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PRIMAVERA

Sourire de la muraille ! Cœur multiplié, vœu d'éternel attachement, tunique des thyrses, ô beau lierre, trèfle dur de l'Olympe 1

Dans la poussière du dernier été, sous les rameaux aunis de l'hiver, j'ai reconnu la branche de lierre neuf 3t je l'ai vénérée.

Et d'abord, je ne l'ai point cueillie. C'est en vain qu'elle évoque le front et les cheveux de la déesse, ou ia gorge tendue, et sa parure chasseresse sur une tunilue de lin. Je n'en ferai pas une guirlande.

J'ai laissé quelques jours de soleil et de pluie la couler en bronze. Elle ne s'enlacera pas à la cuisse des lïénades, prenant au bois secret de l'orgie le pli de la JDnvoitise et l'odeur des antres. Six feuilles en ordre sur Il branche, comme aux métopes de la frise, six boujiers entre les triglyphes. Chaque feuille est l'écusson

jvissant que soutient le pétiole, enroulé comme une

bague. Et, à chaque anneau vivant, un écu à cinq lobes est suspendu.

Toute la tige est racine. Elle fourmille de désirs : elle brûle de toujours s'étendre et de se fixer ; elle est avide de tout espace ; elle suce le temps et la durée.

La poussière des années poudre le tronc du lierre, sans le refroidir; elle couvre ces magnifiques nœuds de serpents velus, ces queues de renard qui rampent. L'eau du ciel la fixe ; les grandes pluies d'automne ne la dispersent pas. Et la pousse nouvelle surgit de l'aïeule. 0 feuillage de bronze ardent, éternel renouveau, promesse de vie, saveur très amèrel Et déjà les ombelles pressées des fleurs se devinent. Et quand les baies seront mûres, plus dures que pépins, toutes les ailes bourdonneront sur ce raisin noir des guêpes.

Que verrait-on de plus beau ? |

Voici la forme du cœur, et les lèvres d'un dieu sur la mousse. Est-ce Bacchus mourant, et le sceau du baiser sanglant qu'il laisse à la nature? Ou le voile qui presse le sexe virginal de Polyxène, quand elle s'enveloppe étroitement et, pour jamais, penche la tête?

Telles aussi les grosses larmes tombent et s'étalent dans la poussière du chemin. Mais c'est toujours le cœur, avec les quatre loges au galbe enivrant ei la pointe qui darde.

Que ce lierre soit le gage du printemps, et la récompense des poètes ! Qu'il reste au soleil d'avril, et qu'il parle pour la lyre 1 II n'est lierre au Parnasse, que d'Athènes et de Paris,

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