ACTION DE LA TOXINE SUR LES ANIMAUX
Ces expériences ont porté en grande partie sur des lapins. La ioxine était dissoute dans de l’eau stérilisée et injectée sous la peau du dos de ces animaux.
Pour une même dose de toxine, les réactions de l’animal n’ont pas toujours la même intensité, certains lapins semblant être, à cet égard, plus résistants que d’autres.
Outre ces différences, dues aux animaux, il en existe d’autres tenant à la provenance de la toxine employée. Un grand nombre d'expériences ont été faites avec de la toxine préparée par la première méthode décrite. De même j'ai préparé de la toxine avec de la bactéridie asporogène ct d’autre avec la bactéridie à spores.
De là résultent des différences qui se manifestent surtout dans les doses nécessaires pour amener la mort des animaux et aussi dans la rapidité avec laquelle survient cette mort pour une dose donnée. |
4, Lanoweur, Zoppe-Seyler's Zeitschrift für physiologische Chemie, NUL, p: 167,
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Mais les phénomènes produits étant semblables avec’ ces toxines d'espèces différentes, je n'en ferai qu’une seule description. Je signalerai ultérieurement les différences d'activité de ces diverses toxines. >
L’inoculation de la toxine est généralement suivie d’une élévation de la température. Cette élévation n’est pas immédiate, elle ne commence guère à se manifester'que quatre heures après l’inoculation. Elle est elle-même précédée d’un abaissement qui a atteint quelquefois près d’un degré.
À ce moment, ni la respiration, ni le rythme cardiaquefne semblent altérés. :
Même en injectant des quantités de toxine égales à 400 milligrammes par kilogramme d'animal, le sang du lapin reste coagulable. Les prises de sang ontété faites : 20 minutes, 40 minutes, À heure, 2 heures, 4 heures après l’inoculation de la toxine. Toujours il s’est formé un caillotet cela dans le temps normal. .
Le plus souvent, c'est le lendemain de l'inoculation qu’on a une élévation notable de la température. Cette élévation peut dépasser un degré et demi. La courbe des températures présente alors des oscillations assez grandes qui persistent jusqu’à la ‘mort de: l'animal quand celui-ci ‘succombe. La mort se produit avec un abaissement considérable de la température, que ‘ai vu tomber jusqu’à 8° au dessous de la température normale de l’animal.
Quand au contraire l'animal se rétablit, à la suite de l’injection d’une dose trop minime de toxine, les oscillations de la courbe des températures vont en s’atténuant peu à peu.
En même temps que ces phénomènes se manifestent du côté de la température, l'animal à ordinairement de la diarrhée. L’amaigrissement ne fait jamais défaut. L'animal se cachectise, el peu à peu, quand il survit une dizaine de jours à l’inoculation de la toxine, il peut'arriver à perdre plus d’un tiers de son poids.
Dans les derniers moments, outre le grand abaissement de la température, on observe de la paraplégie. Le lapin semble être insensible à la douleur, du moins pour les membres postérieurs. La cage thoracique est animée de mouvements inspiraloires très notables; 11 y à en outre par moments des spasmes des membres. Cet état peut, daus quelquestcas, se prolonger plus de vingt-quatre heures. Bien que la respiration semble devenir peu à peu moins
pénible, l'animal reste couché sur le flanc et peut à peine se soulever sur ses membres antérieurs. La pupille est dilatée et les paupières ne se ferment plus quand on touche la cornée. Le choc cardiaque devient de moins en moins distinct, le rythme du cœur est altéré. Puis la respiration ne se fait plus qu’à des intervalles de plus en plus éloignés. Des contractions spasmodiques se produisent dans beaucoup de muscles; la tête se renverse en arrière, le tronc se met-en opisthotonos, les membres sont en extension, les narines dilatées et le lapin meurt en poussant plusieurs cris aigus.
Ces phénomènes sont ceux que l’on a dans la mort par infecüon charbonneuse ; ils me semblent être identiques à ceux qu'on observe dans la mort par asphyxie.
À l’autopsie, le foie ne paraît pas augmenté de volnme, la rate est petite, de couleur normale. La pulpe de rate, de foie, le sang du cœur étalés sur des lamelles et colorés soit au bleu de méthylène, soit par la méthode de Gram ne montrent pas de microbes. Les ensemencements faits avec ces pulpes et ce sang dans du bouillon et sur de la gélose nutritive ne donnent aucune culture.
M. Roger ‘ a dosé le glycogène du foie des animaux succombant au charbon. La conclusion de ses recherches est que le glycogène a totalement disparu du foie de ces animaux. En sacrifiant des lapins charbonneux un peu avant la mort et faisant le dosage du glycogène par la méthode de Landwehr?, je n’ai pas eu des résultats aussi nets. La quantité de glycogène a été nulle ou à peu près dans plusieurs cas, mais dans d’autres elle a été de 2, 5 et jusqu’à 60 milligrammes dans un cas. Il y a donc ou disparition ou diminution considérable du glycogène dans le foie des animaux charbonneux.
Par ce même procédé de Landwehr, j'ai également dosé, au moment de la mort, le glycogène contenu dans le foie de lapins succombant en moins de six jours à l’inoculation de la toxine. Les quantités trouvées ont été nulles ou à peu près dans quelques cas; dans la majorité des lapins intoxiqués elles ont varié de 10 à 20 milligrammes pour s'élever une fois jusqu’à 15 milligrammes. Bien que ces nombres soient semblables à