‹ Sur La Source Hydrominérale D'AhusquyChapitre 7 sur 35 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Ahusquy.

On désigne sous le nom d’Ahusquy un hameau et un ensemble de pâturages situés dans les Basses-Pyrénées, entre Tardets et Saint-Jean-Pied-de-Port, à peu près à mi-distance de ces deux villes. Ahusquy dépend de la commune d'Aussurucq et de l'arrondissement de Mauléon. Il est situé à une dizaine de kilomètres, à vol d'oiseau, de la frontière espagnole, en Soule, dans ce pays basque si pittoresque et aux mœurs si curicuses.

Abhusquy fait partie de cet ensemble montagneux appelé massif des Arbailles et qui, au nord, s'étend jusqu'à la plaine. Ce massif est entaillé d'une grande cassure formée par la Bidouze qui y prend sa source dans de très belles grottes. A l’est, où il se termine par le pic des Vautours, il est longé par la vallée du Saison, avec Tardets et Mauléon. Au sud, il est limité par les vallées d'Aphoura et de Laurhibar qui s’adossent au col de Burdin-Olatcé pour former une arête montagneuse le reliant à la chaine secondaire des Pyrénées. A l’ouest, enfin, il se termine par le pic de Béhorléguy, à peu de distance de Saint- Jean-Pied-de-Port.

Disons, en terminant cette description — volontairement un peu longue, car cette région très pittoresque est encore fort peu connue — que les sources minérales, très nombreuses dans le pays basque français et espagnol, le sont ici tout particulièrement. Nous signalerons seulement la source d'Ursoy qui, d'après le docteur Feuillié, est tout à fait semblable et d’un débit supérieur à celle d'Ahusquy, dont elle est d'ailleurs assez voisine.

Abhusquy ou Ahusky (probablement de ahuntz, chèvre en basque) se trouve sur le bord sud du massif des Arbaïlles, au sud-ouest de son point culminant (1282). La source est située à 1.100 mètres d'altitude environ, sur le flanc sud-est du pic

d'Ahusquy (1215). La beauté du site et du panorama a inspiré

des musiciens et poètes régionaux : au-dessous de la source se réunissent les trois vallées de Laurhibar, d’Aphoura et d’Aussurucq, les deux premières formant le col Burdin-Olatcé (mine de fer) et Les deux dernières le col Ibarburia (en haut de la vallée). Au sud, se déroule la chaîne des Pyrénées : tout à fait à droite, le pic Mendibels (montagne noire), en arrière duquel se trouve l'immense forêt d'Iraty, puis en allant vers l’est et en croissant d'altitude, les pics des Escaliers, d'Orrhy, d'Anie, et tout à fait à gauche, le pic du Midi d'Ossau.

À quelque distance au nord de la source s'étend la forêt de hêtres de la Tigra. Partout ailleurs, la montagne est desséchée et se dessèche de plus en plus, augmentant l'irrégularité des cours d'eau et leur pollution. Elle est couverte d'herbages où paissent vaches et moutons. De toutes parts, mais surtout à l’est de la source, Le sol est percé de points d'absorption et de gouffres nommés « lésias ». Certains doivent avoir une très grande profondeur et ont donné lieu à maintes légendes. Il y en a un de chaque côté et tout près de la source, à peu près au même niveau qu'elle.

Abusquy compte officiellement vingt habitants; il y a trois maisons, dont deux auberges, et, disséminées de loin en loin, quelques huttes de sabotiers et des cabanes de bergers ou « cayolars ».

On peut se rendre à Ahusquy de Mauléon, de Tardets et de Saint-Jean-Pied-de-Port(ces trois villes étant desservies par une

svoie ferrée). De Mauléon, on gagne Aussurucq par la route (14 kilomètres). Au delà, un chemin muletier mène en trois heurés environ au col Ibarburia en remontant en pente douce une vallée desséchée, quoique boisée dans sa partie inférieure. C'est la voie la meilleure, la plus courte et il serait possible d'y faire une route. De Tardets, une route de 6 kilomètres mène à

880 Or

Alçay, d'où un sentier raide et ensoleillé s'élève, sur la rive gauche de l’Aphoura, pour franchir le col d'Angaitz, au delà duquel on rejoint l'itinéraire précédent, la durée du trajet étant sensiblement la même. De Saint-Jean-Pied de-Port, on gagne Mendive par 11 kilomètres de route. Puis on suit, pendant trois heures et demie environ, un chemin muletier passant par la crête montagneuse de la rive gauche du Laurhibar, le col d'Apbanice et un vaste plateau couvert de pâturages au ‘delà duquel se dresse le pic d'Ahusquy.

Abusquy n'est guère fréquenté que par les Basques et des gens de la région qui viennent y passer quelques semaines pendant l'été. Ce sont, en général, des touristes ou des personnes fatiguées venant de leur propre initiative. Les malades gravement atteints ne peuvent guère s’y rendre, le voyage à dos de mulet, surtout à la descente, étant très pénible.

Le climat d'Ahusquy est un climat de montagne assez froid. Les matinées et soirées sont fraiches même en été et il y a souvent de brusques changements de température. Cependant, le vif soleil des montagnes donne des journées chaudes même l'hiver quand il y a de la neige. Ahusquy est exposé au sud, face aux Pyrénées, et les hauteurs contre lesquelles il est adossé en arrière le protègent des vents du nord. Il reçoit, par contre, de forts vents d'ouest et d'est. Grâce à l'altitude, l’air est très sec, mais les pluies et surtout les brouillards sont assez fréquents même en été. En somme, par la pureté de l'air, l'altitude, la beauté et l'étendue de l'horizon, c’est un climat à la fois tonique el reposant.

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