STEWART
Je n’ai Jamais eu la moindre difficulté en travaillant avec des vaisseaux sanguins non ouverts, mais cependant, là où il n’y a pas d’objections à les ouvrir, et où l’on n’a pas à craindre la coagulation, des électrodes de platine introduites dans le courant circulatoire telles que les ont employées Lax- GLois et DesBouis, et SteinHaus (Archives internationales de Physiologie, tome V, page 231, 1901), rendront possible l'emploi de courants plus faibles Dans quelques cas, la surface des électrodes pourrait être aussi grande que possible, ou elles pourraient être platinées si l’on voulait obtenir un minimum très exact. J’ai toujours pu arriver à obtenir une disparition suffisante du son quand la résistance du pont était compensée en prenant de larges électrodes de platines assez recourbées pour entourer la plus grande partie de la circonférence du vaisseau, sans être obligé de les platiner.
Le moment de l’arrivée de la solution saline est si facilement mis en évidence que depuis plusieurs années j'ai l’habitude de montrer l’expérience au cours en donnant aux étudiants, qui se les passent les uns aux autres, un groupe de cinq ou six téléphones tous reliés au pont par deux longs conducteurs. Pour les branches du pont de Wheatstone, il faut employer des résistances de 100 à 1 000 ohms, de telle sorte qu’une fraction suffisante du courant d’induction traverse le vaisseau sanguin.
Pour les petits animaux, la méthode au bleu de méthylène (SrewarT, Journ. of Physiology, XXI, p. 160, 1897. Manual of Physiology, 1° édition, p. 157, 1896 ; 6° édition, p 181, 1906) est la plus simple el donne précisément les mêmes résultats que la méthode électrique, comme le montrent les observations simultanées dans lesquelles on injecte une solution saline fortement colorée par du bleu. La solution de bleu de méthylène est très facile à reconnaître dans un vaisseau sanguin isolé et non ouvert, grâce au brusque changement de couleur qu’elle produit, si le vaisseau n’est pas trop gros et bien éclairé. La carotide du lapin, du chat ou de petits chiens est parfaitement convenable pour ces expériences. Pour des vaisseaux comme ceux du mésentère, la lumière transmise peut être meilleure que la lumière réfléchie (voir SozLMaAnx et aussi, Journ. of Pharmacology and Experimental Therapeutics, t. 1, p. 435, 1909-1910). La décoloration du bleu est si rapide qu’une série de lectures successives peut être rapidement faite. Enfin, au moyen de lPophtalmoscope, on peut même mesurer la durée de la circulation rétinienne par la méthode au bleu de méthylène (Srewart, Proceed. of the American Physiolog. Soc., 21, 1895, et Science, t. IIT, p. 115, 1896).
L’utilité de l’une ou l’autre de ces méthodes pour l’étude de laction des substances sur le calibre des vaisseaux ou sur les voies vaso-motrices dans différentes conditions, est considérable. Je me demande même si elles ont été suffisamment appréciées par les expérimentateurs qui ont fait des recherches dans cette voie, car, à ma connaissance, elles n’ont été employées que par Epmuxps !, par SoLLMANN ? et par STEINHAUS*, puis enfin par LanGLois et DEsBouis.
Il y a déjà vingt ans * que des recherches faites sur la durée de la circula-
1 American Journal of Physiology, t. XVIII, p. 129, 1906. 2 SOLLMANX, loc, cit.
3 STEINHAUS, loc, cit.
4 STEwART, Journal of Physiology, vol. XV, p. 79, 1893.
tion dans la thyroïde du chien, avant et après la section du sympathique cervical et durant l’excitation de son bout céphalique, je concluais que le sympathique cervical contient des rameaux vaso-constricteurs pour le lobe thyroïdien correspondant. L’augmentation de durée de la circulation à travers la glande pendant l'excitation du sympathique cervical s’obtenait aussi bien lorsque le nerf était excité très bas dans le cou que juste au-dessous du ganglion cervical supérieur : ceci montrait donc que c’est au niveau de ce ganglion que les vaso-constricteurs thyroïdiens quittent la chaîne sympathique.
La section du sympathique cervical provoquait une diminution nette de la durée de la circulation thyroïdienne, diminution qu’il fallait interpréter comme indiquant que les vaso-constricteurs de la glande avaient été sectionnés. Ces observations semblent être restées ignorées de François-FRANCK!, qui n’en fait aucune mention dans son excellent travail sur l’innervation vaso-motrice de la thyroïde.
1 Journal de Physiologie et de Pathologie générale, t. X, p. 442, 1908.
(Extrait du Journal de Physiologie et de Pathologie générale, tome XIV, n° 6, 15 novembre 1912.)
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