Sur la vitesse de la circulation pulmonaire
Dans leur récent mémoire sur ce sujet, mémoire ayant pour base des recherches expérimentales faites sur le chien, LanGLois et Dessous écrivent : « STEWART prétend que sur le lapin, l’injection étant faite au moment de l’inspiration donne une lecture d’un temps plus court que si elle est poussée au moment de l’expiration, c’est-à-dire que l'inspiration active la circulation pulmonaire, lexpiration y mettant plutôt obstacle... Nous avons fait un certain nombre de recherches à ce sujet et ne sommes jamais arrivés à voir une différence sensible quel que soit le temps de la respiration auquel l’injection ait été poussée. »
En lisant mon mémoire, les auteurs ont probablement été trompés par le fait que pour éviter la répétition de la phrase « interruption de la respiration en position inspiratoire ou expiratoire » j'ai employé les abréviations « Insp » et « Exp » ainsi qu'il est soigneusement expliqué? « pour indiquer respectivement que l’observation était faite, les poumons étant distendus ou rétractés. Lorsque les abréviations « Insp » et « Exp » ne sont pas suivies d’un nombre mesurant le temps, l'intervalle entre l’arrêt de la respiration et l’injection de la solution saline était aussi court que possible, et né dépassait pas en général plus de 4 secondes. — « Insp 20” » signifie que l'injection n’était pas commencée tant que la respiration n'avait pas été arrêtée pendant 20 secondes dans la phase inspiratoire. « Exp for 20” » a une signification correspondante. En aucun cas, la respiration ne recommençait avant que la lecture du temps de circulation n’ait été faite ».
Ce que j'ai établi concerne donc seulement l'influence de la position des
- 1 Journal de Physiologie et de Pathologie générale, t. XIV, p. 282, 1912. 2 Voir page 34.
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poumons et du thorax quand la respiration est arrêtée dans le stade inspiratoire ou expiratoire pendant toute la période d'observation du temps de cireulation.
Je n’ai pas fait d'observations sur l’influence que peut avoir le moment du cycle respiratoire auquel on pousse l'injection saline sur la vitesse de la circulation pulmonaire. Étant donné d’ailleurs le rythme respiratoire du lapin, dans les conditions expérimentales où je me trouvais, la durée de la petite circulation aurait été pratiquement contemporaine d'au moins un acte respiratoire complet, de telle sorte que si l'inspiration avait produit un effet quelconque, il aurait été masqué par l’effet contraire de l'expiration. Un essai de détermination du phénomène en question eût donc été sans objet.
Pour ce qui est de ma discussion relative aux causes de la différence des durées circulatoires pendant l’arrêt inspiratoire ou expiratoire, il n’est pas difficile de voir que la différence doit être plus prononcée, ou tout au moins plus facile à constater, dans le cas des petits animaux que dans celui des gros, chez les lapins que chez les chiens.
J’ai indiqué que dans un petit nombre d'expériences, si l'on faisait la moyenne d'un certain nombre de lectures, on ne pouvait voir aucune différence entre la durée de la circulation pulmonaire pendant « l'inspiration et l'expiration », c’est-à-dire pendant les arrêts inspiratoire et expiratoire, et j'ai montré que si mon explication est correcte, on pouvait s’attendre à quelques-uns de ces résultats (page 53). Le ralentissement de la durée de circulation pulmonaire dans le cas d’oxygénation imparfaite du sang, sur lequel j’insistais dans mon mémoire, est un facteur qui doit jouer un certain rôle dans l’effet de l’adrénaline, dans les cas où MM. Laxezors et Despouis observaient une apnée expiratoire prolongée, que le mécanisme de la variation de durée de la petite circulation dù à l’asphyxie et à l’adrénaline soit le même ou non dans tous les points essentiels.
Du point de vue technique, il n’est peut-être pas inutile d’insister une fois de plus sur le fait que la méthode qui consiste à noter le moment de l’injection et l’arrivée de la solution saline aux électrodes, au moyen d’un signal électro-magnétique sur un tambour, présente des avantages considérables sur emploi du chronomètre à arrêt quand les intervalles de temps sur lesquels doit porter la lecture sont petits. Des spécimens de tels tracés, pris par quelques-uns de mes étudiants aux travaux pratiques, et qui mettent très nettement en évidence l’allongement de durée de la circulation pulmonaire causé par l'excitation du vague, figurent dans mon Manuel de Physiologie (5° édition, p. 111, 1906; 6° édition, p. 126, 1910).
Pour beaucoup de recherches, je me suis servi pendant longtemps de la méthode téléphonique au lieu du galvanomètre pour mesurer des durées
circulatoires. J’avais pensé dès mon premier travail à la méthode télépho-
nique, mais je fus détourné de l’employer par la crainte que les chocs d’induction de la force appropriée à la méthode de mesure, ne causassent des troubles sérieux en excitant les nerfs voisins. Mon dernier travail (Journ. of Physiol., volume XXII, p. 159, 1897) montra que cette crainte n’était pas fondée, lorsque le vaisseau sanguin était bien isolé. Des électrodes recourbées en forme de crochet et faites de gros fils de platine supportent la portion dénudée du vaisseau.