‹ Sur la vieChapitre 32 sur 56 · AUX PORTES DE TIIÈBES · texte numérisé non relu

AUX PORTES DE TIIÈBES

Il faut vaincre, pour vivre. Mais il faut mériter d'être vaincu. A la longue, s'il en vaut la peine, le vainqueur y aspire. Celui qui vit le plus, tend le plus à la mort, quelque horreur lui (it-elle. Il y va par bien plus de chemins que les autres. Toutes les voies mènent à la mort; mais de surcroît, il a les siennes.

Les i^rands vaincus sont les plus beaux des hommes. Leurs vainqueurs n'y sauraient prétendre comme eux. La victoire et la force de vaincre conviennent aux peuples, parce qu'ils doivent vivre. S'ils abdiquent la vie, il ne leur reste rien. Mais la force de se survivre et la grandeur d'être vaincu appartient à quelques hommes, une troupe héroïque. On assomme un enfant, on le torture, on l'annihile : on ne le vainc pas. Les grands vaincus ne sont pas des enfants.

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