‹ Sur la vieChapitre 3 sur 56 · MAGNIFICAT · texte numérisé non relu

MAGNIFICAT

Je ramène Séti à son caveau, dans la montagne du Seigneur, au lit du roc où la corruption est vaincue. Et je tiens le Sphinx en laisse.

Toute matière n'est qu'un atome de lumière, mais lancé par l'amour. La vie est la clarté et la beauté même, non ce reflet d'éblouissante incorruptibilité. Le sourire du Sphinx est une divine promesse ; mais il faut la comprendre mieux que lui. Il ne se connaît pas luimême. Pure intelligence, il n'a idée que de ses lignes; il ne discerne pas sa forme vivante sous la rigidité, ni la chair sous l'épure : il ne distingue pas le trilobé du cœur, où le saint triangle est inscrit, à la marque du inonde invisible et de tous les temps à venir ou révolus.

Divin sourire, promesse d'un bonheur qui ne saurait être glacé. Car le bonheur, c'est la beauté possédée qui possède. Et le moyen de la possession, tant qu'on la cherche hors de soi, voilà toute l'énigme.

Beauté ne peut mentir. C'est la fausse beauté qui trompe, étant le mensonge même. La beauté est la confidence de la vie : la parole et la forme de la vérité, qui n'est rien que là et cela même.

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