‹ Sur le Diagnostic de la SubmersionChapitre 12 sur 29 · LOUE · texte numérisé non relu

LOUE

membres inférieurs indemnes. Lacassagne insiste particulièrement sur la rapidité du développement de celte putréfaction chez les noyés, en particulier après la sortie du cadavre de l’eau.

Cette putréfaction produit encore un emphysème sous-culané beaucoup plus considérable que chez les autres cadavres. Cet emphysème diminuant le poids spécrfique du corps, l'amène rapidement à la surface. Il se développe surtout dans le scrotum, les paupières, les lèvres et le thorax, déformant considérablement le cadavre.

On note encore une coloration particulière de la peau qui, avant le développement de la putréfaction, est pâle avec quelques taches rosées siègeant principalement sur la face interne des cuisses et sur le thorax. Mais, cette couleur rosée se retrouve chez des cadavres immergés. La chair de poule, ou peau ansérine (cutis anserina, peau d’oie) se rencontre souvent chez les submergés, pour Ogston. Elle à été décrite surtout par Taylor, appuyé par l’avis de Casper, Liman et Hoffmann. Elle est due à la contraction vitale des fibres musculaires lisses du derme. Cependant, Maschka et Robin en ont observée sur des cadavres iimergés.

Roth, de Berlin, signale comme un signe de submersion le plissement de l’épiderme des mains et des pieds qui est décoloré, blanchâtre, et décollé du derme sousjacent. Mais cette macération de l’épiderme se rencontre chez ious les corps immergés, se produisant même chez les vivants, les laveuses notamment.

Bougier, dans sa thèse, signale que l’épiderme des

ETAT Pate

noyés est ridé longitudinalement, se décollant d’une seule pièce, tandis, que chez les cadavres immergés, il est ridé transversalement, crevassé, fendillé, s’enlevant par petits lambeaux.

Les ongles résistent plus ou moins longtemps à l’action de l’eau, deviennent rouge jaunâtre, puis après 19 jours, ils s’ébranlent et tombent après deux mois d'immersion, l'épiderme étant presque entièrement détaché après un mois. Les poils, eux, peuvent se détacher après 10 jours d'immersion. Mais ces phénomènes, ainsi que la transformation des téguments en adipocire, puis leur incrustation calcaire qui se produit après un long séjour dans l’eau (deux à quatre mois suivant la saison, été ou hiver) sont communs à tous les cadavres immergés. Les écorchures au bout des doigts, le gravier et le sable logés dans les cavités sousunguéales, ont été signalés par Ambroise Paré comme caractéristiques de la submersion. La face attire l’attention par la teinte qui varie suivant le séjour dans l’eau, comme l’a bien décrit Devergie, qui, après avoir été cyanosée, devient rougeâtre, puis bouffie et vert-noir, semblable à celle d’un nègre.

Les yeux, dont les paupières entr'ouvertes au début, avec un globe oculaire brillant et lisse, comparé à celui du poisson, par Lacassagne, sont rapidement gonflés par les gaz de la putréfaction le globe oculaire subissant une véritable fonte putride. Les conjonctives sont souvent le siège d’un piqueté hémorragique et Lacassa- . gne a signalé un œdème sclérotical. |

On signale, surtout chez l’homme, des écorchures

Page 1