EXAMEN DU SANG
De tout temps, son aspect a retenu l'attention des savants. Les modifications qu'il subit dans la mort par submersion ont été l’objet de nombreuses observations.
La fluidité du sang a été constatée depuis très longtemps. En 1785, Walter en parlait déjà. Mais certains auteurs ont déclaré ce symptôme trompeur. Tourde la trouvant dans 89 cas sur 103 est d'avis que cette fluidité est caractéristique de la submersion.
Faure trouve toujours, au contraire, des caillots dans le cœur. Mais il ajoute : « Je me suis demandé si avec le temps le sang ne revenait pas à l’état fluide après s'être coagulé au moment de la mort et ayant conservé, dans l’eau, des animaux pendant quelques heures, je l’ai trouvé effectivement fluide ».
Casper attribue cette fluidité à un empoisonnement du sang produit par le manque d’oxygène.
Kanzler a pensé qu’elle était due au fait que le sang est « pauvre enoxygène, fibrinogèneel principecolorant, mais resle riche en acide carbonique, hydrogène et sérum ». Schmidt l'explique par un excès de Co?. Mais Hoffmann réfute cette opinion après des expériences très précises,
Brouardel et Loye trouvent comme Faure qu'immédiatement après la mort le sang est formé de coagulations noirâtres el lâches, qui, après 24 heures, par suile de phénomènes d'ordre cadavérique, se liquéfient, se transformant en un mélange de sang liquide et de peliles particules molles de coloration foncée. C’est ce qu’ils appellent la « décoagulation ».
Mais Coutagne, en 1891,s’oppose à l'opinion de Brouardel, pensant que les caillots trouvés tiennent à une propriété spéciale du sang des chiens qui présente une forte tendance à la coagulation.
Wa chholz et Horoskiewicz montrent que le sang est très fluide 10 minutes après la mort, et pensent que cette fluidité dépend de la quantité de liquide aspiré par les poumons. Martin conteste ce fait et Slokis, après une injection de 150 cc. d’eau distillée dans la fémorale d’un lapin de 3 kg. 5 trouve du sang coagulé dans le cœur.
Corin pense ‘qu’interviennent dans cette coagulation les leucocytes et par suite le moment de la digestion stomacale, la submersion à la fin de la digestion entrainant la présence dans le cœùr droit de caillots plus ou moins foncés. Marlin pense que celte fluidité est due à une diminution de la quantité de fibrine due aux lésions histologiques du foie. Ces lésions étant la conséquence de « l’asphyxie locale du foie » due à la stase veineuse produite dans le système cave, par la compression des capillaires des alvéoles distendues par l’arrivée brutale du liquide de submersion.
La répartition anatomique du sang a été éludiée par Ascarelli qui a recherché l'indice hématique pneumo-
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hépatique de submersion, c’est-à-dire le rapport entré les quantités de sang contenues dans le poumon et le foie.
Les poumons comprimés par le liquide de submersion ont un indice hématique diminué, celui du foie est au contraire très augmenté. Martin pense qu’il y aurait un barrage pulmonaire déterminant la réplétion du syxstème cave et la congestion du foie. Mais on ne peut tenir Compte de ce signe par suite de la congestion du foie commune à toutes les asphyxies et par suite de Pimbibilion du parenchyme pulmonaire par l'eau, chez les cadavres.
La dilution du sang est un signe très important. Dohne avait déjà démontré le passage dans le cœur d’une solution de ferrocyanure de potassium après une submersion. |
Brouardel et Vibert, en 1880, démontrent le passage de l'eau dans le sang, au niveau des poumons et par
numération des globules rouges, évaluent cette dilution autiers de la masse sanguine. Par suite de l'arrêt de la circulation peu de temps après le début de ce passage, le sang du cœur gauche doit être plus dilué que celui du cœur droit.
De nombreux procédés ont été préconisés pour mesurer cetle dilution : numération des globules (Brouardel), dosage du résidu sec, par Brouardel et Loye, dosage de l’hémoglobine par Paltauf et Dominicis, détermivation de la densité du sang, par Placzet, détermination de l’hémolyse par Revenstorff qui a trouvé qu’elle commence dans la submersion par le cœur gauche au lieu de la veine porte, comme normalement.
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Les travaux de Carrara marquent une date décisive dans l'étude de la dilution du sang. Il indique une des principales méthodes de diagnostic : la cryoscopie. Le sang étant une solution saline diluée dont le point de congélation est inférieur à celui de l’eau de rivière, se rapproche donc de zéro quand le liquide de submersion pénètre dans l’organisme. Carrara évaluait par cette méthode la dilution respective du sang des cœurs droit et gauche, établissant son diagnostic sur la dilution plus grande du sang du cœur gauche. Siœnescu confirma la valeur de cette méthode, tout en faisant des réserves sur les modifications que pourrait lui imprimer Ja putréfaction, qui fait abaisser le point de congélation en dédoublant les molécules et en montrant avec Wachholz ét Stockis la pénétration possible de l’eau dans le sang d’un cadavre immergé, si dans ses voies aériennes la pression du liquide de submersion est suffisante.
Ainsi il n’attribue de valeur diagnostique à la difrérence des points cryoscopiques que si les liquides cardiaques sont « tous deux plus dilués que le sang normal », Mais si ces objections peuvent se justifier en théorie, pratiquement on peut admettre que la cryoscopie donne de très bons résultats si la putréfaction n'est pas très avancée. Nous devons donc suivre les conclusions de M. le professeur Balthazard : « Nous négligeons, dit-il, les valeurs absolues du degré cryoscopique du sang el tenons compte uniquement des différences de concentrations moléculaires du sang des deux ventricules. Chez les noyés, la putréfaction semble abaisser