‹ Sur le crâne remarquable d'une idiote de 21 ans avec des observations sur le basiotique, le squamosal, le quadratum, le quadrato-jugal, le jugal, le postfrontal postérieur et le postfrontal antérieur de l'hommeChapitre 9 sur 26 · OS DE LA FACE · texte numérisé non relu

OS DE LA FACE

Mâchoire inférieure.

Le maxiilaire inférieur est un des os des plus remarquables dans ce crâne extraordinaire. Malheureusement la branche droite est perdue.

L’aspect général de cet os est à peu près celui de la mâchoire inférieure d’un vieillard : la face antérieure du corps forme avec le plan horizontal un angle d’à peu près q5°, et dans le même plan oblique sont posées les alvéoles des dents et les dents elles-mêmes, qui sont de cette manière excessivement opisthognathes (*)•

L’éminence mentonnière est très saillante, mais l’apophyse alvéolaire, au lieu de faire un angle obtus avec elle, est située dans le même plan, effet de l’opisthognathisme.

La substance osseuse du corps est très épaisse, surtout sur les lignes mylo-hyoïdiennes et la symphyse; au contraire, dans la branche gauche elle est excessivement réduite. Quand on place cet os entre la lumière et l’œil, il y a une partie non transparente qui commence au condyle et traverse la branche obliquement jusqu’au point où son bord antérieur touche le bord supérieur du corps. Les deux triangles qui résultent de cette disposition, l’un au-dessus dont la pointe est dirigée en bas, l’autre au-dessous dont la pointe est dirigée en haut, sont d’une transparence complète. Le triangle supérieur porte l’apophyse coronoïde; l’inférieur l’angle de la mâchoire.

Les dents présentent la lésion de la microdontie rachitique. Il y a à gauche deux dents incisives, une dent canine, la première prémolaire; la seconde prémolaire est tombée pendant la vie, son alvéole est résorbée au point que le bord supérieur de la mâchoire à cette place est tout à fait tranchant ; la première molaire est tout à fait percée; la deuxième est à demi percée; enfin la couronne de la troisième molaire est très visible au fond de son alvéole, mais elle n est pas encore percée. A droite nous trouvons deux incisives,

( ) Je propose d appeler opisthognathisme la position oblique des dents et de leurs alvéoles dans un sens tel que les couronnes des dents sont placées plus en arrière, les racines plus en avant.

— ICO

une canine, ia première prémolaire, la seconde prémolaire perdue pendant la vie, la couronne de la première molaire visible dans son alvéole, mais pas encore percée; la deuxième molaire est invisible, toutefois, à en juger par le gonflement de cette partie de l’apophyse alvéolaire, elle est contenue dans son alvéole encore fermée ; la troisième molaire est percée.

Les dents incisives, canines et prémolaires sont dans un état de carie avancé, l’émail des couronnes a entièrement disparu et il ne reste rien que des tronçons difformes de dentine ; les couronnes des dents de sagesse sont intactes.

On ne voit aucun vestige de la fossette digastrique droite, tandis qu’à gauche, on peut considérer une très légère excavation comme représentant cette fossette.

Il n’y a que deux apophyses géni, qui sont probablement les apophyses génio-hyoïdiennes. Elles ont une dimension extraordinaire, comme on peut le voir sur la face inférieure de la mâchoire (pl. II, fig. 4). Elles ont chacune la forme de deux cônes réunis par leur base ; le cône inférieur est soudé du côté médial avec le cône inférieur de l’autre côté. Les cônes supérieurs s’écartent l’un de l’autre (voir pl. II, fig. 3 et 4). La pointe du cône double gauche est brisée (pl. II, fig. 3 et 4, n° 42), la pointe du droit bien conservée. Ce dernier mesure de la pointe de son cône inférieur jusqu’à la pointe de son cône supérieur 9 millimètres (pl. II, fig. 3 et 4, n° 41).

A la partie inférieure, où les pointes des deux cônes inférieurs se touchent, il existe une fossette qui conduit dans un trou profond et qui nous rappellerait la fossula supraspinata de Virchow (x), si elle n’était pas placée au-dessous des apophyses géni.

Puisque les recherches de M. Virchow ont ouvert un nouveau champ à l’anatomie de la mâchoire inférieure, je propose d’appeler la fossette qui se trouve sur notre mâchoire au-dessous des apophyses génio-hyoïdiennes, la fossette sous-épineuse ( fossula infraspinata). Avec une sonde on peut pénétrer dans le cul de sac qui occupe le fond de cette fossette jusqu’à une distance de 3 millimètres.

A leur face supérieure les deux cônes doubles sont un peu excavés (voir pl. II, fig. 3). Leurs bords internes forment de petites crêtes qui montent à une certaine distance sur la face postérieure du corps

g) Voir le travail important sur ce sujet dans le mémoire récent de Virchow : Der Kiefer ans der Schipka-Hôhle und der Kiefer von « La Naulette ». Zeitschrift für Ethnologie ; Berlin, 1882, t. XIV, p. 3o6.

de la mâchoire, laissant deux petites fentes sur la ligne médiane, l’une au-dessus de l’autre (pl. II, fig. 3, nos 44 et 45); peut-être faut-il y voir des formations homologues à la fossette sus-épineuse de Virchow.

Le trou mentonnier est placé de chaque côté entre les alvéoles de la canine et de la première prémolaire. A gauche : il mesure 6 millimètres de haut sur 5 de large ; il est deux fois plus grand qu’à droite.

La branche gauche de la mâchoire inférieure forme avec le corps un angle de 120 degrés; elle est très peu développée dans le sens antéro-postérieur; la largeur maximum n’est que de 2 5 millimètres et la largeur minimum de 22 millimètres. Il s’ensuit que l’apophyse coronoïde est très rapprochée du condyle et que l’échancrure sigmoïde est très courte.

Au-dessous du bord externe du condyle nous remarquons une apophyse hypocondy tienne d’une saillie de 3 x/a millimètres (pl. II, fig. 3, n» 46).

Vis-à-vis de la lingula, qui limite l’orifice interne du canal dentaire inférieur, on trouve au bord postérieur de la branche gauche, une apophyse présentant une inflexion interne d’une saillie de 2 millimètres, que je propose d’appeler l’ antilingula (pl. II, fig. 3, n° 47).

L’angle de la mandibule est fortement infléchi en dedans, tandis que dans le crâne normal il est courbé plus ou moins en dehors. Il porte en outre, du côté interne, des petites crêtes musculaires qui servent à l’insertion du ptérygoïdien interne. Le grand développement de ces crêtes ptérygoïdiennes, comme je propose de les appeler, est pithécoïde. Dans l’angle infléchi en dedans nous avons au contraire une ressemblance avec l’angle de la mâchoire inférieure des marsupiaux ; je n’oserai cependant pas prononcer ici le mot atavisme, parce que je crois que le fait a une cause plus vraisemblable dans le rachitisme de notre idiote. Ce serait le ptérygoïde interne qui par ces contractions aurait provoqué l’inflexion de l’angle.

Mâchoires supérieures.

Les mâchoires supérieures sont très petites et la substance osseuse est atrophiée. Il ne reste pas de trace des sutures incisives.

A la mâchoire supérieure gauche nous trouvons les alvéoles des deux dents incisives, de la canine, de la première prémolaire, de la deuxième molaire et de la troisième molaire, dont les dents ont été toutes perdues après la mort. La paroi antérieure des alvéoles

des dents incisives de la canine, ainsi que la paroi externe de l’alvéole de la première prémolaire sont beaucoup endommagées et brisées. La deuxième prémolaire a été perdue pendant la vie, la première molaire est percée et montre une couronne cariée. La mâchoire supérieure droite nous présente l’alvéole de la première incisive, dont la dent a été perdue après la mort, la seconde dent incivise dans un état de carie prononcée, l’alvéole de la anine, qui a été perdue après la mort, la première prémolaire, rongée jusqu’au col par la carie, la seconde prémolaire perdue pendant la vie, la première et la deuxième molaire perdues après la mort, la couronne de la troisième molaire non encore percée, mais bien visible dans son alvéole.

Les quatre dents qui restent des mâchoires supérieures ont tous les signes du rachitisme et de la microdontie.

Il n’y a qu’un léger prognathisme des dents incisives.

Immédiatement au-devant de la suture palato-susmaxillaire, il y a, du côté externe de la face inférieure de l’apophyse palatine de chaque mâchoire supérieure, une tubérosité osseuse assez irrégulière, que j’ai observée dans beaucoup de crânes sous la forme d’une épine à plusieurs pointes, et que je propose, puisqu’elle se présente souvent, d’appeler épine paralvéolaire{spina paralveolaris )(I) (pl. III, fig. 5, n° 5i).

La voûte du canal sousorbitaire porte de chaque côté la trace d’une suture entre les deux lèvres qui, par leur rapprochement, ont recouvert ce canal. Je propose d’appeler cette suture assez intéressante de cet os avec lui-même, qui s’observe sur beaucoup de crânes normaux, la suture du canal sousorbitaire {sutura canalis infraorbitalis) { pl. II, fig. i, n° 52, fig. 2, n° 52).

L’arcade sousorbitaire a la forme d’une ogive renversée dont le sommet est situé en bas et en dehors, tandis que le sommet de l’ogive de l’arcade susorbitaire est situé en haut et plus vers le nez.

La fente sphéno-maxillaire est très large et se soulève par son extrémité latérale pour pénétrer entre l’alisphénoïde et l’os malaire, ce qui, je crois, a été seulement observé jusqu’à présent par M. Magnus, qui a appelé cette fente la fente zygomatico-sphénoï-

(r) Ne pas confondre avec la crête marginale de MM. Kupffer et Hagen, loc. cit., p. 3, qui est située sur la face palatine de la partie horizontale du palatin, et qui sépare le trou ptérygo-palatin des trous palatins postérieurs.

dale (*). D’après notre nomenclature elle est une alisphéno-malaire (voir pl. II, fig. 2, n° 53).

Nous avons déjà vu dans la description des frontaux et des nasaux que la partie supérieure de l’apophyse montante de la mâchoire supérieure n’est pas en contact avec la partie supérieure du nasal du même côté, à cause du coin naso-susmaxillaire, prolongement du frontal, et que le sommet de l’apophyse montante touche l’os planum, empêchant de cette manière une suture entre le frontal et l’os unguis. La mâchoire supérieure gauche se soude seulement avec l’os nasal inférieur gauche, tandis qu’il n’est pas en contact avec le nasal supérieur gauche.

Dans l’arcade sousorbitaire gauche, il y a une lacune triangulaire entre la mâchoire supérieure et l’os malaire (pl. II, fig. 2, n°5q), lacune susmaxillo-malaire qui, à en juger par l’aspect de ses bords, a été remplie par un petit os suturai.

Les bords antérieurs des apophyses montantes, ainsi que l’épine nasale antéro-inférieure, sont tournés, comme les nasaux et les parties antérieures de la lame perpendiculaire et du vomer, de gauche à droite : ce sont des effets de la scoliose gauche du mésethmoïde.

Palatins.

Les lames horizontales et verticales sont minces, tandis que l’apophyse pyramidale forme une seule et même masse hyperostotique et synostosée avec l’apophyse ptérygoïde de l’alisphénoïde et le ptérygoïde.

Malaires.

Les malaires présentent une conformation si extraordinaire qu’ils méritent une description spéciale.

L Malaire gauche. — Le malaire gauche est le plus simple des deux ; il se soude à la mâchoire supérieure , à l’apophyse zygomatique du temporal et par quelques dentelures à la partie supérieure du bord antéro-externe de l’alisphénoïde. Comme il ne se soude pas avec la partie inférieure de cet os, il reste, comme nous l’avons vu tout à l’heure, une large fente sphéno-malaire, qui se rétrécit en haut et qui se continue avec la fente sphéno-maxillaire en bas.

( ) H Magnus, Archiv für pathologische Anatomie und Physiologie , t XLVII, p. 21 5.

L’apophyse frontale du malaire, qui est néanmoins fortement dentelée, comme l’est aussi l’apophyse zygomatique du frontal, ne se soude pas avec cette apophyse ; cela constitue une théromorphie dont je ne connais pas un seul exemple chez l’homme. A l’arcade sousorbitaire il y a, comme nous avons déjà vu à propos de la description de la mâchoire supérieure , une petite lacune susmaxillomalaire qui, à en juger d’après ses bords, a probablement été remplie par un petit os suturai. Toutefois cet os eût été beaucoup trop petit pour que l’on pût songer à un malaire biparti, comme du côté droit.

La suture entre la partie quadratique de l’écaille du temporal et le malaire s’effectue de la manière si bien décrite par Gruber (*) et Virchow (2), de sorte que sur la face faciale du malaire la distance entre l’apophyse zygomatique du temporal et l’apophyse zygomatique de la mâchoire supérieure est beaucoup plus grande que sur la surface temporale du malaire : le minimum de leur distance mesure sur la face externe 17 millimètres, sur la face temporale 3 millimètres. L’arc intrajugal (3) est donc presque fermé.

Une disposition particulière de l’apophyse zygomatique de la mâchoire supérieure gauche (et comme nous verrons plus tard aussi de la droite), que je ne vois décrite ni dans Gruber ni dans Virchow, c’est que cette apophyse envoie un prolongement en haut et couvre presque toute la partie médiale de la face temporale de l’apophyse sphéno-frontale du malaire.

Il n’y a pas de trace de suture transverse sur le malaire gauche et même l’angle de Virchow (4), de la suture quadrato-malaire du sommet duquel la suture transverse du malaire prend son origine, n’existe pas.

Le conduit orbito-temporal existe, de même que le conduit orbito-facial; ce dernier n’est pas cependant aussi large qu’à droite.

IL Malaire droit. — Le malaire droit est biparti, mais nous ne sommes pas ici en présence d’un malaire biparti par suture trans-

(*) Gruber, Monographie über das pweigetheilte Jochbein — Os %y gomaticum bipartition — bei dem Menschen und den Sàugethieren. Wien, 1873.

(2) Virchow, Ueber die ethnologische Bedeutung des Os malare bipartition. Monatsberichte der kôningl. preuss. Akademie der Wissenschaften. Jahrgang 1881, p. 23o.

O Arc infrajugal de Gruber, loc. cit., arc rétrojugal de Virchow, loc. cit., p. 245. (4) Virchow, loc. cit., p. 252.

versale, os japonicum , Hilgendorf (*), mais d’un malaire biparti par suture longitudinale ou verticale. La suture entre ces deux malaires est telle que les deux os sont mobiles l’un sur l’autre.

La suture malaire longitudinale, qu’on voit exactement dessinée dans la pi. III, fig. 9, n° 60, traverse dans toute sa longueur le conduit orbito-facial (pl. III, fig. q, n° 61), qui est plus large que le même conduit du côté gauche, de sorte que nous avons un malaire antérieur (pl. III, fig. 9, n° 55) et un malaire postérieur (pl. III, fig. 9, n° 56), tandis que, dans le cas de suture malaire transverse, on trouve un os malaire supérieur et un os malaire inférieur.

a) Os malaire antérieur droit. — L’os malaire antérieur droit forme la partie malaire de l’arcade sousorbitaire ; il se soude en bas et en dedans avec la mâchoire supérieure, en dehors et en haut avec l’os malaire postérieur de son côté. Le malaire antérieur ne se soude donc ni avec le frontal, ni avec l’alisphénoïde.

La suture entre la mâchoire supérieure et le malaire antérieur prend, dans l’orbite, une direction parallèle a celle du conduit sousorbitaire; à la face, elle est d'abord parallèle à la suture du canal sousorbitaire, puis elle s’infléchit subitement à angle obtus pour gagner le malaire postérieur (voir pl. III, fig. 9).

Entre les deux malaires passe le conduit orbito-facial ; le conduit orbito-temporal manque.

8) Os malaire postérieur droit. — L’os malaire postérieur, qui est beaucoup plus fort que l’antérieur, ne montre aucune trace de suture transverse ; l’angle de Virchow de la suture quadrato-malaire est également absent. Il se soude non seulement avec la partie quadratique de l’écaille du temporal, mais encore par des sutures très mobiles avec l’alisphénoïde, le malaire antérieur et la mâchoire supérieure de son côté. Le malaire postérieur droit ne se soude donc pas avec le frontal ; il y a donc absence de la suture fronto-malaire des deux côtés.

Quoique l’apophyse zygomatique du frontal et l’apophyse frontale du malaire postérieur droit ne se soudent pas, elles sont, comme du côté gauche, fortement dentelées.

La suture sphéno-malaire se fait comme du côté gauche par quelques dentelures.

Quant au rapprochement entre la partie quadratique de l’écaille

(9 Hilgendorf, Mittheilungen der deutschen Gesellschaft fur Natur- und Volkerkunde Ostasiens Yokohama. Heft 3, September 1873, p. 1.

du temporal et la mâchoire supérieure du côté droit, la distance minimum de l’apophyse zygomatique du temporal et de l’apophyse zygomatique de la mâchoire supérieure est, du côté facial du malaire postérieur, de i5 millimètres, tandis que le minimum de distance entre ces os, du côté temporal du malaire postérieur, est de 4 millimètres.

Comme du côté gauche, la mâchoire supérieure envoie un prolongement en haut qui recouvre presque toute la partie médiale de la face temporale de l’apophyse sphéno-frontale du malaire postérieur.

Conclusions sur le développement du malaire.

Si je compare l’état des deux malaires droits de notre crâne avec les recherches de Virchow, il me semble incontestable qu’il y a trois os malaires différents pour lesquels je propose les noms de prémalaire, postmalaire (x) et hypomalaire.

Dans «l’os japonais », l’existence d’une suture transverse forme un os malaire supérieur et un os malaire inférieur ; or, le prémalaire réuni au postmalaire se trouve alors séparé de l’hypomalaire.

Dans le cas de notre idiote, l’existence du côté droit d’une suture verticale forme un malaire antérieur et un malaire postérieur : le prémalaire, dans ce cas, est séparé du postmalaire réuni à l’hypomalaire.

Quoique je ne veuille pas affirmer que le malaire se développe toujours par trois points d’ossification (2) correspondant à mes trois malaires, il est cependant constaté par les faits rapportés par Gruber et Virchow d’une part, et par moi d’autre part, que ces malaires peuvent acquérir un développement indépendant.

Grâce â l’obligeance de M. le Dr Héger, professeur à l’Université de Bruxelles, j’ai eu l’occasion de faire des recherches sur l’os japonais d’un crâne des îles Philippines (collection de l’Université) et de comparer cet os avec le malaire biparti droit de notre idiote.

Je puis encore citer un cas semblable dans la littérature, bien quil soit toujours très difficile de juger de préparations qu’on ne (*)

(*) Le postmalaire n’est pas à confondre avec le « malaire postérieur » que notre idiote possède du côté droit, ce dernier os étant formé, comme nous le verrons cidessous, du postmalaire l’hypomalaire.

(2) Les remarques de MM. Rambaud et Renault sur l’ossification du malaire de trois points d’ossification sont assez vagues; voir leur Origine du développement des os, Paris, 1864, p. 160, où ils disent : « Nous avons vu le malaire s’ossifier par un seul centre, mais composé de trois points. Ces points, comme ceux des maxillaires, apparaissent de très bonne heure et se réunissent très vite. »

connaît que par le dessin; ce cas qui vient à l appui de ma théorie sur l’existence des trois malaires, se trouve dans un mémoire de M. Breschet (x).

FIG. 3. — Profil droit de la tête osseuse d’un fœtus anencéphale (d’après Breschet). x Postmalaire. y Prémalaire. \ Hypomalaire.

A en juger par la 4e figure de la 7e planche de Breschet qui représente la tête d’un fœtus humain anencéphale (voir notre reproduction dans la gravure n° 3 ci-dessus), il est évident que l’os désigné par la lettre 2 est notre hypomalaire que nous voyons isolé dans l’os japonais, que l’os désigné par la lettre y est notre prémalaire, que nous voyons isolé chez notre idiote, et que l’os désigné par x est notre postmalaire (2).

La morphologie de mes trois os malaires n’est pas, à mon avis, difficile à établir, puisque les homologies suivantes peuvent être déduites d’une manière assez frappante.

L’hypomalaire qui est placé entre l’apophyse zygomatique de la partie quadratique de l’écaille temporale et, comme nous trouverons tout de suite chez un singe cynocéphale (voir fig. 8), le véritable jugal des mammifères, est le quadrato-jugal des mammifères, homologue au même os des sauropsides.

(1) Breschet, Annales des sciences natur., Sér. III, Zoologie , t. Ier, Paris, 1844.

(2) Je trouve encore un autre cas d’un « os malaire tripartitum » cité par Breschet ( loc . c/Y.) et Hyrtl ( Lehrbuch der Anatomie des Menschen, 1 ite Aufl. Wien, 1870, p. 271). C’est le cas de Spix, qui dit dans sa Cephalogenesis, seu capitis ossei , structura, formatio et si gnificatio , Munich, 181 5, § IV, p. 19 : « Quæ quidem opinio » quamvis non immerito multis adhuc dubiis exposita sit, confirmatur tamen et » observatione aliorum virorum et fœtu acephalico quem in collectione mea rerum » naturalium asservo, et in quo os zygomaticum in illas très partes adhuc divisum » conspici potest. » (Cité d’après Breschet).

Fig. 4. — Schéma de Vos mal aire biparti par suture horizontale ( l’os japonais).

x -4- y Postmalaire {Postfrontal postérieur) -4- Prémalaire ( Postfrontal antérieur).

Z Hypomalaire ( Quadrato-jugal ).

Fig. 5. — Schéma de l’os malaire biparti par suture verticale ( l’os malaire droit

de notre idiote).

y Prémalaire ( Postfrontal antérieur).

x -+- z Postmalaire ( Postfrontal postérieur) -+- Hypomalaire (Qiiadrato-jugal).

Fig. 6. — Schéma de l’os malaire triparti , construit d’après l’os malaire biparti par suture horizontale (os japonais) et Vos malaire biparti par suture verticale (os malaire droit de notre idiote).

x Postmalaire ( Postfrontal postérieur), y Prémalaire ( Postfrontal antérieur ).

Z Hypomalaire ( Quadrato-jugal ).

Fig. 7. — Schéma du malaire normal.

x-\-y-\~z Postmalaire ( Postfrontal postérieur) h- Prémalaire ( Postfrontal antérieur)

-+- Hypomalaire ( Quadrato-jugal ).

Il me semble qu’il faut voir dans le postmalaire soudé au prémalaire, qui réunissent du côté externe, ou plutôt du côté postérieur de l’orbite (puisque la position primitive de l’orbite est antéropostérieure), le frontal avec le quadrato-jugal et le jugal, le postfrontal de l’anatomie comparée (r).

Je dis que le postmalaire soudé au prémalaire forme le postfron tal, et la meilleure preuve de l’existence primitive de deux os dans le postfrontal, c’est que souvent nous avons un postfrontal postérieur et un postfrontal antérieur, comme je l’ai vu sur des crânes de Tejus Teguixin, et de Iguana tuberculata, ainsi que l’a constaté Huxley d’une manière générale (2).

Donc le malaire supérieur (ou le postmalaire et le prémalaire réunis dans l’os japonais) est le postfrontal; le postmalaire seul le postfrontal postérieur; le prémalaire, seul le postfrontal antérieur, tandis que l’hypomalaire est le quadrato-jugal. Si nous appelons le postmalaire et le prémalaire réunis, ïépimalaire, celui-ci sera l’homologue du postfrontal entier.

Notre cas est d’autant plus intéressant qu’il me paraît donner pour la première fois une solution aux questions sur le postfrontal, le quadrato-jugal et le jugal des mammifères.

Pour les homologies établies, je propose le tableau suivant :

!Os ^ Os postmalaire s. Os postfrontal postérieur j Os

épimalaire | Qs prémalaire s. Os postfrontal antérieur ) postfrontal. Os hypomalaire s. Os quadrato-jugal.

Pour faciliter l’explication de l’os japonais et du malaire droit double de mon idiote, je donne encore le tableau suivant :

Os

Os

malaire

supérieur

japonais

Os

malaire

inférieur

Os prémalaire Os postfrontal antérieur = Os malaire antérieur

Os postmalaire j. Os postfrontal postérieur 1

> = Os malaire pos-

Os hypomalaire Os quadrato-jugal \ térieur

Os malaire biparti droit de

notre idiote.

(*) MM. Serres, Rambaud et Renault {Développement des os, p. 122) et v. Jhering (Arch. für Anat. and Physiol., 1872) sont d’avis que l’apophyse orbitaire externe est ossifiée par un os particulier, qu’ils regardent comme correspondant au postfrontal des mammifères. De mon côté je dois affirmer que je n’ai jamais vu un point d’ossification particulier à cette partie du frontal, et je ne peux pas me débarrasser de la crainte qu’il ne s’agit pas ici d’un os trouvé avec des idées préconçues.

(2) Huxley, A manual of the anatomy of vertebrated animais . London, 1871, p. 220. « The squamosal may be continued forward to the postfrontal, which is sometimes subdivided into two. The postfrontal may unité below with the jugal and thus bound the orbit. »

En regardant les schémata ci-dessus nous sommes persuadés que dans l’os japonais (fig. 4) l’hypomalaire (2) est séparé du postprémalaire (x y); que dans l’os malaire droit biparti de notre idiote (fig. 5) le prémalaire (y) est séparé du post-hypomalaire (x u- z) ; que dans l’os malaire triparti (fig. 6) le postmalaire (x) , le prémalaire (y) et l’hypomalaire (z) sont tous séparés, tandis qu’à l’état normal (fig. 7) ces trois os (x+y + z) sont réunis pour former le soi-disant os malaire ou os de la pommette.

Le postmalaire (x) -+• le prémalaire (y) ensemble constituent le postfrontal ; le postmalaire (. x ) seul le postfrontal postérieur ; le prémalaire (y) seul le postfrontal antérieur; l’hypomalaire (z) le quadrato-jugal. Cette dernière homologie est à prouver par la pièce suivante.

Fig. 8. — Profil droit d'une partie du crâne et de la face d’un jeune Singe cynocéphale de V Institut royal anatomique de V Université de Kônigsberg, (n° 2209 du catalogue de ce Musée \

X, Susmaxillo-malaire (Jugal) (situé entre la partie quadrato-jugale du malaire

et le susmaxillaire).

11 s’agit d’un jeune Singe cynocéphale de la ollection de l’Institut royal anatomique de l’Université de Kônigsberg i/Pr. Chez lui nous trouvons entre le susmaxillaire droit et la partie de l’os de la pommette qui correspond à l’hypomaiaire un os susmaxillo-malaire bien

distinct particulier. Nous aurons donc chez lui une chaîne composée de quatre os :

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