V. A. DELAIIAYE ET C‘% LIBRAIRES-ÉDITEURS
PLACE DE l’école DE MÉDECINE
Dans ce travail dont le titre paraîtra peut-être ambitieux, nous avons cherché à suivre une voie nouvelle indiquée par les progrès récents de la science. A cette époque d’observation rigoureuse et d’expérimentation physiologique, les recherches de science pure sont nombreuses, dont on ne prévoit pas toujours l’application à la pratique de l’art médical. Cependant l’application vient quelquefois bien rapidement. Une des fonctions les plus intéressantes de la chirurgie militante doit être l’utilisation des résultats acquis par les études très-précises d’anatomie et de physiologie normales et pathologiques. C’est à une œuvre de cet ordre que nous avons voulu apporter notre modeste contribution en utilisant certaines découvertes modernes, et plus particulièrement celles de MM. Broca, Charcot, Ferrier et de tous les chercheurs qui se sont groupés autour d’eux.
Cette étude clinique et expérimentale a nécessité de longues recherches dont le lecteur pourrait être surpris de ne pas trouver les indications. A dessein, les longues discussions, les observations nombreuses et étendues ont été écartées; seules ont été admises les citations absolument indispensables des principaux documents étudiés, au milieu desquels un des plus importants sans doute était la remarquable histoire chirurgicale de la guerre de sécession.
Ce mode d’exposition rapide risque de paraître insuffisant en rigueur scientifique, mais il permettra de lire tout l’opuscule en quelques heures et d’embrasser sans peine tous les détails d’une question difficile à juger. Il faut admettre, du reste, que le lecteur est instruit déjà des données principales.
Si quelqu’un était tenté de nous trouver peu soucieux des enseignements des maîtres de la chirurgie moderne, qu’il considère d’un peu près cet exposé pour bien voir qu’il n’a pas une pareille présomption. Il s’agit d’une apparence seulement et d’une nécessité du sujet.
Depuis le commencement du siècle, la conduite de la chirurgie est telle, que l’on peut dire qu’aucun chirurgien régulier n'a plus fait la trépanation à titre d’opération commune, personne peut-être, sauf ces praticiens
de la Cornouaille dont nous avons cité une publication remarquable. Nous ne pouvions poursuivre la réhabilitation de cette opération, que par l’étude de faits nouveaux ou très-anciens, même préhistoriques^ et surtout de conditions opératoires nouvelles justifiant un retour scientifique vers les habitudes de la vieille chirurgie.
Nous avons cherché à montrer que la valeur de la trépanation du crâne doit s’accroître beaucoup dans notre chirurgie moderne; et l’une des causes de la confiance que l’on mettra dans cette opération sera certainement le progrès fait dans la solution du problème suivant ; étant donnés certains troubles moteurs consécutifs à des traumatismes du crâne, on peut déterminer par leur observation assez nettement la région de V écorce cérébrale compromise, pour guider avec sécurité la main du chirurgien qui se propose de la libérer par la trépanation du crâne.