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DEUXIÈME PARTIE

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR L'ORIENTATION QUE PRENNENT LES CORPS SOLIDES EN TOMBANT DANS LES FLUIDES.

Orientation des cristaux de glace.

La forme de cristaux de glace géométriquement la plus simple, la seule ou presque la seule à laquelle on ait fait jouer un rôle dans la production des halos, est celle d’un prisme droit hexagonal.

Le cristal est, soit très allongé dans le sens de laxe principal (prismes proprement dits), soit très court, très aplati (lamelles).

Suivant l’opinion généralement admise et qui paraît avoir été énoncée pour la première fois par Babinet (1), l'orientation tantôt horizontale, tantôt verticale qu’il est nécessaire de prêter aux axes pour expliquer les halos est liée à l'existence de ces deux formes types.

Les cristaux, en traversant l’air, prendraient la position qui leur assure le minimum de résistance de la part du fluide. L’axe des prismes allongés s’orienterait donc verticalement et celui des lamelles, horizontalement.

Cette prétendue lot de moindre résistance, pourtant sans fondement mécanique, fut admise par Bravais [non sans quelques réserves (?)] et par presque tous ceux qui, après lui, écrivirent sur les halos (3).

Je noterai toutefois les doutes exprimés par Renou () et par moi-même (°) ainsi que l'opinion, diamétralement opposée à celle de Babinet, qu'énonçait récemment M. Wood (5) et qu’il appuyait sur quelques observations, d’ailleurs insuffisamment probantes.

(1) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. IV, 1837, p. 638. (?) Voir Annuaire météorologique de la France pour 1851, p. 168. ($) Voir, par exemple, MascarT, Traité d'Optique, t. II, p. 478, Paris, 1803,

et PERNTER, WMeteorologische Optik, p. 318, Wien und Leipzig, 1906.

(*) Dans plusieurs communications verbales à la Société météorologique de France.

(°) Annuaire de la Société météorologique de France, 1899, p. 140.

(5) Monthly weather Review, August 1906, p. 357.

D'après ce savant, les corps s’orienteraient de telle sorte que la résistance du milieu soit maximum el non minimum.

Depuis longtemps déjà, parmi les théoriciens et les expérimentateurs s’occupant de questions relatives à laviation, plusieurs avaient été amenés à étudier la chute d’une plaque mince abandonnée à la pesanteur au sein de l'air.

A. Jarolimek (1) paraît avoir été le premier à traiter le sujet. Il résulte de ses recherches que, pour une lamelle homogène, la position verticale est instable et que, seule, la position horizontale correspond, dans certains cas, à un équilibre stable.

Les expériences de Fr. Ahlborn (?), en 1897, et celles de W. Küppen (*), en 1901, conduisent sur ce point à la même conclusion; mais aucun de ces trois auteurs n’a songé à appliquer les résultats obtenus aux cristaux de glace atmosphériques, auxquels ils ne sont d’ailleurs que partiellement applicables, comme on le verra.

D'autre part, leurs travaux ont eu peu de retentissement et, pour ma part, Je n’en ai eu que tout récemment connaissance.

En 1906, j'ai commencé, sur l'orientation que prennent les corps solides en tombant dans les fluides, des recherches expérimentales dont jai communiqué les premiers résultats à la Socrété météorologique, en janvier 190% (*).

Depuis, J'ai étendu et complété ces recherches. J'exposerat ici, dans l’ordre qui me paraît le plus logique, les méthodes employées et l’ensemble des résultats obtenus, sans faire de distinction entre ceux qui sont entièrement nouveaux et ceux que J'indiquais déjà

dans mon prenier Mémoire.

(1) Zeitschrift des Osterreichischen Ingenieur- und Architekten-Vereins, 1893, n°s 30 et 31. | (?) Abhandlungen des naturwissenschaftlichen Vereins. Hambourg, 1893.

(*) Zllustrirte aeronautische Mittheilungen, 1901, p. 149. (*) Annuaire de la Societé météorologique de France, 1907, p. 40.

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