Crête soustemporale
y Partie mastoïdienne du temporal.
★ Partie mastoïdienne de l’apophyse mastoïde.
de l’apophyse mastoïde, est l’homologue de l’apophyse rétrotympanique (x) de l’écaille temporale du cheval.
Cet intéressant arrêt de développement, qui est si important au point de vue de l’anatomie comparée de l’écaille temporale, a pour cause la non-synostose atavique de la suture quadrato-mastoïdienne (2).
Comme le sommet de l’apophyse mastoïde est, par suite du rachitisme, infléchi en dedans, la rainure digastrique et le sillon de l’artère occipitale sont très rétrécis.
b) Écaille temporale. — Ce complexe d’os qui porte, comme nous venons de le voir, une nouvelle apophyse descendante ou rétrotympanique, non encore décrite chez l’homme, présente en outre plusieurs dispositions intéressantes.
La crête soustemporale ou crista infratemporalis (3) , comme je propose de l’appeler, est fortement prononcée et divise la surface externe de l’écaille temporale en deux champs, un champ antérosupérieur beaucoup plus grand qui donne insertion au muscle temporal, et un champ postéro-inférieur plus petit auquel appartient l’apophyse zygomatique. Ces deux champs ne sont pas toujours si nettement séparés l’un de l’autre.
En nous laissant guider par ce fait, que l’apophyse rétrotympanique de l’écaille temporale ne s’est pas soudée dans notre crâne d’idiote avec la partie mastoïdienne, nous sommes porté à croire que toujours l’apophyse zygomatique de l’écaille temporale chez l’homme prend son origine par quatre racines, qui sont, comptés d’avant en arrière, i° le tubercule articulaire, 2° l’apophyse rétromandibulaire (4), 3° l’apophyse rétrotympanique, et 40 la crête soustemporale.
La gouttière du sinus pétro-squameux, qui est bordée de plaques
(h Posttympanic process. Voir Flower, An introduction to the osteology of the mammalia, 2nd édition. London, 1876, p. 164.
(2) Un dernier reste de cette suture se trouve très souvent sur l'apophyse mastoïde, même de crânes humains adultes, mais n’a pas été compris jusqu’à présent.
(3) Linea temporalis , Henle, loc.cit., p. iq5.
(4) L’apophyse rétromandibulaire ou rétroglénoïdale (postglenoïdal processus, Flower, loc. cit.), si généralement connue chez les autres mammifères, est représentée chez l’homme par une saillie plus ou moins forte qui se trouve derrière la cavité glénoïde et qui a pour but d’empêcher la luxation de la mâchoire inférieure en arrière. Cette apophyse est rudimentaire chez l’homme.
ostéophytiques, aboutit de chaque côté par un foramen jugulare spurium (x) (voir pl. ÏIÏ, fig. 5, n° 2b) sur l’extrémité interne de l’apophyse rétromandibulaire. Je profite de l’occasion pour signaler ici que le foramen jugulare spurium de Luschka est le foramen postglénoïdal de Flower (2). Sur le bord tympanique (3) des écailles temporales de notre idiote on trouve de chaque côté un tubercule obtus de 4 millimètres de hauteur (voir pl. II, fig. 1, n° 20) que je n’ai jamais vu jusqu’à présent et qui a probablement servi à l’insertion du ligament supérieur du pavillon de l’oreille. Je propose de l’appeler apophyse auriculaire du quadratum ou de l’écaille temporale ( processus auriculciris).
Quand on interpose la partie temporale du squamosal de notre idiote entre la lumière et l’œil, on remarque que, par l’hypérostose excessive, elle n’est pas transparente comme à l’état normal.
c) Apophyses styloïdes. — Ces apophyses sont brisées, mais leurs troncs montrent qu’elles ont été très bien développées ; devant elles se trouvent les énormes apophyses vaginales styloïdiennes des tympaniques (pl. III, fig. 5, n° 24).
d) Tympaniques. — Le tympanique forme de chaque côté une apophyse vaginale styloïdienne (Cruveilhier) (4) qui surpasse en longueur tout ce qui a été vu d'elle jusqu’à présent : elle a à droite 18 millimètres, à gauche 2 centimètres de hauteur. Dans tous les cas que j’ai observés jusqu’à présent, cette apophyse constitue l’extrémité inférieure du tympanique , et je crois pouvoir me permettre de corriger dans ce sens les suppositions de MM. Henle (5) et Cruveilhier, qui font dériver l’apophyse vaginale styloïdienne du rocher.
Pariétaux.
Les pariétaux sont séparés par des sutures l’un de l’autre, de l’écaille temporale, de la partie mastoïdienne et de l’occipital.
La suture sagittale est divisée à peu près en trois régions d’une étendue égale : antérieurement on trouve de petites dentelures
(Ij Luschka, Zeitschr. für ration. Médecin. 1 85g, 3te Reihe, VII, p. 72.
(2) Flower, loc. cit., p. 121.
(3) Mar go tympanicus, Henle, loc. cit., p. 144.
(4) Cruveilhier, Traité d’anatomie descriptive, 5e édit., Paris, 1871, t. I, p. 104.
(5) Henle, loc. cit., p. 1 58.
n° 3; dans la deuxième région, un gros zigzag du même numéro; enfin la troisième région, représentée par l’obélion, est presque linéaire (voir pl. III, fig. 6). De chaque côté de l’obélion et vers son milieu sont situés les trous pariétaux dont le gauche seul est bien développé et perméable.
Le pariétal gauche est synostosé avec le frontal, de sorte qu'il ne reste qu’un vestige de la suture coronale gauche à la face externe du crâne. Cette dernière trace de la suture est linéaire et s’étend , quand on mesure la corde de la courbe décrite, à 4 centimètres au-dessus du ptérion gauche (voir pl. II, fig. 2, n° 26). Au contraire, le pariétal et le frontal droits restent séparés. La suture coronale droite est singulièrement conformée : à partir de la suture sagittale elle fait d’abord une grande courbe linéaire, dont la corde mesure 14 millimètres (voir pl. III, fig. 6) (fi. La courbe est ouverte vers l’occiput. A partir de là la suture décrit une deuxième courbe, mais plus petite, ouverte dans le même sens et qui se continue sur une longueur de 27 millimètres avec des dentelures n° 2 ; vient ensuite une partie de 43 millimètres avec de fortes dentelures n° 4, dont la direction est antéro-externe; enfin la suture devient entièrement linéaire et tombe de cette manière sur le ptérion droit (voir pi. III, fig, 6, et pl. II, fig. 1 et 2). Sur les bords des sillons vasculaires il y a quelques plaques ostéophytiques moins développées que celles des gouttières pétro-squameuses.
Ce qui est très intéressant dans notre crâne, c’est que nous avons à droite le ptérion normal, à gauche le ptérion renversé. Ce renversement du ptérion gauche se fait d'une manière assez remarquable; c’est pourquoi je l’ai fait représenter dans la planche III , figure 10 : le contact de l’alisphénoïde et du pariétal n’est pas empêché, comme on le voit généralement dans le ptérion renversé, par un bourgeon du squamosal qui passe entre les deux pour se souder au frontal, mais il se fait par l’intervention de deux bourgeons, un supérieur et un inférieur. L’inférieur (voir pl. III, fig. 10, n° 27) se présente sous forme d’une lame osseuse qui passe du squamosal au frontal, se soudant en bas avec lalisphénoïde, en avant avec le frontal, en haut avec le bourgeon supérieur. Le supérieur (pl. III, fig. 10, n° 28),
(fi J’ai d’abord pensé que cette première courbe était une cassure post mortem, tellement sa forme est étrange. Alors la partie de la suture coronale droite entre le commencement médial de la deuxième courbe et la suture sagittale eût été synostosée. Mais l’avis de M. Houzé étant qu’il ne s’agit pas de cassure, je n’ai pas hésité à me ranger à son opinion.
au contraire , est formé par une lame osseuse qui prend son origine au frontal et passe à l’écaille temporale se soudant en haut avec le pariétal, en arrière avec l’écaille temporale et en bas avec le bourgeon inférieur. La séparation du pariétal et de l’alisphénoïde gauches est donc produite dans ce cas par deux bourgeons, un inférieur, qui provient de l’écaille temporale, et un supérieur, qui provient du frontal.
On constate également le renversement du ptérion gauche à la face interne du crâne; mais la disposition est plus simple : le frontal et le squamosal sont réunis par une lame osseuse, qui sépare le pariétal et l’alisphénoïde. Comme, par suite d’un développement plus avancé de la lame vitrée, il ne reste pas de vestige de la suture squamoso-frontale à la face interne du crâne, il nous est impossible de dire auquel des deux os le bourgeon d’union appartient; nous pouvons encore moins constater l’existence d’un double bourgeon comme a la face externe.
Le ptérion droit se présente dans les mêmes conditions à la face interne et à la face externe du crâne.
Frontaux.
Ils sont remarquablement développés. Les deux lames de tissu compacte, qui forment les parties frontales, sont très rapprochées l une de l’autre (2 millimètres au minimum), ce qui donne peu d’épaisseur à l’os, et le diploë est très dense. Nous ne trouvons pas de vestige des sinus frontaux. D’un autre côté, les voûtes orbitaires sont transparentes. Par la scoliose gauche de l’ethmoïde, le frontal droit est poussé plus en avant que le gauche.
La suture métopique persiste sur tout son trajet avec des dentelures n° 2, mais au lieu de tomber entre les deux nasaux, elle tombe sur l’os nasal supérieur gauche (voir pi. II, fig. II). Cette intéressante anomalie est due à un arrangement particulier des frontaux, qui séparent, par un coin interposé entre les deux nasaux, les parties supérieures de ces deux os. Le coin internasal est formé, comme on le verra distinctement sur la figure 2 de la planche II, aussi bien par le frontal droit que par le frontal gauche; toutefois, c'est surtout aux dépens du frontal droit que ce coin internasal s’est développé : le frontal droit avance en effet de 3 */2 millimètres plus que le gauche; il se soude donc avec le nasal droit et avec le nasal supérieur gauche, tandis que le frontal gauche, qui est resté en arrière, ne se soude qu’avec le nasal supérieur gauche.
Un autre fait extraordinaire que nous remarquons aux parties nasales des frontaux, c’est que chaque frontal sépare par un bourgeon latéral naso-susmaxillaire la partie supérieure du nasal de la partie supérieure de l’apophyse montante du maxillaire supérieur (pl, II, fig. 2, n° 36).
A 23 millimètres au-dessus de l’origine nasale de la suture métopique, les deux frontaux, s’amincissant sur leurs bords internes, laissent entre eux une lacune de 2 1/2 millimètres de largeur maximum sur 1 centimètre de hauteur (pl. II, fig. 2, n° 40) (I).
Je tiens à constater que, comme il n’y a pas de bifurcation antérieure de la suture métopique dans notre crâne, nous ne trouvons pas d’os épinasal (2).
Les arcades susorbitaires décrivent une ligne courbe très prononcée, ayant la forme d’une ogive dont le sommet est reporté vers le côté nasal.
L’apophyse zygomatique de chaque frontal se soude postérieurement avec l’alisphénoïde; mais, bien qu’elle soit dentelée à son bord antéro-inférieur, elle ne se soude pas avec l’os malaire. Par la fente ou le diastème fronto-malaire qui persiste de cette manière, l’orbite communique avec la fosse temporale (pl. II, fig. 1, n° 34 et fig. 2, n° 34, pl. III, fig. 9, n° 34 et fig. 10, n° 34).
Par suite du fait, que nous relèverons plus tard, que les arcades sousorbitaires ont une forme d’ogive renversée, les orbites ont l’air d’avoir été tirées en sens inverse vers le haut et le bas et disjointes au point de détruire la suture fronto-malaire.
Nous constatons donc dans les orbites de notre crâne la tendance contraire â celle qui a défiguré le crâne lui-même.
Ce dernier a l’air d’avoir été comprimé d’avant en arrière par deux forces convergentes qui eussent réussi à raccourcir surtout le postsphénoïde dans le sens antéro-postérieur.
Les orbites au contraire ont l’air d’avoir été élargies par deux forces divergentes qui eussent réussi a arracher l’apophyse zygomatique des frontaux de l’apophyse frontale des os malaires.
Par ce procès les voûtes des orbites, formées par les parties orbi-
p) Ce trou est dû à un arrêt de développement; je l’ai aussi constaté sur un crâne de cochon cyclope, préparé par M. le professeur Hensen (P. Albrecht, Mémoire sur le basiotique, etc., p. 10).
p) Cet os intéressant est décrit par MM. Kupfl'er et Bessel-Hagen sous le nom d’os supranasal dans leur excellent mémoire intitulé : Schœdel and Skelete der anthropologischen Sammlungen \u Kœnigsberg ijPr,
taires des frontaux, sont, comme l’a déjà remarqué M. Ideler, placées beaucoup plus verticalement ; je peux ajouter quelles forment un angle d’environ 45° avec le plan horizontal de l’orbite.
Les épines trochléennes sont fortement développées. Les conduits orbitaires internes antérieurs et postérieurs, comme nous l’avons constaté dans la description de l’ethmoïde, sont relativement très larges, et puisqu’il n’y a pas de sinus frontaux, ils ne forment pas des canaux, mais de simples trous.
L’os frontal ne se soude pas avec l’os unguis, ni d’un côté ni de l’autre, mais il en est séparé par l’apophyse montante de la mâchoire supérieure et l’os planum de l’éthmoïde, qui arrivent en contact au-dessus de lui.
Nasaux (i).
Le nasal droit a été brisé après la mort : il n’en reste que le fragment supérieur. Du côté gauche il y a deux nasaux, un supérieur (voir pl. II, fig. 2, n° 38) et un inférieur (voir pl. II, fig 2, n° 3ç); vers le bord médial ces deux nasaux gauches se soudent et sont même mobiles l’un sur l’autre dans leur suture, ce qui prouve à l’évidence que l’os nasal gauche a été ossifié au moins par deux points d’ossification.
Extérieurement, il reste une lacune entre l’os nasal supérieur gauche et l’os nasal inférieur gauche (voir pl. II, fig. 2). Cette lacune a été remplie probablement pendant la vie par le prolongement remarquable de l’apophyse naso-susmaxillaire du frontal gauche (voir pl. II, fig. 2, n° 36) qui sépare de ce côté la partie supérieure du nasal supérieur gauche de l’apophyse montante de la mâchoire supérieure gauche.
Les nasaux sont en outre très étroits et, comme je l’ai déjà fait remarquer à la description du frontal , ils sont séparés entre eux et de la partie supérieure de l’apophyse montante des mâchoires supérieures, par les prolongements des frontaux en forme de coins : entre eux par le coin internasal, des susm axillaires par les coins naso-susmaxillaires.
g) Les nasaux sont, d’après mon opinion, des os du crâne, et non des os de la face puisqu’ils couvrent en qualité d’os intégumentaux le mésethmoïde qui appartient, comme l’a d’abord constaté M. von KôLLiKER(Entwicklungsgeschichte des Menschen und der hôheren Thiere , 2te Auflage. Leipzig, 1879, P- 4^9), à l’axe spondylique du crâne.
D’après les coulisses du bord antérieur des apophyses montantes des mâchoires supérieures, on peut supposer que le nasal droit s’est prolongé jusqu’à l’angle saillant qui existe entre la partie qui borde l’ouverture pyriforme et la partie qui sert à la soudure nasosusmaxillaire. D’un autre côté, on peut admettre, en constatant que le bord antérieur de l’apophyse montante de la mâchoire supérieure gauche est tranchant, que l’os nasal inférieur gauche ne s’est pas étendu plus bas et qu’il est conservé dans l’état qu’il avait pendant la vie.
Les nasaux ont suivi la déviation de gauche à droite de la partie antérieure de l’ethmoïde (voir pour tous ces faits pl. II, fig. 2).
Vomer (x).
Le vomer montre, de même que le mésethmoïde, auquel il s'attache, une forte scoliose à gauche, et, comme nous l’avons déjà vu dans la description de ce dernier os, le milieu de son bord supérieur devient brusquement horizontal pour former le profond entonnoir ethmoïdo-vomérien dont nous avons parlé.
g) A mon avis, le vomer est un os du crâne et pas un os de la face, puisque cet os constitue, d’après mon opinion, un complexe d’hypapophyses appartenant à deux complexes de centres de vertèbres, qui se présentent sous le mésethmoïde et le craniostyle. Donc chez l’homme nous n’aurions qu’une seule véritable simple hypapophyse de l’axe spondylique : le pseudocentre ou l’arc ventral de l'atlas , et qu’un véritable complexe d’hypapophyses : le vomer , un second complexe d'hypapophyses du crâne, le parasphénoïde qui se trouve chez les vertébrés inférieurs étant perdu. Les hypapophyses se sont soudées pour former un complexe d’hypapophyses d’après l’exemple des centres auxquels elles appartiennent. D’autre côté, chez tous les amniotes à longue queue, nous avons une grande quantité d’hypapophyses (os en chevron) entre les centres des vertèbres de la queue. C’est encore une ressemblance entre l’extrémité caudale et l’extrémité crânienne de l'axe spondylique : toutes deux montrent dans les os en chevron, d’un côté, et dans le pseudocentre de l’atlas, le parasphénoïde et le vomer, d’un autre côté, une quantité d’hypapophyses qui, à l’exception du Hatteria, (voir P. Albrecht : Note sur le rudiment de proatlas sur un exemplaire de Hatteria punctata Gray, Bull, du musée royal d’histoire nat. de Belgique, t. Il, p. 190), sont perdues dans la partie spondylique du squelette située entre les deux régions terminales pourvues d’hypapophyses. Comme complexe d’hypapophyses, le vomer appartient naturellement au crâne, auquel je propose de le rattacher, et non à la face. De même, pour ma part, le mésethmoïde se composant de la lame perpendiculaire, de l’apophyse crista galli et de la lame criblée, fait partie du crâne spondylique, tandis que tout le reste de l’ethmoïde, les exethmoïdes, n’ont rien à faire avec le crâne, mais appartiennent à la face.