CHAPITRE VIT
Mode d'administration de l'eau.
L'eau d’Ahusquy se prend uniquement en boisson. Il n'y a pas de médecins là-bas et les malades se laissent guider par leur instinct, une vague tradition ou quelque théorie plus ou moins bizarre. En général, on boit trois fois par jour, le matin à 7 heures, puis de 10 à 11 et de 4 à 6; les timides se contentent de 5 à 8 litres en tout, mais d’autres vont beaucoup plus loin; et l'on cite des buveurs qui absorbent 25 litres en ces trois séances sans ressentir aucun malaise.
De telles quantités sont inutiles et dans certains cas dangereuses. La cure d’Ahusquy doit être réglementée. La manière dont on prend l’eau a, en effet, au point de vue des résultats thérapeutiques, une très grande importance.
En principe (sauf les indications spéciales fonrnies par quelques affections et dont nous parlerons plus loin), le malade doit boire, à la source même, trois fois par jour : le matin de bonne heure et à jeun, vers 7 heures par exemple, puis vers 10 heures, et enfin, l'après-midi, vers 5 heures. Le petit déjeuner du matin, très léger, sera pris vers 8 heures, et les deux principaux repas à midi et 7 heures.
Le docteur Feuillié, qui a particulièrement étudié cette question, conseille les doses suivantes :
Pendant les deux premiers jours, un demi-litre à chaque séance; pendant le troisième Jour, trois quarts de litre et le quatrième, un litre. Ne pas dépasser 4 à 7 litres par
jour, suivant d'ailleurs le poids et la maladie du sujet. Laisser un intervalle de deux à cinq minutes entre chaque verre de 150 à 200 cc. Entre chaque prise, le malade se promènera lentement pour dissiper la sensalion de refroidissement, parfois assez désagréable, qui suit l’ingestion de l’eau; mais il évitera de suer. Les deux ou trois derniers jours de la cure, il vaut mieux diminuer progressivement les quantités de boisson, car il importe de ne pas terminer par des doses élevées.
Certains malades supportent mal cette eau froide, surtout aux premières ingestions rmatinales. Elle détermine chez eux du malaise et de la céphalée. On doit dans ce cas réchauffer les premiers verres. De même chez les femmes pendant les règles.
En cas d'opsiurie, y a-t-ilintérêt à boire énchet La question a été très discutée pour toutes Les eaux diurétiques. Montaigne nous dit qu'à son époque il y avait déjà deux écoles : « On nous ordonne icy de nous promener pour la (l'eau) digérer. Là-on les arrête au lict où ils l'ont prinse jusqu'à ce qu'ils l’aient vuidée, leur eschauffant continuellement l’estomach et les pieds. » Les plus récentes études faites sur la question démontrent que les sujets sains éliminent rapidement l'eau ingérée, aussi bien dans la position debout que dans la position couchée. Les rénaux éliminent difficilement l'eau ingérée, aussi difficilement dans la position couchée que dans la position debout. Les cardiaques éliminent difficilement l’eau ingérée, mais, à l'inverse des rénaux, celte eau passe plus facilement dans la position couchée. Le décubitus dorsal peut aussi, le cas échéant, atténuer l’opsiurie en facilitant l'évacuation gastrique et en diminuant la stase portale,
Quant à l’opsiurie tissulaire, avec rétention d'eat dans les
parenchymes et dont nous parlons plus loin, on doit lutter contre elle en diminuant par le repos et la diète les chances
d'imbibition tissulaire et en provoquant une vaso-constriction par des lotions ou douches froides.
Enfin, nous ajouterons qu’à moins d’être RE d' Énte nécessitant un régime spécial, les malades doivent prendre
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une nourriture abondante et substantielle. Ils se livreront à un exercice modéré ; mais i/s ‘vileront de suer et chercheront plutôt la fraîcheur.
La cure dure en général trois semaines. On a, le plus souvent, intérêt à la prolonger de quelques jours et à la répéter les années suivantes. Le repos avant et après la cure favorise son action.