipation et une soif ardente. A l’examen, le Dr Bordet remarque une vessie distendue. A l’interrogatoire M. T... m’apprend qu’il présente des mictions fréquentes. Il se sait porteur d’une hypertrophie prostatique, parce que son médecin le lui a dit il y a 3 ans; mais il ajoute aussitôt que de ce côté tout va bien, puisqu'il urine 4-5 litres par jour ; ce qui l’inquiète davantage c’est la perte involontaire des urines. Le malade peut uriner, et les urines sont absolument limpides et très pâles. A l’examen : vessie distendue dépasse de 3 travers de doigt l’ombilic.
T. R. : hypertrophie prostatique nette de moyen volume. Pas de rétrécissement. Il s’agissait donc d’une distension vésicale avec urines claires chez un prostatique présentant un état général sérieux avec tous les signes cliniques de l’urémie. Aussi, j’hésite à pratiquer une cystostomie, et sur l’avis du DT Georges Marion une sonde à débit ralenti est placée le 26 janvier qui vide la vessie en 8 jours sans hémorragie ni infection. L'amélioration se poursuit les jours qui suivent. Ur. = 0,27 contre 0,49 le
30 janvier.
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Le 10 février, éystostomie sous-anesthésie locale effectuée dans les conditions les meilleures. Cependant, le lendemain, fièvre à 3803, reste en plateau durant 5 jours. Les urines se raréfient, l'intestin ne fonctionne plus et l’'opéré est très gêné par les gaz. Ce n’est que le 6° jour que l’on voit une amélioration et lé malade entre en convalescence.
Le 29 mars, nous avons révu notre opéré qui à repris 2 kgr. ; la T. A. est revenue ? ce qu’elle était auparavant.
Dans cette observation, il est permis d’insister cliniquement sur deux points : 1° la bénignité de la sonde à débit ralenti. La vessie a été évacuée sans le moindre incident à un moment où le malade était vraiment très fatigué ; 20 le choc réel qu’a été la eystostomie pour ce malade dont l’état général était très amélioré, éystostomie pratiquée sous anesthésie locale et dans les meilleures conditions de rapidité ‘et de simplicité. Dans un tel cas, on est en droit de se demander si le choc de la eystostomie awrait pu être supporté par le malade non préparé.
Conclusion
19 L'état de rétention chronique avec distension et urines clairés, à toujours été considéré comme le plus insidieux, le plus grave ét le plus difficile à traiter chez les prostatiques. On ne sauraït être trop prudent en entreprenant de traiter ces malades.
20 Cela découle des lésions s'étendant sur la totalité de l’apparel urinaire, ÿ compris le réin luimême, qui ne remplit plus sa fonction de défense contre l’inféction, comme le ferait un rein chez tout individu sain, ou même chez un distendu à urines troubles.
30 Deux gros dangers : l’hémorragie et surtout l'infection font déconseiller de la façon la plus catégorique le cathétérisme chez ces malades, pas plus sous forme de sondage que sous celle de sondé à
demeure ordinaire.
40 La cystostomie présente sur le sondage des avantages indéniables. Elle évite surtout l’hémorragie et l’infection. Mais pratiquée sur des malades aussi inhibés et aussi fortement azotémiques que le sont généralement les distendus, elle comporte
malgré tout des dangers qui se traduisent par une mortalité qui n’est pas négligeable.
D'autre part, la pratique de la cystostomie qui est défendable lorsqu'elle constitue un premier temps de prostatectomie, nous semble comporter trop de risques quand on ne recherche que la
simple dérivation des urines.
59 À cet effet, la sonde à demeure à débit ralenti préconisée par notre maître, le Prof. Marion, et mise en pratique par lui, offre le maximum d’avantages au point de vue de la chute de l’azotémie, amélioration de l’état général, etc., avec le minimum de danger, c’est-à-dire, en l’absence d’hémor-
ragie, d'infection et surtout de choc.
6° De plus, le traitement préalable par la sonde à débit ralenti de ces malades se présentant avec un état général grave contre-indiquant momentanément toute intervention chirurgicale équivaut en quelque sorte à un triage :
a) Les uns, prostatiques relativement jeunes, justiciables de la prostatectomie, sont suffisamment améliorés pour subir une opération en deux temps dans de bonnes conditions.
b) Les autres, prostatiques trop vieux, ou dont l’état des autres appareils fait rejeter la prostatectomie, pourront, sans inconvénient, apprendre à se sonder, ou subir une cystostomie si le sondage est impossible ou trop pénible.
c) Enfin, à côté des vieux prostatiques inopé-
: qui ii |eystostomie ne constituerait qu’une misère de plus, et chez lesquels celle-ci ne doit être
“faite. qu en cas de nécessité absolue.
Vu: Le Président de la thèse, P, DUVAL.
: Vu : le Doyen, BALTHAZARD.
5 ; + Vu et permis d'imprimer : , Le Recteur de l’Académie de Paris, 5 LES
S. CHARLÉTY.
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Bibliographie
Bonneau. — Danger de la cystostomie d'urgence appliquée à la rétention avec distension des prostatiques (Assoc. Franç. Urol., 1913).
— Drainage vésical filiforme chez les distendus